‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 122 sur 131 · LIVRE Xir. 3o · texte numérisé non relu

LIVRE Xir. 3o

» Par ses douze tribus un jour sera nommée » La race à qui le Ciel a promis riâuméc* »

« Oh! comme tu sais bien, interprète des Cieux, » Et rassurer mon cœur, et dessiller mes yeux! » Lui répondit Adam ; surtout combien m'eneliante » De ce doux avenir l'histoire consolante , » Et ce trésor de gloire et de prospérité » Qu'Abraham doit transmettre à sa postérité ! » Mais un doute se mêle à l'espoir qui m'anime : » Pourquoi toutes ces lois qui supposent le crime? » Ces lois sont du péché l'humiliant aveu :

» Comment chez des pervers peut habiter un Dieu? »

« Adam , tu fus coupable , et , de ta source impure >^ y> Le crime s'étendra sur ta race future , » Répond l'Ange ; ces lois qui combattent le mal , » Marquent de ta raison le désordre fatal ; » Ce frein que Dieu lui-même oppose à la licence » Prouve, sans l'expier, le crime qui l'offense. » En vain l'Homme , en son lieu mettant les animaux ; » Par leur sang innocent croit réparer ses maux ; » Ce sang ne suffit point : rebelle envers son maître ,. » Plus son crime fut grand , plus la rançon doit l'être» » Oui, pour l'être mortel, l'Eternel doit périr,. » Pour l'infidélité la vertu doit souffrir , » Le bon pour le méchant , le juste pour l'impie i » Ainsi le Ciel s'apaise, et le crime s'expie;

3io PARADIS PERDU ,

» Ainsi rHomme coupable , absous de ses forfaits > » Évite le trépas , et retrouve la paix.

« Quand Tâge enfin des ans aura rempli le nombre ^ » Alors la vérité viendra remplacer IV^mbre ; » Le flambeau de la foi , les ténèbres des sens ; » L'amour de la vertu , la peur des châtiments ; » Et le tendre respect qu'un fils porte à son père ^ » Des esclaves tremblants Thommage involontaire : y» Tel est l'ordre des temps. Ces tributs imparfaits w Par qui l'Homme prétend racheter ses forfaits , » Et d'un culte moins pur la symbolique image , » Vers de plus saintes lois ne seront qu'un passage , » Que l'aube d'un beau jour. Aussi ce chef fameux , » Favorisé du Ciel et chéri des Hébreux, » Tout vertueux qu'il est y le généreux Mo'ise , » Ne les conduira pas dans la Terre promise.

» Celui qui doit un jour y guider leurs tribus , » C'est l'heureux précurseur de ce divin Jésus, » Qui, parmi les déserts, les erreurs de la vie, » Doit ouvrir aux humains la céleste patrie.

3> Sur les bords du Jourdain, dans des champs fortunés , » D'oli\4ers, de moissons, de vigne couronnés, » l^Hébreu célèbre en paix ses fêtes solennelles , » Jusqu'au jour où, vengeant leurs erreurs criminelles , » Dieu livre les tribus à leurs fiers ennemis ; » Mais de leur repentir il entendra les cris.

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