Ils lui donnent le droit de faire des sacrifices
5. Mycérinus erre dans la solitude. — Moyse traverse le désert.
6. Mycérinus se fait éclairer , le jour et la nuit. — Une nuée miraculeuse prête à Moyse son éclat nocturne.
7. Mycérinus ensevelit sa fille dans une vache de bois doré. — Moyse enferme les tables de la loi dans une
(1) Les Mabométans ont adopié toutes les rêveries rabbiniques , en y ajoutant encore des détails plus absurdes. Voyez l’article Moyse de la bibliothèque orientale.
(2) Eupol. et Artapan apud Euseb. lib. IX. — Cedenas, hist. compend. p. 48 de l’édition de 1647. Josephe dit aussi que Moyse épousa Tharbé, fille du roi des Ethiopiens, fait qui pourrait peut-être trouver sa confirmation dans la dispute de Marie et d’Aaron contre Moyse. Nombres, XII.
(3) Girardet. myth. p. 260. — Plutarque dit que Typhon fut surnommé le roux. — Artapan prétend que Moyse avait des cheveux couleur de feu. Typhon monté sur un âne fut 7 jours en fuite. C’est un fait évidemment calqué sur l’histoire de Moyse. — ï oyez l’Exode, IV, 20.
arche dont le nom, en Hébreu , ( thora ) a aussi la signification de vache.
8. Mycérinus est condamné par l’oracle à mourir prématurément. — Dieu condamne Movse à mourir avant d’avoir pénétré dans la terre promise (i).
Le Bacchus des Grecs est une copie du Movse des Hébreux. Les rapports sont si frappants que Tacite dit en parlant des Juifs : « quelques personnes ont pensé que ce peuple adorait Bacchus, vainqueur de l’Orient. » (?). L’ode d’Horace, Bacchum in remotis , pourrait seule nous suffire , pour prouver notre assertion ; nous n’y retrouverons certainement pas l’ordre chronologique des évéments qui ont rapport à Moyse ; mais nous y découvrirons les principaux faits sous le voile d’une fable transparente. On dirait que le poète est tout d’abord transporté sur les hauteurs du Sinaï.
Bacchum in remotis carmina rupibus Vidi docentem ( crédité posteri !)
Nymphasque discenles et aures Capripedum salyrorum acutas.
Remotis rupibus. On ne pouvait voir ni entendre ce qui se passait sur le mont Sinaï que de fort loin , puisqu’il était défendu d’en approcher sous peine de mort.
Carmina. Il ne s’agit point ici de véritables vers, puisque Bacchus ne présidait point à la poésie. Mais comme les lois antiques étaient exprimées en strophes , on donnait le nom de Carmina aux lois elles-mêmes, Carmina peut donc désigner les lois du Décalogue.
Horace ne semble-t-il pas être mis hors de lui par le spectacle du Sinai , quand il s’écrie :
Fvoé ! recenti mens trépidât melu ,
Plenoque Bacchi peclore turbidum Lælatur ; évoé ! parce , liber,
Parce , gravi metuende thyrso.
Liber. Des savants nous disent que ce surnom fut donné à Bacchus parce que le vin donne une certaine liberté de paroles. Il serait tout aussi plausible de dire que Bacchus, étant une contrefaçon de Moyse, l’épithète de Liber convient parfaitement au libérateur des Hébreux.
Mens trépidât metu. Nous comprenons que le souvenir d’un Dieu , qui manifeste ses lois au milieu des
(1) Guérin du Rocher, hist. véritable des temps fabuleux , t. 111. p. 49.
(2) Tacite , hist. lib. V , c, 5.
foudres et des éclairs, cause un si religieux effroi; mais nous ne comprendrions pas cette sainte frayeur pour le Dieu du vin , récitant des vers devant un cercle de nymphes et de satyres.
Gravi metuende thyrso. .Une baguette était le signe de la puissance de Moyse , et cette puissance était redoutable aux Hébreux prévaricateurs , puisqu’elle dévolut à la mort les 23,000 qui avaient fléchi un genou idolâtre devant le veau d’or.
Horace jette ensuite ses regards sur un tableau plus doux.
Fas pervicaces est mihi thyadas Vinique fontem, lactis et uberes Cantare rivos , atque truncis Lapsa cavis iterare mella.
Thyadas pervicaces. Ces Thiades nous rappellent Marie,, sœurd’Aaron, ainsi que ses compagnes, qui unissent leurs voix au son du tambour, pour accompagner le cantique de Moyse, au sortir de la mer rouge.
Vinique fontem. Bacchus fit jaillir une fontaine de vin , en frappant la terre de son thyrse. C’est évidemment Moyse qui , à l’aide de sa baguette , fait jaillir l’eau d’un rocher.
Lactis rivos. L’Ecriture se sert de ces expressions figurées pour peindre la fertilité de la terre de Chanaan; mais la Mythologie a pris la métaphore au pied de la lettre.
Fas et beatœ conjugis additum Slellis honorem , tectaque penlhei Disjecta non levi ruina Thracis et exitium Lycurgi.
