‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 24 sur 131 · LIVRE m y · texte numérisé non relu

LIVRE m y

Son plumage doré descend en longs cheveux ; L'orgueil est dans son port , Téclair est dans ses yeux ; Sa voix est un clairon ; son organe sonore Marque Theure des nuits , et réveille l'Aurore ; C'est le chant du matin , c'est l'annonce du jour 5^ L'accent de la victoire , et le cri de l'anjour ; Lui seul réunit tout, force , beauté , courage. De la création le plus brillant ouvrage , Après lui vient le paon , de lui-même ébloui ; Son plumage superbe , en cercle épanoui , Déploie avec orgueil la pompe de sa roue :

Iris s'y réfléchit , la lumière s'y joue ; Il semble réunir dans son arc radieux Et les fleurs de la Terre et les astres des Cieux, Tout vit au seiri des eaux , tout vit sur le rivage , L'un montre son écaille ; et l'autre son plumage.

» Enfin le soir arrive , et la Nuit à son tour Vient finir à regret cet admirable jour.

» Le sixième finit ce magnifique ouvrage; Le soir et le matin lui rendirent hommage ; Et des harpes , des chants les sons mélodieux Ajoutèrent encore aux délices des Cieux.

Le Créateur poursuit : « Terre fertile , enfante f » » Il dit ; la Terre entend sa voix toute-puissante : Aussitôt de son sein les êtres ISinimés , CQmmç d'un long sommeil s^élanCent tout formési^

7it PARADIS PERDU ,

La Terre s'organise , et la poudre est féconde. Les antres caverneux et la forêt profonde . Ont chacun leurs enfants, chacun leurs nourrissons: Ils sortent des taillis, s'élancent des buissons. Les troupeaux en famille inondent la prairie , Errent au bord des eaux, paissent Therbe fleurie. L'un vit seul; celui-ci, moins sauvage en ses mœurs,. De la société veut goûter les douceurs.

Chaque instant donne au monde une race naissante ; Chaque sol est fécond , çt chaque glèbe enfante. Lynx , tigre , léopard , de taches parsemés , Dans leurs berceaux poudreux déjà sont animés. Cherchant enfin le jour , la taupe souterraine Autour d'elle en monceaux a rejeté l'arène.

Le lion montre aux yeux la moitié de son corps ; Le reste pour sortir tente de longs efforts, Et cherchant à briser la prison qui l'enserre^ De sa griffe tranchante il déchire la terre; Enfin, tel qu'un captif échappé de ses fers.

Il s'élance , il s'enfuit dans le fond des déserts ^ Et secoue en grondant sa crinière ondoyante.

Le daim bondit et part ; de sa forêt naissante , Le cerf aux pieds légers étale les ranieaux ; Tandis que le plus lourd de tous les animaux >' Le difforme éléphant, de sa terre natale Dégage pesamment sa masse colossale.

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