‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 121 sur 131 · LIVRE XIL 3o · texte numérisé non relu

LIVRE XIL 3o

» Leurs cœurs n'ont point acquis la noble confiance » Que donne des combats la longue expérience ; » Leur faibles mains encor n'ont porte que des fers. » Leur frayeur à pas lents traverse ces déserts ; » Mais déjà, sur leur culte et sa sainte police, » De leur naissant empire ils fondent Fédifice : » De leurs douze tribus déjà l'auguste choix » Se rassemble en conseil et leur donne des lois» » Dieu lui-même est leur chef; législateur suprême ; » Il ^^ent de leurs devoirs les instruire lui-même ; » De Sina sous ses pieds la cime a tressailli , » Le tonnerre a grondé , les éclairs ont jailli , » La trompette à ces sons joint sa voix éclatante. » Tous, aux piecjs du Très-Haut, frémissent dans l'attente : •' » Il s'avance , et du haut de son trône de feu , » Ses lois qu'il fit en père , il les proclame en Dieu. » Les unes sont l'appui de leurs droits politiques , » D'auti&es règlent leur culte et leurs fêtes publiques. » Mais la gloire de Dieu , ses terribles accents , j> D'une sainte épouvante ont frappé tous leurs sens ; » Ils tombent à genoux , demandent que Moïse » Avec moins de terreur de ses lois les instruise. » Tout se calme à l'instant; les foudres se sont tus. » Ainsi Dieu fait connaître à leurs cœurs abattus » Que l'Homme , par lui seul , en sa faiblesse extrême , » Ne peut communiquer avec l'Etre suprême.

3o8 PARADIS PERDU,

» Moïse , en attendant le vrai médiateur ,

» Devient Tappui de rilomme auprès de son auteur;

» Il leur prédit son règne ; et, dans leur saint délire,

» Les prophètes bientôt feront parler leur lyre.

» Enfin sont établis et leur culte et leurs lois;

» Alors leur Dieu devient le premier de leurs rois;

3) L'or j le cèdre renferme au fond du sanctuaire

» L'arche sainte où repose, en un profond mystère,

» Le titre glorieux du contrat solennel

» Entre son peuple et lui scellé par l'Eternel.

» Là, sont deux Séraphins, sentinelles constantes;

» Là , brûlent devant Dieu sept lampes éclatantes.

^) Sur cet auguste lieu , tour à tour se répand

» Un nuage mystique , un voile étincelant;

» L'ombre pendant le jour, dans la nuit la lumière;

» A moins que tout à coup , déployant sa bannière ,

» Ce peuple voyageur ne cherche d'autres lieux.

» Enfin il touche aux bords tant promis par ftes Cieux.

» Dirai-je ses combats, ses exploits, ses trophées?

» Que d'ennemis vaincus , de ligues étouffées !

» Le Ciel même obéit. Lune , suspends ton cours !

» La Lune entend leur voix. Arrête, astre des jours î

» L'astre des jours s'arrête, et, témoin de leur gloire,

» Semble s'enorgueillir d'éclairer leur victoire.

» Ainsi seront bénis les enfants d'Israël ; » Car, de ce nom chéri des Hébreux et du Ciel^

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