C. Étiologie
Au nombre des questions étiologiques qu’il importe d’élucider, il en est quelques-unes du plus haut intérêt et qui réclament une étude particulière, tandis qu’on peut aisément négliger certaines conditions sur lesquelles on a établi des statistiques nombreuses. Parmi ces dernières se trouve l’influence du sexe, de l’àge, de la constitution, des professions, etc., et les conclusions qui en résultent, relativement à la distinction du typhus et de la fièvre typhoïde, présentent un caractère assez douteux pour qu’il soit permis de les passer sous silence. Il n’en est plus de même si, en suivant le mode de propagation de ces maladies, on cherche à en établir le caractère contagieux ou non contagieux. C’est donc cette question que je vais examiner.
Contagion , infection. — Faut-i! considérer le typhus et la fièvre typhoïde comme deux maladies contagieuses? Question diversement interprétée et qui mérite cependant une appréciation rigoureuse par rapport aux règles prophylactiques qui en découlent.
«. Mais avant d’entrer dans cette discussion, il est nécessaire de préciser ce qu’il faut entendre par contagion et infection, car ces deux mots paraissent avoir été détournés de leur signification primitive. Il est, sans doute, assez difficile de fixer d’une manière irrévocable les limites de l’infection et de la contagion ; c’est pourquoi nous laissons parler un observateur éminent, qui a cherché à élucider cette question. « Dans l’infection, dit Dupuytren, la cause première du mal est l’action que les hommes réunis et entassés dans les lieux bas, étroits, obscurs et malpropres, que des substances animales ou végétales en décomposition, exercent sur l’air ambiant; les émanations dont l’air est chargé agissent à la manière d’un gaz délétère. Ce n’est pas ainsi que les choses se passent dans la contagion : ici la maladie n’a plus besoin, pour se reproduire, de l’intervention des causes
qui lui ont donné naissance; elle se reproduit en quelque sorte par elle-même, et indépendamment, du moins jusqu’à un certain point, des conditions atmosphériques. » {Mémoires de r Académie des sciences , 1825). Si l’on réfléchit à cette définition, il devient moins difîicile de trancher la question. En effet, toute maladie transmissible par infection suppose, nécessairement et toujours, l’altération de l’air atmosphérique, et les milieux, d’où se dégagent les principes pathogénésiques, sont autant de foyers qui n’ont d’action que dans une certaine sphère, et sur les individus prédisposés à contracter l’infection miasmatique. A leur tour, ces individus deviennent autant de foyers .d’infection, et répandent dans l’atmosphère des miasmes capables de transmettre la maladie à d’autres individus également prédisposés. Le mal se communique, il est vrai, d’un individu qui en est atteint à un individu qui est sain ; mais ce n’est point par contact, c’est seulement à la faveur de l’intervention de l’air altéré. Il n’y a donc pas alors contagion, mais infection : ceci étant bien établi, les variétés etles distinctions qu’on avait admises dans les différentes contagions deviennent donc à peu près inutiles. Dès lors la surface pulmonaire est évidemment la voie par laquelle les principes délétères pénétreront dans l’organisme quand un contact direct n’aura pas présidé à la contamination.
(3. Développement et propagation du typhus. — Au milieu de quelle circonstance survint le typhus qui sévit si violemment sur l’armée d’Orient? Je laisse parler ici M. Godélier, qui a résumé d’une manière très lucide le développement de cette maladie.
« L’origine du typhus du 50e, dit-il, est parfaitement évidente. Les conditions de long séjour au pied de Sébastopol avaient créé une prédisposition incontestable à son invasion; mais il n’est point, à proprement parler, de provenance criméenne. Il est né sur le Monarque, et du Monarque même.
» Le Monarque est un peu plus grand qu’un vaisseau de guerre
à deux ponts ; mais cet avantage est plus que compensé par l’absence des sabords, dont l’ouverture pendant le jour eût favorisé considérablement l’aération du bâtiment.
