Apollon et Moyse sont remarquables par leur beauté
3. Le front d’Apollon est orné de cornes, comme celui de Moyse.
4. Le nuage qu’on représente quelquefois sur la tête d’Apollon , ne figurerait-il pas la nuée miraculeuse ?
5. Le fils de Latone est accompagné des 9 muses. — Moyse est suivi d’un chœur de femmes qui chantent.
6. Apollon garde les troupeaux d’Admète, et Moyse ceux de Jéthro.
7. Apollon terrasse le géant Tithée , dont le cadavre couvre 9 arpents de terre. — Og , roi de Basan , vaincu par Moyse, était un géant de 9 coudées.
8. Apollon tue le serpent Pithon. — Moyse subjugue les Hévéens, dont le nom , en Hébreu, veut dire serpent
Chompré découvre dans la fable si connue d’Admète
(1) Oppien , Cyn. IV , v. 27G.
(2) Nonnus ,1. 13.
(3) id. I. 24 et 25.
(4) id. I. 14 et 48.
(5) Eurip. in Baccho , acl. 5
(6) Paus. Alt.
(”) Huet, dem. cvangcl prop. 4f p 103.
et d’Alceste plusieurs rapports avec Moyse fuyant de l’Egypte , se réfugiant dans la terre des Madianites, chez Jéthro, dont il garda longtemps les troupeaux et devint ensuite le gendre ( i).
Minos régnant sur l’ile de Crète , jugeant les causes les plus difficiles, avec une parfaite équité, recevant de J upiter une verge, s’entretenant avec le roi des Dieux sur le mont Ida, ayant tout pouvoir sur la mer(0cd«ffiroxparwp), n’a-t-il pas aussi une grande ressemblance avec Moyse , législateur souverainement juste , qui confère avec Dieu, qui reçoit une baguette miraculeuse des mains du Seigneur et qui fait sentir aux flots de la mer rouge l’effet de sa puissance (2).
Il est facile de reconnaître plusieurs traits de Moyse dant le récit que fit le gardien du temple des Natchez à M. le Page du Pratz. Il y a grand nombre d’années , lui disait-il, qu’il parut parmi nous un homme et une femme qui descendaient du soleil. Ce n’est pas que nous crussions qu’ils étaient enfants du soleil; mais quand on les vit l’un et l’autre, ils étaient encore si brillants que l’on 11’eut pointdepeineà croirequ’ils venaient du soleil. (3). Cet homme nous dit qu’ayant vu de là haut que nous ne savions point nous gouverner, il venait nous apprendre à mieux vivre (4). Il nous dit que, pour plaire à l’Esprit suprême, il ne fallait jamais tuer son semblable qu’en cas de légitime défense, ne jamais avoir de rapports avec d’autre femme que la sienne, ne rien prendre à autrui, ne jamais mentir ni s’enivrer, et donner libéralement à ceux qui sont dans l’indigence (5). Cet homme parlait avec tant d’autorité qu’il inspirait du respect même aux vieillards les plus considérés (6;. On lui offrit la souveraineté qu’il refusa d’abord , mais que de pressantes instances lui firent enfin accepter (7,'. Il nous annonça que nous irions un jour habiter un pays bien préférable au nôtre (8). Il fit bâtir un temple dans lequel les
(1) Supplément au dictionnaire de la fable.
(2) Huet , dem evang. prop. 6. p. 113.
(3) Moyse dépendant du inout Sinaï , embrasé par les lueurs de la foudre.
(4) Moyse prescrivant des lois.
(5) Ce sont les principaux articles du décalogue.
(6) La parole de Moyse a tant d’autorité , qu’elle suffit pour contenir un peuple presqu’indiciplinable dans les limites du devoir.
(7) Moyse refuse d'abord la mission dont Pieu veut I investir.
(8', La terre promise.
princes seuls avaient le droit d’entrer , et où brûlait un feu perpétuel , que de nombreux gardiens entretenaient nuit et jour. ( i ).
Les écrivains les plus remarquables de l’antiquité païenne, fait observer Burnet, ont admiré Moyse;ils l’ont placé parmi les plus illustres législateurs , et ils paraissent même n’avoir pas ignoré les miracles qu’il fît en Egypte. Ce qu’ont écrit ces historiens concerne ou bien les temps fabuleux ou bien des temps nommés héroïques et historiques. Dans le premier cas, nous trouvons quelques rayons de lumière dans les ténèbres mythologiques qui nous font apercevoir le type défiguré de Moyse ; dans le second , des témoignages plus positifs viennent confirmer, dans ses points les plus importants, l’histoire du premier législateur du monde. (2).
Sortie d'Egypte. — Arche d'alliance.
Manéthon, pour jeter du ridicule sur les Juifs, rapporte que Bocchoris , roi d’Egypte , voyant que son royaume était infesté par la lèpre, exila dans un désert tous ceux qui étaient atteints de cette maladie. Ces infortunés choisirent Moyse pour leur chef, parce qu’il avait découvert une source, en suivant les traces d’un âne sauvage. Sous la conduite de ce guide intelligent , ils arrivèrent , en peu de jours, dans la terre de Chanaan. Là , ils résolurent de ne jamais faire usage de la chair du pourceau, animal si sujet à la lèpre, et ils vouèrent à fane un culte de reconnaissance (3).
Les historiens d’Egypte, dans le récit fabuleux de leurs prétendues dynasties, ont confondu Moyse sortant d’Egypte avec Bocchoris, Amosis, Typhon, Nitocris , Gnéphachthus , etc. Nous emprunterons à l’abbé Chapelle quelques-uns de ses ingénieux rapprochemens :