‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 32 sur 131 · SUR LÉ IJVRE VII · texte numérisé non relu

SUR LÉ IJVRE VII

les ânimam en groupe , tantôt en détache quelquesHons plus intéressants ; c'est ainsi que dans la peinture des oiseaux il se plait à nous représenter le plus mélodieux de tous , le rossignol , qui charme le silence de la nuit et qui semhle in-* idter la Lune à s'arrêter pour Tentendre. On distinguera dans le tableau la peinture du cygne , du coq et du paon ; ils étaient, de tous les volatiles , les plus remarquables par leur instinct, leur plumage et leur beauté.

Le sixième jour est consacré à la création des quadrupèdes^ Milton a mis dans ce tableau une grande variété : les uns s'échappent , tout formés , de la terre , les autres sont sortis il moitié et luttent encore contre le sol qui les retient ; c'est dans cette attitude qu'avec un goût infini il a peint le lion montrant déjà la moitié de son corps, s'indignant des obstacles qui retiennent l'autre moitié , et déchirant la terre de sa griffe tranchante. Ce coup de pinceau est vraiment admirable. Parmi les animaux , les uns sont distingués par leur légèreté , les autres par leur pesanteur; le cerf bondit et part^ tandis que le lourd éléphant dégage pesamment de la terre sa masse colossale ; les uns vivent solitaires , les autres connaissent les douceurs de la société ; ailleurs il distingue les animaux par les lieux qu^ils habitent; en un mot, tous sont caractérisés pu par leurs mœurs , ou par leurs attitudes au moment de leur naissance.

Milton «compare quelques-ups de ces anînAux qui s'échappent en rejetant la terre autour d'eux , à la taupe qui sort de la terre. Cette comparaison paraît manquer de goût, la taupe qui dans ce jour fait elle-même partie de la création , Dç devait pas être un objet de comparaison ; je ^ui ai donc

rendu la place à laquelle elle avait droit comme let aiitra^ animaux.

Milton , dans cette énumération , s'est bien gardé d'on-^ biier le serpent , qui bientôt va devenir l'instrument et l'organe de Tennemi du genre humain. C'est un des passage* lei plus ingénieux de ce chant ; et quoiqu'il ne lui donne poifit encore le caractère de la méchanceté , il le peint comme fih» cile à s'irriter , et annonçant quelquefois un instinct d'ini^ mitié contre l'Honune. Raphaël en avertit Adam , et finit par ces mots ^ « .

<c Mais bientôt plus paisible , ou du moins plus prudent , » Il se calme et répond à la voix qui l'appelle : » Ne deviens point ingrat , il te sera fidèle. »

Après la création des animaux , Milton peint admirable—^ ment ce monde nouvellement créé , étonné de son éclat ^ jouissant de son bonheur , et se félicitant de son existence» Avec quel art il prépare la naissance de l'Homme ! Sans lui lanature est imparfaite , et il manque au monde son plus bel ornement. Le portrait qu'il trace de l'Homme est court, mais sublime ; il est l'image de Dieu ; c'est par lui que le Ciel, veut communiquer avec la terre, et recevoir l'hommage de la créature , qu'il lui permet de partager avec la divinité. Un • des traits les plus profonds, c'est le privilège qu'a reçu l'Homme de cofnmuniquer avec le Ciel par la prière.

Comme on le voit , rien n'est oublié dans ce tableau de ce qui caractérise la dignité , )e dirai presque la divinité de l'Honmie ; mais ce qui est au-dessus de tout éloge , c'est la. peinture du Cjéateur montant et remontant vers le Ciel^

SUR LE LITRE VH. gi

contemplant du haut de son sanctuaire , avec on txSl de com« plaisance , la création nouvelle , et s'admirant dans Tceavre de ses mains ; la nature entière , les planètes , les étoiles , les soleils , le félicitant sur son passage, se répondant en diœur, et fomlant un vaste concert de ^harmonie de tous les éléments. L^hymne qfoe les Anges chantent à sa gloire est plein du plus céleste entlUrasiasme , et termine magnifiquement le grMtd œeafte de la création.

Hilton , d'une manière non moins heureuse ni moins brillante , a peint la fête que célèbrent dans le Ciel les esprits immortels ; et leur second cantique ne le cède au premier ni en chaleur , ni en magnificence. Si ce chant pouvait avoir quelque défaut , ce serait cehii de retarder Faction ; mais par son sujet il est lié à Tévénement principal d'une manière si heureuse , qu'il doit être regardé comme un des plus beaux de l'ouvrage.

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ARGUMENT

A.DAM (ait diverses questions sur les moavements célestes. li reçoit une réponse douteuse , et une exhortation de chercher plutdt à s'instruire de ce qui lui peut être utile. Il y souscrit ;. et j pour retenir Raphaël , il lui rapporte ses premières idées après la création ; conunent il fut enlevé dans le Paradb terrestre ; son entretien avec Dieu touchant la solitude. Il oh^ lient une compagne , et raconte à TAnge quels furent ses. transports en la voyant. Raphaël lui fait là-dessus une leçon utile , et retourne au Ciel*

PARiDIS PERDU,

POÈME

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