II
yy Même en les ignorant , il faut qu^on les révère.
» Ces étoiles sans fin dont le feu vous ëclaire ,
» Dont lé vol est si prompt, dont chacune, eh son tour^
» Part , monte , redescend , et revient en un jour ;
» C'est Dieu qui les condilit , ce Dieu dont la sagesse
» Peut des esprits aux corps imprimer la vitesse.
y> Moi , parti ce matin de la hauteur des Cieux ,
» Vers le milieu du jour f ai touché ces beaux lieiix^
» N'imagine donc pas que la céleste voûte
y> Tïe puisse se mouvoir : Dieu connaît , et je doute^
» Tous ces orbes lointains , ton œil ne peut les voir :
» Le monde est son secret ; adorer , ton devoir,
» Peut-être aussi , dans Fair que son fluide inonde ,
» Ce Soleil , le moteur et le centre du monde ,
» Fait mouvoir , circuler ces innombrables corps ;
» Peut-être son pouvoir et leurs propres efforts
y> Attirent vers le centre , et repoussent sans cesse
» Ces globes différents de grandeur , de vitesse ,
» S'élevant , s'abaissant , visibles ou cachés , «
» Tantôt fuyant du centre , et tantôt rapprochés,
» Tantôt fixés , tantôt errant dans l'étendue ;
3> Six d'entr'eux d'ici-bas se montrent à ta Mie*
» Mais si , pour expliquer le plan de l'univers,
» La Terre , que tu crois tranquille au sein des airs ,
» D'un triple mouvement s'élance dans l'espace ,
» L'ordre du monde alors n'a rien qui t'embarrasse ;
» Dès-loïB, pour l^ëtablir tu n^auras plus recours » A ces orbes divers qui , ci'oisés dans leurs cours , » Par d^obliques chemins marchent en sens contraire ; », Le Soleil n^aura plus ce long voyage à faire ; » Alors tu ne fais plus tourner péniblemerit » Ce grand cercle , moteur de tout le firmament , » Et qui roule avec lui y dans sa course indomptable , » De la nuit et du jour la roue infatigable.
» Et qu^en as^tu besoin , si d^un instinct pareil » Chaque hémisphère évite et cherche le Soleil , >> Et suivant ses aspects , tantôt clair , tantôt sombre y » Trouve et perd tour à tour et la lumière et l'ombre?
» Peut-être tes enfants découvriront un jour » D'innombrables soleils qu'environne leur cour ; » Comme vous , dans leurs fils destinés à renaître y » Les lunes , les soleils ont des sexes peut-être , » Qui d'enfants radieux repeuplent l'univers ; » Car je n'en doute point, des deux sexes divers » La puissance est partout y et leurs flammes fécondes » Enfantent les soleils et propagent les mondes: » Comme le tien y sans doute , ils sont tous habités ; y> Car y que ces vastes corps , muets , infréquentés , » Ne servent qu'à donner une courte lumière » Dont les traits , affaiblis dans leur longue carrière, » Arrivent à ce monde , et reprenant l'essor y » Réfléchissent dans l'air un pur plus faible encor ;
iDO PARADIS PERDU,
» Dieu ne Ta pas permis. Mais quoi que Dieu dispose ^ .
» Soit que dans son foyer Fastre du jour répose ,
», Soit qu'autour de ton globe éclaire de ses feux
» Il ouvre à Torient son cours majestueux ;
» Soit que la terre autour de sa masse enflammée
» Parcoure à l'occident sa route accoutumée ,
» S'achemine en silence , et d'un doux mouvement
» Te roulant dans les airs t'y berce mollement;
» Adore l'Étemel , à ses mains souveraines
» Des mondes qu'il créa laisse guider les rênes,
» Et chéris , sans tenter un indiscret essor ,
» Ces beaux lieux , ces beaux fruits , Eve plus belle encor. .
» Voilà ton univers : ces planètes lointaines ,
» Leurs loîs, leurs habitants, leurs mœurs, leurs phénomènes
» Va , laisse-en le soin à leur suprême roi ;
» Occupe-toi des biens qu'il plaça près de toi. » -
Il dit ; et de la soif d'une vaine science Adam calme , à ces mots , la folle intempérance . « Interprète des Cieux , lui dit-il , que mon cœur . » De tes récits charmants a goûté la douceur! » D'utiles vérités et de grandes merveilles, :» Qu'ils ont rempli mon âme et charmé mes oreilles ! . : w D'un frivole savoir le pénible plaisir » De mes jours fortunés eût troublé le loisir : * » Cette source d'ennui , d erreur , d'incertitude , » Un Dieu nous l'épargna, si notre inquiétude, ,