» Il est partagé en trois étages. L’inférieur renfermait une grande quantité de matières putréfiables, qui se décomposèrent et donnèrent lieu à un dégagement de gaz méphitiques, auquel il fallut remédier par un nettoyage général courageusement exécuté par le soldat, et par l’aspersion de chlorure de chaux liquide.
» Le deuxième pont, réservé à la troupe, ne recevait l’atmosphère extérieure qu’au moyen de plusieurs conduits verticaux, et ne communiquait largement qu’avec l’étage inférieur, où se déversait une grande partie des miasmes de la cale.
» C’est dans cet espace, occupé par près de 800 hommes, que, dans sa précédente traversée de Marseille à Kamiesh, le Monarque avait logé 350 chevaux, qui y avaient laissé des traces de leur séjour. En ce moment même, il avait fallu placer à l’une des extrémités de cet entrepont quatre chevaux et une demi-douzaine de bœufs. C’était une écurie infecte. Dès qu’on y pénétrait, on était vivement impressionné par une odeur des plus nauséabondes. Telle est l’atmosphère, saturée encore par les émanations de tant d’hommes entassés, qu’il a fallu respirer presque constamment pendant cinquante jours. Que pouvaient les mesures hygiéniques en présence de ces détestables conditions si longtemps subies?
» La troupe recevait deux rations de vin par jour, de la viande fraîche ou salée, du lard, du riz, du biscuit et du pain ; mais les légumes frais firent toujours défaut. Le soldat finit par se dégoûter de la viande et du riz, et la préparation des aliments laissant beaucoup à désirer, il se nourrissait presque exclusivement de café et de biscuit; son alimentation devint alors très insuffisante.
» Ajoutons encore le défaut d’exercice corporel, le mal de mer
par des gros temps et l’ennui, l’ennui presque intolérable d’une situation qui semblait se prolonger indéfiniment.
» C’est au milieu de ces circonstances antihygiéniques si fatalement accumulées que le typhus prit naissance. » (Godélier, Mémoire cité.)
A côté de cette description, le passage suivant d’Ozanam trouve sa place et donne une confirmation complète à l’observation de M. Godélier.
« Qui ne connaît point l’histoire des fameuses assises de Old- Bailey, le 11 mai 1750, où presque tous les assistants périrent, excepté ceux qui se trouvèrent à la droite du président, près duquel une fenêtre était ouverte. Le fait suivant, cité par l’historien anglais Camden, n’est pas moins déplorable :
y> Pendant la tenue des assises d’Oxford, en 1577, pour juger le libraire Roland Jankins et autres détenus qui avaient outragé le roi par des paroles et des écrits injurieux, les exhalaisons que répandirent les accusés dans la salle d’audience, soit par la transpiration de leurs pieds, soit par leur malpropreté (ayant été renfermés pendant longtemps dans des cachots privés d’air), jointes aux émanations d’une assemblée extrêmement nombreuse, occasionnèrent une maladie si terrible parmi les assistants et les juges, que, dans l’espace de quarante jours, plus de trois cents personnes en moururent. Les Anglais appellent encore ce jour-là : The mournful day of justice (le jour noir de la justice). Cependant cette maladie ne fut point contagieuse ; car ces trois cents malades, habitant différents quartiers de la ville, l’auraient communiquée à d’autres personnes, ce qui n’eut pas lieu. C’était proprement une maladie méphitique. » (Ozanam, Op . cit ., t. Ier, p. 50.)
Cette génération spontanée du typhus ne laisse donc aucun doute , et justifie une fois de plus ces paroles de Pringle : « Lorsque, en quelque temps que ce soit, l’air est resserré et renfermé, il en résulte une fièvre d’une espèce particulière et
souvent mortelle. J’ai remarqué la même sorte de fièvre dans des vaisseaux de transport trop chargés de monde et retenus longtemps en mer par des vents contraires; ou bien lorsque, dans des temps orageux, les hommes sont pressés les uns contre les autres, et que les écoutilles sont fermées. » (Pringle, Maladies des armées , 1771, p. 84.)
