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ouvrières de production et tiennent la participation aux bénéfices pour exécrable. Une seule chose suffit : détruire. On est, suivant eux, d'autant plus apte à bâtir que Ton se cantonne plus étroitement dans la spécialité de la démolition. La G. G. T. est purement révolutionnaire, elle ne se donne comme but final que de renverser la société capitaliste. Quand elle aura triomphé, ses dignitaires s'assoiront en cercle quelque part et des langues de feu leur descendront sur la tête; ils auront reçu l'Esprit Saint, et aussitôt le travail et l'échange se trouveront organisés. Ces bonnes gens ont la foi.

Ils la justifient en comparant leur future révolution à la révolution de 89. Mais la besogne de cette dernière était moins que rien en comparaison d'un changement social complet dans Tordre économique et politique, et cette besogne ne ton* che pas encore à son achèvement. La révolution de 89 avait en outre un nombreux personnel très bien préparé à faire fonctionner les rouages de la nouvelle société, et ce personnel ne fut révolutionnaire que par surprise, il ne préméditait nullement la guerre civile et les catastrophes. Le personnel syndicaliste, au contraire, s*il est très bien entraîné à provoquer les bouleversements qui sont dans son programme avoué, n'a aucune pratique de la direction de Téconomie. Georges

Sorel pense bien avoir démontré « que l'apprentissage révolutionnaire peut être aussi un apprentissage du producteur * :^.Mais quand nous passons à cette démonstration, nous tombons dans une sorte de mysticisme optimiste qui consiste en sonmie à faire de Tesprit syndicaliste une grâce surnaturelle. « Le syndicalisme révolutionnaire, dit Georges Sorel, est la grande force éducative que possède la société contemporaine pour préparer le travail de l'avenir *. » Quelles qualités doivent caractériser € le producteur libre dans un atelier de haut progrès » ? L'émulation, le désir de € dépasser tout ce qui a été fait avant lui,. .. l'individualisme passionné. . .Cet état d'esprit est... celui que possèdent les propagandistes de la grève générale. » La probité, la bonne exécution du travail, or les grévistes sont probes, et la preuve en est qu'ils se disent trahis quand ils sont vaincus. Le désintéressement, l'absence du désir de récompenses, qui précisément sont le fait du grève-généraliste ^. Il résulte en somme de cette argumentation que, pour fabriquer d'excellentes chaussures, il suffit d'être un révolté sans peur ou un soldat enthousiaste. Quant aux

1. Georges Sorel. Réflexions sur la violence. Paris, Librairie de < Pages libres », 1908. Introduction, p. XXXVII.

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