‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 106 sur 131 · LIVRE XI. :i · texte numérisé non relu

LIVRE XI. :i

» Ne pouvait-on l'offrir sous des traits moins hideux?

« Eh bien ! dépouille-la de eet aspect affreux , » Répond l'hôte divin ; crains tout excès funeste , » Conduis la tempérance à ta table modeste ; » Permets- lui de régler , dans ton sobre festin , » Ta boisson et tes mets sur ta soif et ta faim. » Tes jours seront plus longs , ta mort sera plus douce ; » Et quand l'heure viendra, sans douleur, sans secousse y » Réclamé par la Terre , et marqué par le Ciel , » Content , tu rentreras dans le sein maternel , » Pareil à ce fruit mûr qui tombe dans l'automne, » Ou qui, sans résistance, à la main s'abandonne. » Ce temps est la vieillesse : alors seront flétri^' » La fleur des jeunes ans et leur frais coloris; » Ton corps s'affaiblira ; de ses sillons arides » Sur toi l'âge au front chauve imprimera les rides; » Le plaisir glissera sur tes sens émoussés ; » Tout ton sang appauATi dans ses canaux glacés, » Ne s'humectera plus du baume de la vie ; » L'âme , l'âme elle-même , affaissée et flétrie , » Perdra la douce joie et les jeunes désirs, » L'avenir son espoir , le présent ses plaisirs. »

« C'en est fait, dit Adam , et puisque la Nature » Nous impose en naissant une charge si dure , » Mon âme désormais de mes pénibles jours » Ne veut éterniser ni prolonger le cours ; ||

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