Quand le typhus s’est développé, à quelles lois est-il soumis dans sa propagation? C’est encore M. Godélier qui en donne le récit :
« Le 3e bataillon de chasseurs n’avait pas eu le typhus en Crimée.
» Le Glascow débarque ses malades à Constantinople, et, sans avoir été nettoyé, comme il devait rentrer en Angleterre, il reçoit à leur place le 3e bataillon de chasseurs et 80 congédiés de divers corps, et part en remorquant le Timovr , abandonné par la troupe, parce qu’il était moins spacieux. On est retenu huit jours à Baïcos, pendant lesquels il y eut peu de malades et nulle apparence de typhus. Mais, dans les trois jours de traversée de Baïcos à Malte, l’équipage anglais de 90 marins donne 12 malades et 1 mort, le bataillon 5 malades, et les congédiés 7. Tous présentaient les mêmes symptômes : fièvre avec agitation, rêvasseries et délire nocturne, prostration profonde, absence de diarrhée. Le docteur France, médecin-major du 3" chasseurs, insiste pour que l’on débarque tout le monde, pour que l’on nettoie le bâtiment et que l’on abandonne le Timour , qui retarde sa marche. On fait droit à ses demandes. Après deux jours de relâche, le Glascow nettoyé reprend la mer avec ses passagers rafraîchis, et il arrive en trois jours à Marseille, le 29. Le docteur France n’eut que 5 ou 6 typhiques à envoyer au lazaret de Marseille; il en avait laissé à Malte 12 du bataillon, sur lesquels 8 ont succombé.
)> Le 30 janvier, le bataillon part de Marseille pour Paris, par étapes. Il dépose en route une vingtaine de typhiques dans les
hôpitaux, et arrive à Vincennes le 3 mars. Dans le courant de ce mois, il a envoyé encore quelques typhiques au Val-de- Grâce. » (Godélier, loc. cit.)
M. Chauffard a aussi insisté sur ce mode de propagation, et je ne crois pouvoir mieux faire que de lui emprunter ses propres paroles :
« Trois ou quatre jours après l’arrivée de ces malades (armée d’Orient), et alors que le typhus me préoccupait, un militaire venant de l’hôpital de Dolma-Batchi fut pris de frisson, de fièvre, de surdité, de délire, et enfin présenta l’exanthème. Peu de jours après, un autre soldat, étranger àl’armée d’Orient, fortement constitué, en séjour dans nos salles pour une fièvre quarte opiniâtre, mais vigoureux encore malgré les fréquentes récidives de cette intermittente, fut aussi frappé et plus terriblement. En rapprochant ces derniers faits, qui d’ailleurs se multiplièrent rapidement, il nous fut impossible de méconnaître les caractères et la présence du typhus contagieux. Pendant tout le mois de mars et la première moitié d’avril, la contagion sévit dans les salles des militaires. Ceux-ci ne furent pas seulement atteints : deux dames religieuses furent saisies, et l’une d’elles succomba. Deux infirmiers des mêmes salles eurent le même sort; l’un d’eux, veilleur de la salle, était sorti le 2/i mars pour échapper à la contagion ; mais il en emportait le germe, et le 31 mars il rentrait à l’hôpital atteint d’un typhus qui l’enleva en peu de jours. Deux autres domestiques de l’hôpital, l’un chargé du soin de l’amphithéâtre et de la salle des morts, l’autre aveugle et préposé aux bains, furent atteints également. Le premier venait habituellement passer F après-midi dans la salle des militaires ; il mourut dans d’horribles agitations, exhalant une odeur affreuse, le corps tout couvert de vibices et de larges plaques ecchymotiques. Le second n’entrait jamais dans les salles infectées, mais il était en communication avec les autres infirmiers et dînait tous les jours à côté de l’un de ceux que la contagion
avait gagnés; il guérit heureusement. » (Chauffard, p. 8.)
Que si l’on examine les faits cités par les auteurs anglais et américains, on trouve que le typhus fever suit dans sa propagation la même loi que le typhus des camps.
