‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 100 sur 131 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

» J'en atteste la nuit qui vient yoilet le jour , » Avant qu'il ait rempli la moitié de son tour. » Regarde à l'occident ; la nuit resplendissante w Egale d'un beau jour la pompe éblouissante , » Et semble jusqu'à nous, sur un char radieux, » Apporter lentement quelque envoyé des Cieux. »

Il ne se trompait pas : de la céleste voûte Le bataillon divin , dans sa brillante route , Trace un sillon de flamme , et dans les airs porté , Sur la montagne sainte enfin s'est arrêté :

O combien ce spectacle eût eu pour toi de charmes ; Adam , si ton remords . ta honte et tes alarmes N'eussent troublé ta >'Tie ! un tableau moins pompeux De Jacob autrefois vint éblouir les yeux , Quand , descendant du Ciel , la milice des Anges Dans toute sa splendeur déploya ses phalanges.

L'Archange radieux au bataillon di^dn Ordonne tout à coup d'investir le jardin.

Lui , perçant l'épaisseur de la forêt touffue , Pour découvrir Adam , il jette au loin la vue. Adam le voit venir ; saisi d'un saint effroi : « A quelque grand message , Eve , prépare-toi , » Dit-il ; de notre sort voici l'arrêt peut-être , » Ou des ordres nouveaux de notre divin maître, » De ce nuage d'or qui , de feux entouré , » Déposa sur ce mont le bataillon sacré ,

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» Un seul guerrier vers nous avec ponfpe s'avante :

y> Son port majestueux , sa noble contenance

» Marque un chef distingué des milices des Cieux ;

» Vois : rien de menaçant n'est écrit dans ses yeux ;

» Mais il n'a point cet air , ces grâces attrayantes

» Dont Raphaël charmait nos âmes confiantes.

» Je vais le recevoir avec le saint respect

» Que commande son rang , qu'imprime son aspect.

» Toi , demeure à l'écart. » Il achevait à peine ,

Le messager divin , sous une forme humaine ,

Descend de la montagne , et , s'offrant à ses yeux ^

Vient prononcer l'arrêt du monarque des Cieux.

De son céleste éclat tempérant la lumière ,

Il se montre , couvert d'une armure guerrière ;

Son air est d'un héros : il s'approche ; les vents

De son manteau de pourpre enflent les plis mouvants^

Moins riche se montrait cette pourpre si pure

Que du poisson de Tyr abreuvait la teinture ,

Et ces riches habits qu'étalaient autrefois

Le faste des héros et le luxe des rois ,

Quand , brillante d'éclat , de richesse et de gloire ,

La paix s'embellissait des dons de la victoire.

Il s'avance avec grâce , et sa mâle beauté

Joint la fleur du jeune âge à la maturité.

Douze signes ornaient son baudrier céleste ,

Où pend le fer terrible à Satan si funeste;

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