Fenthei ou panthei. Ce mot décomposé signifie tous les dieux. Les temples de tous les faux dieux furent en effet livrés à la destruction , chaque fois que Moyse en rencontra dans le cours de ses victoires.
Tu, cùm parenlis régna per arduum Cohors gigantum scanderel impia ,
Rhœcum relorsisti lconis Unguibus, horribilique malà.
Horace fait allusion aux géants dont Bacchus réprima l’audace, sous la forme d’un lion. C’est l’image de Moyse. exterminant les ennemis de Jehova, les habitans du pa>s de Basan , qui était appelé le pays des géants. Moyse, le plus doux des hommes, devenant courageux comme un lion, lorsqu’il s’agit de défendre le nom de J éhova , n’est-il pas bien figuré par Bacchus, Dieu des plaisirs,
qu’on goûte dans la pais , se méthamorphosant en lion pour défendre Jupiter? (i)
Tu flectis amnes, tu mare Barbarum ;
Tu separalis uvidus in jugis ,
Nodo coërces viperino Bislonidum sine fraude crines.
Flectis amnes. IVloyse, en effet, dompta la mer, en entrouvant ses eaux pendant le passage miraculeux des Israélites.
Nodo viperino. Les serpents jouent aussi un grand rôle dans l’histoire de IMoyse , puisque c’est grâce à ses prières que les Hébreux furent délivrés de ces animaux malfaisans.
Te vidit insons cerberus aureo Cornu décorum, lentter atlerens Caudam; et recedenlis trilingui Ore pedes tetigilque crura.
Ces cornes d’or, dont le poète surmonte le front de Bacchus , ne sont autre chose que les cornes qui brillaient sur le front de Moyse , alors qu’il descendit du mont Sinaï (2).
Non sat idoneus Pugnæ ferebaris, sed idem Pacis eras mediusque belli.
C’est bien là le caractère de Moyse. Le pasteur des troupeaux de Jethro pouvait paraître , par ses fonctions , peu propre aux combats, et cependant il devint aussi habile à conduire le peuple pendant la guerre, qu’à le gouverner pendant la paix,
L’Ecriture ne nous dit point que Moyse fit la guerre aux Ethiopiens; mais l’historien Josèphe nous l’assure, et nous avons aucune raison de mettre en doute sa véracité. En admettant cette opinion , nous trouvons un rapprochement de plus entre Bacchus , vainqueur des Indes et Moyse vainqueur des Ethiopiens (3).
A ces rapports que nous avons établis d’après l’ode d’Horace, nous pouvons encore en ajouter d’autres plus frappants d’après Girardet, Bochart et Perrin.
1 . Bacchus est surnommé bimater, c’est-à-dire qui a deux mères. — Moyse eut pour ainsi dire deux mères : une mère selon la nature et une mère d’adoption.
(1) Le rapprochement paraîtra encore plus frappant , si on se rappelle que Jupiter et Jehova sont le même nom. J oyez le 1er chapitre de celte dissertation.
(2) Exode, chap. XXXIV.
(3) Journal encyclopédique, mars 1784. J oyez la note (2) de ce chapitre, p. 38.
2. Bacchus eit encore nommé Nil (0, Hyès (Maître de la pluie), libérateur 9 œsymnetès ( caché dans une caisse) (2) , Anthèus ( qui fait fleurir ) , Mysès ( sauvé des eaux) (3), o^pàfopov (poi teur de lois) , TsÀh-apxYxy (auteur de cérémonies parfaites. ) Tous ces surnoms ne nous rappellent-ils point quelques circonstances de la vie de Moyse , son exposition sur le Nil dans un berceau , les lois et les cérémonies qu’il prescrit à son peuple, la verge d’Aaron qui fleurit d’une manière miraculeuse.
3. Les mythographesnousdisentque Bacchus naquit de la cuisse de Jupiter. Cette fable est la conséquence de ces paroles de la Bible mal interprétées : Ceux qui étaient sortis de la cuisse de Jacob, c’est-à-dire ses enfants (4).
4. Orphée fait naître Bacchus près du Nil.— Moyse naquit aux environs de ce fleuve.
5. Pausanias raconte que Bacchus fut exposé dans un coffre sur le fleuve Gydon (5). - Moyse fut exposé dans un berceau sur le fleuve du Nil.
6. Diodore de Sicile vante la beauté de Bacchus (6), — La fille de Pharaon adopte Moyse orphelin, à cause de sa beauté (7'.
7. Jamais plus grand prophète ne s’éleva dans Israël, dit le Deutéronome, en parlant de Moyse. — Bacchus fut un grand devin’, nous dit Euripide.
H. Bacchus est accompagné d’un chien. — Moyse est suivi parCaleb, dont le nom en Hébreu, signifie chien. Le Caleb de la fable, métamorphosé en constellation , était chargé de faire mûrir le raisin.— Le Caleb de l’Ecriture rapporta du pays des Chananéens un raisin d’une grosseur prodigieuse.