En résumant et en s’appuyant sur les faits qui précèdent aussi bien que sur l’opinion de Pringle et d’Hildenbrand, opinion qui rapporte le typhus à l’atmosphère des hôpitaux, des prisons, des camps, altérée et surchargée de beaucoup d’exhalaisons ou de matières organiques en fermentation putride, on peut admettre que le typhus se propage bien moins par un contact direct que par l’atmosphère créée par le malade et pénétrant dans un organisme sain à travers la muqueuse pulmonaire. En un mot, lé typhus des camps, des hôpitaux, etc., n’est pas contagieux (nom sous iequel il a été décrit pendant longtemps) : le typhus est infectieux.
y. Développement et propagation de la fièvre typhoïde . — - Tous les auteurs s’accordent aujourd’hui à reconnaître que l’encombrement et l’arrivée récente dans un grand centre de population ou, en d’autres termes, le non-acclimatement, sont les causes qui favorisent le développement de la fièvre typhoïde, et M. le professeur Piorrÿ a résumé d’une façon très remarquable les divers documents relatifs à ce point d’étiologie. .(Piorry* Traité de médecine pratique, t. III, article Septicémie .)
Mais la propagation du mal peut-elle se rapporter à la contagion? Après M. Bretonneau, M. Marc d’Espine (. Archives générales de médecine , 1849), qui a surtout défendu la contagion, a écrit que les localités ou les maisons dans lesquelles on en observe des cas ne sont pas très nombreuses; mais alors on observe assez souvent que, lorsqu’un cas apparaît dans une famille, d’autres y surviennent, puis les autres. habitants de la maison en sont atteints en partie. «Je me souviens, dit-il, d’une maisou située dans le bas de notre ville, et divisée en un assez grand nombre de petits appartements occupés par des ménages
de modeste condition, qui se trouvait, il y a quelques années, renfermer, dans un même mois d’automne, une quinzaine de cas d’affection typhoïde visités par divers médecins de la ville, soit à peu près le quart des habitants de la maison. Or, à ce moment, il n’existait pas d’épidémie générale d’affection typhoïde, et tous ces cas ont suivi leur évolution sans propager la maladie ni dans la ville ni même dans le quartier. L’année précédente, la même chose était arrivée dans deux maisons contiguës situées dans le faubourg des Eaux-Vives. » Et d’après l’exposition de ces faits, ce médecin conclut que l’affection typhoïde est plus contagieusequ’épidémique. Il serait superflu de chercher d’autres preuves contre la contagion, si cet auteur ne nous fournissait luimême l’argument le plus puissant qu’on soit en droit d’invoquer en faveur de l’infection. Après avoir décrit l’histoire de plusieurs femmes qui prirent le mal en soignant d’autres typhoïques, M. Marc d’Espine ajoute : « Ce qui est remarquable, c’est que les personnes atteintes ainsi par la contagion à des époques et même dans des années diverses, chacune dans une famille et dans une localité différentes, sont toutes du sexe féminin, circonstance encore plus probante en faveur de la contagion; car ce sont les femmes, et non les hommes, qui soignent les malades de leur famille avec le plus d’assiduité et de persistance, puisqu’elles demeurent dans la maison tandis que les hommes vont et viennent à cause de leurs affaires. » Quelle est donc la conclusion à laquelle on est conduit par un des plus zélés défenseurs de la contagion? La fièvre typhoïde se propage avec une très grande facilité dans une même maison, dans un même quartier; les individus qu’elle frappe de préférence sont ceux qui restent constamment à côté des malades, c’est-à-dire ceux qui respirent sans cesse un air vicié par les malades ; tandis qu’elle respecte les personnes qui, ayant eu quelque contact avec des typhoïques, n’ont pas séjourné dans leur atmosphère et ont pu , soit en se promenant à l’air libre, soit en se transportant dans un milieu
exempt de toute souillure, annihiler l’irifluenee des quelques miasmes inspirés. Mais puisqu’il faut un séjour prolongé à coté des malades, comme le fait est démontré par M. Marc d’Espine lui-même, la propagation du mal n’a donc pas lieu par conta gion ; c’est plutôt par infection que se communique l'affection typhoïde.
