‹ Paradis perdu (volume 2)Chapitre 48 sur 131 · REMARQUES SUR LE LIV, VIII · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LE LIV, VIII

Déjà je^oûte moins le côticert des oiseaux', Le yif émail des fleurs, le murmure des eaux; Mais Eye est toujours chère à mon âme ravie : C'est là qu'est mon amour , mon bonheur et ma TÎe. Je brûlai quand je vis ses innocents attraits; Je brûlai quand son œil lança ses premiers traits; Je brûle quand ma main touche son corps ce'leste : D*un œil indifférent je puis voir tout le reste.

Dans la manière passionnée avec laquelle Aàâtti eiptime son amour , on entrevoit Véjà des symptômes de faiblesse et des prono^Ics de sa chutt. La réponse de Raphaël est pleine ie sagesse et de la plas excellente morale. Adam dans sa réplique paraît sûr de sa force et de sa fidélité aux Cnrdres de Dieu. Peut-être quelques lecteurs ne goûteront pas les questions un peu étranges qu^il fait à Raphaël sur les amours des Cieux ; mais il y a beaucoup de grâce et de poésie dans la manière dont l'Ange lui peint la pureté de ces amours Surnaturels. Enfin , on ne peut lire sans attendyssemetiit lés adieux touchants que lui fait le premier homme , et leut touchante séparation. Ce chant, comme on voit, e&l Ufi des plus beaux de l'ouvrage : le commencement séu! offre quelques défauts ; le reste presque en entier est admirable.

Presque tous les détails en sont intéressants ; c'est là hé^iilé de la Nature encore vierge , l'innocence de l'Homme ; ce que les idées religieuses ont de plus sublime , les affections hcH maines de plus touchant ; les premiers tributs de la prière f et les premières expressions de l'amour.

^'wvi^^/wvvwwvw^^^vvvvwCWv^/vvvw^wwvvwvvww^ ^

ARGUMENT

mmftm

- oATAN ayant parcouru la terre , et sVtant armé de malice , revient de nuit comme un brouillard dans le Paradis. Il s^est insinué dans le serpent , tandis qu^il dormait. Adam et Eve sortent au lever de l'aurore pour leurs occupations ordinaires. Eve propose de s'écarter l'un de l'autre , et de travailler séparément. Adam s'y oppose , alléguant le danger prochain , et la crainte que l'ennemi , dont ils ont été avertis ^ ne vienne la tenter quand elle sera seule. Eve , touchée de qu'il ne la croit pas assez circonspecte , ni assez ferme , persiste dans sa première idée , afin de faire preuve de sa vertu. Adam se rend à la (in. Le serpent la trouve seule , et l'aborde avec souplesse. D'abord il la regarde , ensuite lui parle en termes flatteurs , et l'élève au-dessus de toutes les créatures. Eve , surprise de l'entendre parler , lui demande comment il a acquis la voix et la raison humaine , qu'il n'avait point dans son origine. Le serpent répond que le fruit d'un certain arbre du jardin lui a procuré ces avantages. Eve le prie de la conduire à cet arbre ; elle trouve que c'est celui de la science , qui leur était interdit. Le serpept l'engage à manger du fruit , elle le trouve exquis ; elle, délibère

128 ARGUMENT. '

quelque temps si elle en fera pari à Adam ou non. Enfin , elle lui porte une branche garnie de ses fruits. Adam est d'à— bord consterné ; mais , par un excès d'amour , il prend la résolution de périr avec elle ; et , s'aveuglant lui-même , il mange du fruit. Quels en furent les effets. Ils cherchent d'abord à couvrir leur nudité ; ensuite la discorde se met entr'eux^ et ils en viennent aux reproches.

POÈME

Page 1