‹ Paradis laïquesChapitre 8 sur 42 · Travail, pp · texte numérisé non relu

Travail, pp

Quel bonheur, ma chérie, que d'être complètement Tun à l'autre 1 Tout de même, soit dit sans reproches, il s'en est fallu de bien peu que notre amour ne fût la ruine de la Cité future. En me tuant, Ragu la tuait. Il la tuait encore s'il n'avait eu la bêtise de s'enfuir. Après tout, je lui ai pris sa femme. Le jury de Beauclair, composé de petits boutiquiers qui m'exècrent, l'eût acquitté pour m'être désagréable et avec de fortes apparences de justice. Mon prestige moral se fût effondré. Sans doute on n'empêche pas facilement le cœur d'aller où il veut. Mais notre aventure prouve, après tant d'autres, le danger des rivalités amoureuses entre coassociés ; elles dissolvent l'association, ou, si elles ne l'empêchent pas de subsister, on doit en remercier un caprice de la fortune que l'histoire signale à peine une fois par millénaire. — Or Luc ne s'exprime pas ainsi. — Enfin, dit-il seulement, l'amour est venu, et maintenant nous sommes vainqueurs *. — Du coup, les autres hommes s'aiment, tout est fécondé, tout pousse et triomphe sous le soleil, puisque TEvangéliste n'a plus désormais l'occasion de proférer son cri des pages 291, 302, 313 et 328 : — Mais ils n'aiment pas ? S'ils aimaient, tout serait fécondé, tout pousserait et triompherait sous le soleil.

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