Si maintenant on passe en revue les faits avancés par MM. Bretonneau, Leuret, Gendron et Louis, en faveur de la contagion de la dothiénentérie, on arrive encore au même résultat Ainsi, en se résumant, M. Gendron dit que les douze épidémies qu’il a observées offrent toutes l’exemple d’un individu important la maladie qu’il avait contractée dans un lieu plus ou moins éloigné, auprès d’individus atteints de la même affection. Les membres de la famille étaient d’abord atteints, et, ajoute cet observateur, « la maladie était ensuite communiquée aux per* sonnes qui étaient le plus en relation avec elle. » Or, est-ce ur caractère de contagion plutôt que d’infection, et l’infection ne seraiGelle pas ainsi démontrée parM. Gendron.
Mais, a-t-on dit, ce qui caractérise une infection, c’est que plusieurs individus soumis à la même influence sont frappés simultanément. Bien que dans l’état actuel de la science il ne soit pas possible de préciser le temps que réclame une maladie pour que l’infection puisse avoir lieu, il est permis toutefois d’affirmer qu’un séjour de longue durée auprès d’un typhoïque est nécessaire pour la propagation du mal. D’ailleurs ne voit-on pas chaque jour plusieurs individus exposés à un même foyer d’infection être inégalement atteints? Les fièvres intermittentes que Rœderer et Wagler ont rapprochées de l’affection typhoïde, ne frappent-elles pas d’une manière très peu uniforme des groupes d’individus qui ont pourtant été soumis aux effluves marécageuses pendant le même espace de temps? Cette objection ne peut donc être soutenue avec succès, puisqu’elle manque de vérité dans la maladie infectieuse par excellence, les fièvres D. U
marématiques. De plus j’ai recueilli l’observation de plusieurs individus frappés de la lièvre typhoïde dans les salles des hôpitaux, alors qu’ils étaient venus réclamer des soins pour d’autres souffrances; dans ces circonstances, il n’y eut aucune communication avec des gens primitivement atteints, et c’est l’air des salies qui, agissant d’une manière continue, avait dû infecter ces personnes. Plusieurs auteurs, il est vrai, et principalement M. Bretonneau, ont admis que la contagion pouvait s’opérer par les linges et la literie qui avaient servi antérieurement à d’autres typhoïques; à cet argument, qu’on peut considérer comme le dernier refuge des contagionistes, je répondrai par quelques paroles empruntées elles-mêmes à un partisan de la contagion : « Puisque c’est par les poumons et non par la peau qu’agissent les matières putrides, il en résulte qu’il faudra plutôt éviter une habitation insalubre et la respiration d’un air altéré que le contact sur le tégument des substances présumées capables de produire la contagion de la septicémie. » (Piorry, loc. cit.) Enfin, l’immunité que les vieillards semblent posséder vis-à-vis la fièvre typhoïde, ne vient-elle pas donner une confirmation à cette manière de voir ? « Les vieillards, en raison de l’atrophie de leur appareil aérien et de la réduction de leur pouvoir respirateur, se ressentent moins des inconvénients de l’air confiné, et, dit M. Michel Lévy, la rareté de la fièvre typhoïde, à cet âge, serait-elle due à cette circonstance? » ( Traité d'hygiène, 1850, t. I, p. 6â3.) L’organe pulmonaire est donc, pour tous ces observateurs, la voie de communication du mal.
Si l’on lient donc à simplifier cette question, on avouera qu’il 11e s’agit plus alors de contagion, et que cette propagation du mal est celle qui a été décrite plus haut (a) sous le nom d’infection, et l’on est en droit d’émettre des doutes sur la propriété contagieuse de la fièvre typhoïde; peut-être serait-il plus rationnel d’admettre que cette maladie se communique par infection, caractère qui rapprocherait ces deux typhus, le typhus des
camps et le typhus abdominalis des Allemands ou lièvre typhoïde de Paris.