LIVRE VIL
Gomme Therbedes champs, d^imiombrables troupeaux Ont couvert les', vallons, ont peuplé les coteaux. De leurs molles toisons les brebis se wétissent<: De leurs longs bêlements les plaines retentissent : Le chevreau vagabond suit son goût inconstant. De son double séjour équivoque habitant.
Le crocodile sort de l'arène féconde.
Et balance -indécis entre la terre et Tonde.
» Par un art plus savant et plus prodigue encor , De la création épuisant le trésor.
Déjà de tous côtés naît, pullule et fourmille, Des insectes, des vers Tinnombral^le famille : Les uns , de Toeuf natal à peine épanouis , Déjà d'un vol léger se sont évanouis.
Dieu lui-même forma de la plus molle argile Leurs membres délicats , et leur tissu fragile : On croit voir du printemps s'assortir les couleurs , Se nuancer l'iris, et voltiger dei| fleurs.
D'autres naquirent nus et sur la douce arène ^
En replis tortueux cheminent avec peine.
Tandis que sont éclos ces vermisseaux rampants , De terribles dragons, de monstrueux serpents. Vont roulai\t, déroulant leur croupe tortueuse. Ou s'élancent dans l'air d'une aile impétueuse.
w Pourrai-je t'oublier , ô modeste animal , Content d'un antre obscur et d'un repas, frugal ,
Qui dans un faible corps caches un grand conrage^ Toi. d^un ëtat heureux la plus parfaite image , Chez qui Tautorite , partagée entre tous , Rend les droits plus égaux , et le pouvoir plus doux^ * Et qui peut-être un jour aux nations humaines Seras Fexemple heureux /des mœurs républicaines?
» Des abeilles bientôt on vit n^tre Tessaim , Peuple heureux , dont la ville enferme dans son seiiif Et ses ruisseaux de miel et ses palais de cire ; Tandis que, par son luxe appauvrissant Tempire ^ Le frelon fainéant vit des travaux d^autrui , Et s^engraisse d^un suc qui n'était pas pour hiî.
« Mais pourquoi m'égarer dans ce détail immense i^ Tous sont nés tes sujets : toi-même , à leur naissance , Tu leur donnas des noms » observas leurs humeurs. Le serpent k tes yeux n'a point caché ses mxjeursi De tous les animaux le plus rusé peu^-être , Quelquefois il s'irril^, il menace son msutre, Agite sa paupière, et roule im œil ardent; Mais bientôt , plus paisible , ou du moins plus prudent ,; Il se calme, et répond à la voix qui l'appelle. Ne deviens point ingrat, il te sera fidèle.
» Le jour brillait encore; dans toute leur splendeur^. Les Cieux de l'Eternel proclamaient la grandeur; Tous les globes, ouvrant leur carrière naissante. Suivaient du grand moteur l'impressioa puissante: ::