‹ Parallèle du typhus et de la fièvre typhoïdeChapitre 3 sur 8 · C. Lésions cadavériques · texte numérisé non relu

C. Lésions cadavériques

La plupart des altérations anatomiques signalées par les auteurs ne sont que des faits négatifs ou douteux ; aussi n’aurai-je pas à y insister longuement.

a. Tête. — La pie-mère et l’ arachnoïde se laissent enlever avec une facilité anormale. Les vaisseaux de la pie-mère étaient congestionnés dans la moitié des cas , la substance cérébrale présentait la meme congestion dans la moitié des sujets (Jenner, Tholozan).

Une hémorrhagie dans la cavité arachnoïdienne fut observée chez un huitième des sujets; cette hémorrhagie s’était faite avant la mort sans qu’il fût possible d’en trouver l’origine.

La sérosité trouvée à la surface convexe et à la base du cerveau, dans la cavité arachnoïdienne, était considérable. Cet hydrocéphale , qui enlève plusieurs malades atteints de typhus, mérite une sérieuse attention. (Horn, Arch. fur praktische Medizin und Klinik ; juillet 1810. Berlin.)

(3. Abdomen. — Chez 87 morts, l’estomac présenta quatre fois un ramollissement dans toute l’étendue de la membrane muqueuse ; quatre fois le ramollissement près du grand cul-desac était arrivé à un degré tel, que toute l’épaisseur des parois y était ramollie, et qu’une légère pression la perforait.

La membrane muqueuse de l’intestin grêle se présentait à l’état normal ou légèrement congestionnée et ramollie par places; mais point d’ulcérations (Godélier, Tholozan, Jenner, Stewart). D’autres fois on y trouva des ulcérations (Stokes); Magnus IIuss dans son livre (De la statistique et du traitement du typhus et de la fièvre typhoïde , 1855, Suède) les a signalées 24 fois sur 100 autopsies. S’agissait-il, dans ces observations, de typhus bien tranchés ou de cas complexes? J’inclinerais volontiers vers la deuxième hypothèse : il en est de même pour les faits d'A. Flint,

Le gros intestin est normal ; les ganglions mésentériques ne sont jamais tuméfiés pour la plupart des observateurs.

La rate éprouve une augmentation de volume très considérable et en même temps un ramollissement très prononcé. D’après Jenner, les sujets au-dessus de 50 ans seraient à l’abri de ces altérations spléniques.

Le foie, les reins, le pancréas, deviennent assez flasques.

y. Thorax. — Le tissu musculaire du cœur perd sa consistance, il se ramollit (Jenner, Stokes). L’endocarde présente parfois une teinte foncée.

La splénisation lobulaire des poumons avec rougeur et ramollissement de la membrane muqueuse bronchique a été vue fréquemment au Val-de-Gràce et en Irlande (Godélier, Stokes, H. Gueneau de Mussy). Jenner ne l’a jamais rencontrée à Londres.

Je passe sous silence certaines altérations observées dans le typhus; elles sont d’un intérêt secondaire ou indépendantes de cette maladie.

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