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n'agbsent conformément à leur caractère ; il n'y a de réprë^hensible dans cet endroit que le ton justificatif que Milton prête à l'Eternel , comme dans quelques autres de $e8 di^ cours.
Yient ensuite le bouleversement de la nature , occasioné par la chute de l'Homme. U y a dans ce morceau de gran-* des beautés poétiques , et une physique quelquefois ridicule ; mais l'image des Anges qui déplacent l'éclîptique est d'une grande beauté , et en général ce morceau est écrit avec beaucoup de verve.
A ces descriptions succède un morceau du plus grand pathétique. Adam , épouvanté <^&% convulsions de la Nature , et de la dégradation de tous les êtres qui l'entourent , est plus accablé encore par la perspective des malheurs que son crime va répandre sur toute sa postérité. Si l'on en excepte quelques vers dans lesquels règne un ton d'argumentation déplacé, ce discours est extrêmement touchant : c'est une alternative très-pathétique de reproches à Dieu et de soumission à ses volontés.
A ces tourments intérieurs, Milton a ajouté toutes les menaces de la nature conjurée contre lui : c'est dans la nuit qu'il exhale ses plaintes ; nuit si différente des nuits délicieuses qui ont précédé son crime. Son second discours est une invocation à la Mort , pleine des accents de la douleur et du désespoir. En un mot , tout ce tableau est digne à lafois de la tragédie et de l'épopée.
Ce qui suit est d'une beauté incomparable. La scène qui se passe entre Adam et Eve est d'un intérêt égal à tout ce
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que la scène oflTre de plus touchant. £ve , que les reproches de sa conscience retiennent loin de son époux , ne peut plus résister au désir de le consoler : Adam la repousse avec dureté ; et tous les maux qu'il ressent , et tous ceux qu'il prévoit, le font éclater en reproches violents contre celle qui en est l'auteur. La réponse d'Eve suppliante , en embrassant ses genoux , désarme sa colère ; et , en effet on ne peut prêter au repentir et à l'amour conjugal des expressions plus affectueuses et plus attendrissantes.
L'opinion commune en Angleterre est que la réconciliation de Milton avec sa femme, qui était depuis quelque temps séparée de lui , lui a fourni la plupart des sentiments qu'il a développés dans cette touchante scène : cela n'est pas étonnant ; c'est dans ce qu'ils ont observé , surtout dans ce qu'ils ont senti , que les poètes doivent puiser les moyens d'intéresser et de plaire.
Eve , réconciliée avec son époux ^ lui propose deux moyens également violents de sauver leur postérité et d'abréger leur propre malheur ; c'est la faiblesse de la fenune qui les propose , la sagesse de l'homme les repousse , et on reconnaît encore ici combien Milton se plaisait à donner la supériorité à ce sexe sur l'autre. Ce second discours d'Adam finit par des consolations longuement et froidement exprimées ; mais ce qui est véritablement beau , c'est le parti qu'ils prennent d'aller au lieu où leur sentence a été prononcée ; de tomber aux pieds de l'Eternel ; de lui offrir les larmes du repentir et la prière du malheur. J'ai conservé , dans la traduction des derniers vers ', les répétitions que Milton a employées , et qui donnent à ce morceau plus d'abandon et plus de grâce. C'est
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précisément parce que cette forme est inconnue dans notre langae , que je me suis prescrit de l'y transporter : comme je Tai remarqué ailleurs , les bonnes traductions sont une importation de richesses étrangères d'une langue dans une autre.
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ARGUMENT
JuE fils de Dieu intercède pour nos premiers pères , qui confessent leur faute ; il présente leurs prières à son père. Le Seigneur les exauce ; mais il déclare qu^ils ne sauraient rester plus long-temps dans le Paradis. Il envoie Michel avec une légion de Chérubins, pour les chasser du jardin de délices : il lui ordonne cependant de révéler auparavant à Adam ce qui arrivera dans la suite des temps. Descente de Michel. Adam fait observer à Eve quelques signes funestes. Il discerne l'arrivée de Michel , et s'avance au-devant de loi. L'Ange lui annonce l'arrêt de son exil. Lamentations d'Eve. Adam tâche d'obtenir grâce ; enfin il se soumet. L'Ange le conduit sur une hauteur du Paradis , lui découvre , dans une vbion , ce qui doit arriver jusqu'au déluge.
POÈME