‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 118 sur 131 · LIVRE XII. 3ot · texte numérisé non relu

LIVRE XII. 3ot

» Mais quand ses pàssionS régnent en souveraines ,

» Dieu permet aux tyrans de lui donner des chaînes :

» De là les oppresseurs; ainsi THomme abattu

» Voit naître l'esclavage où périt la vertu ;

» Et par de longs malheurs son attentat s'expie.

» En veux-tu des témoins? vois ce mortel impie,

» Enfant dénaturé du vertueux vieillard •

» Sauvé sur cette nef chef-d'œuvre de son art :

» Il insulte son père ; et lui , toute sa race ,

» Sont à jamais punis pour prix de son audace ;

» Esclave d'un esclave , il languit dans les fers.

» Ainsi , dégénérant de l'antique univers ,

» De coupables aïeux race plus criminelle ,

» Les Hommes lasseront la justice éternelle ;

» Et leur Dieu , les livrant à leurs penchants honteux ,

» Loin de ces fils ingrats détournera les yeux.

» Il se choisit un peuple , objet de sa tendresse ,

» Heureux enfant d'un juste , ami de la sagesse.

» Au-delà de l'Euphrate , à ses dieux impuissants ,

» Lui-même offrait, Hélas! un idolâtre encens.

» Pour dissiper la nuit où son erreur le plonge ,

» Le Très-Haut a daigné l'avertir par un songe.

» Homme pur , mais trompé , lui dit-il , lève-toi ,

» Laisse-là tes parents , tes faux dieux , et suis-moi

» Sur des bords étrangers , où Dieu te fera père

» D'une race à son cœur éternellement chère.

Son IPARADIS t>ERDÛ,

» Il se lève , il se fie à son g#i(le divin :

» Je vois d'ici son Dieu le mener par la main ;

» Oui , je le vois ; il fuit ses parents , sa patrie ,

» £t les objets honteux de son idolâtrie ;

» Chanaanle reçoit; je vois ses pavillons

» Dans les champs de Sichem , près de tes beaux vallons,

» O fortuné Moreh ! là , son Dieu renouvielle

» Des biens qu'il lui promit l'assurance fidèle ;

>) Lui montre ces beaux lieux , que ses fils trioinphants

î> Doivent peupler im jour d'innombrables enfants;

» Hemath , qui vers le nord se présente à ta vue ,

» Au midi le désert, bornent leur étendue;

» A ces lieux fortunés je vais donner leurs noms.

» Des mers où du soleil s'éteignent les rayons,

» Jusqu'aux plaines d'Hermon du c^ de l'aurore ,

» Ce& états, à mes yeux, se prolongent encore.

» Vois , Hermon est ici ; de ce côté les mers ;

» Plus loin le mont Carmel s'élève dans les airs,

» Le fortuné Carmel , où commençant sa course ,

» Ton fleuve, heureux Jourdain, sort de sa double source ,

» Baigne une riche plaine , et, dans son cours riant ,

» Présente une barrière aux peuples d'orient.

» Ils atteindront Senir , dont les longues montagnes ,

» Vont de leur chaîne immense embrasser les caïupagnes :

» Là ( pèse bien ces mots du Dieu de vérité ) ,

» Dieu bénira le monde en ta postérité.

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