SUR LE LIVRE VII
mmi à^nne extrême sublûnité ; et , ce qui est peut-être plu» sublime encore , c^est le moment où Dieu , plongeant dans le Chaos, prend le compas dW gardé dans le trésor de» Cieux , fixe Time de ses branches dans le centre , fait tourner Tautre daps la circonférence de l'espace , et marque au monde ses limites. Quelques-uns des passages suivants sont empruntés de la Genèse , et ne sont pas indignes de llûstd^ rien sacré de la création t
« MaTs de ce vaste amas ^ sombre et silencieux ^
» La nuit couvrait efncor la matière inféconde ;
» L*esprit de Dieu sVtend sur les gouilres de l'onde ^.
» Les coure sous son aile , et verse dans leur sein
» Son âme créatrice et son souffle divin^
» Au fen vivifiant de sa chaleur puissante ^ *
M Le Chaos se féconde , et la Nature enfantet »
Milton a peint , d'une manière fort supérieure k eelle d'(X* viâe , la séparation des divers éléments : dans la création de la lumière , il a emprunté de Moïse un trait cité avec raison par Longin^ conune le nu)dèle du sublime 1
Alors rÉternel dit au Néant qui conçut :
Que la lumière soît ! et la lumière fut.
La Lumière étant le premier bienfait de Dieu , c'est avec raison que Milton là fait célébrer particulièrement par la voix des Anges , comme le prélude brillant de la création ;
« Ainsi du jour naissant brillèrent les prémices;
)» Le Ciel même à la Terre envia ses délices ;
>» £t tout rOlympe en chœ;ar , par de joyeux. concertSL,,
» Chanta le Jour enfant ^ et le jeune Univers. »
La séparation de Pair et des ondes n'est pas peinte arcnt^ moins de richesses; Fun s'élève vers Féllier, les autres descendent sur la terre : là le poète peint leurs cours variés , des couleurs les plus poétiques et les plus vraies ; la chute des cascades, les molles sinuosités des ruisseaux, les eam qui filtrent à traversées monts, et triomphent de tous les obs*^ tacles ; enfin tous ces flots , courant tomber et s'amoncelev dans le bassin des mers , forment un magnifique taUeau ; une agréable fraîcheur , une extrême variété , et des contras* tes charmants , caractérisent la création du règne végétal.
Milton a épuisé toutes les couleurs de la poésie pour pelnt^ dre avec Ta miagnificence convenable la première marche , et, pour ainsi dire , ce début du Soleil dé)à créé mais ténébreux: encore. La Lumière qui part de son berceau où Torient la^ retenait captive, qui court inonder cet astre , en fait son palais et son temple ; tous ces. Astres inférieurs qui viennent l'y puiser dans leurs urnes d'or , le Soleil prenant sa course comme un héros pour parcourir sa «brillante éarrière , pour-* suivant sur son char victorieux la Nuit qui s'enfuît en repliant ses voiles, offrent un tableau digne des objets qu'il repré-^ 'sente : la Lune , plus modeste et plus timide , vient former avec cet astre éclatant le contraste le plus aimable ; et ces deux astres accompagnés de leur cortège d'étoiles ont dû suffire à la quatrième journée.
La création du règne animal semble l'emporter encorç sur tout ce qui précède. Milton , dans cette peinture de la cin-» quième journée , semble avoir prodigué la poésie comme le Créateur a prodigué les êtres ; chacun est peint avec les cou-^ leurs qui lui conviennent, et toute la variété de la nature animée. Tantôt Milton , coimne un grand peintre , piçéseutQ