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les troubles durables, lésions plus profondes de la substance nerveuse qui, ne pouvant se régénérer, n’accomplit plus ses fonctions dans les zones lésées; parfois une suppléance peut s'établir, notam ment pour l’aphasie, mais le plus souvent, le malade est infirme pour la vie.
Nerfs.— Les nerfs peuvent être atteints, indépendamment de toutes lésions de la moelle, et alors le plus souvent dans leur seule extrémité phériphérique ; la lésion peut remonter sur une partie plus ou moins considérable de leur
trajet : enfin à la névrite, peut s'ajouter une lésion médullaire.
Nous avons fait ailleurs l'historique des névrites périphériques: nous nous occuperons ici des seules lésions.
La névrite peut être parenchymateuse, attaquant l'élément noble du cordon nerveux, ou inlerstitielle, désorganisant le tissu de soutènement.
Dans la névrite parenchymateuse, on remarque la segmentation de la myéline, la prolifération des noyaux des segments interannulaires, la disparition du cylindre-axe, latrophie plus ou moins complète des fibres nerveuses.
On peut rencontrer la myéline à différentes périodes de segmentation : fragmentation en blocs ou en boules, formation de fines granulations pouvant disparaître et ne laisser du nerf que la gaine de Schwann vide, avec de loin en loin un noyan coloré par le carmin (Pitres et Vaillard) (1), degrès différents d’un même processus débutant par la segmentation, aboutissant à la gaine vide.
Ailleurs, c’est la névrite péri-axile de Grombault, respectantle cylindre-axe,troublant la disposition de la myéline dont
(4) Pitres et Vaillard.— Arch. de Neurologie, 1883, tom. V, p. 191 et 390 ; tom. VI, p. 180.
PT A les bords sont festonnés (phase préwallérienne de la névrite parenchymateuse). ah |
Ailleurs, on trouve des fibres nerveuses grêles conan un cylindre-axe; leurs étranglements annulaires sont plus rapprochés les uns des autres qu’ils ne le sont dans les fibres adultes ; ce sont là probablement des fibres nerveuses en voie de régénération. Car, contrairement aux cellules nerveuses, le nerf, lorsque le processus s'arrête, se régénère (1). C’est de la limite supérieure de la lésion que partent les nouveaux tubes nerveux ; par des processus variés, on voit se former, soit des tubes de myéline, soit des fibres de Remak sans moelle, tubes qui ont l'aspect grêle que nous venons d'indiquer. [ls pénètrent dans les vieilles gaines de Schwann qui ont été conservées, nous l'avons vu, ou bien les entourent, restent libres et se complètent. On comprend, dès lors, comment les fonctions, un instant abolies sur un territoire plus ou moins étendu, puissent être restaurées d’une façon très complète.
Les diverses lésions, ci-dessus décrites, sont très disséminées dans un même cordon nerveux; à côté de tubes à myéline fragmentée, on rencontre des bide de petit calibre, des gaines vides et des fibres avec de la névrite péri-axile. Dans les formes à évolution lente (paralysies épilogues), les gaines vides et les tubes de petit calibre prédominent.
La névrite intershitielle, inflammatoire, est caractérisée par la prolifération du tissu conjonctif interfasciculaire ; dans les
cas aigus : gonflement du tronc nerveux (Eichhorst, Leyden), |
dilatation des vaisseaux, extravasations sanguines (Éichhorst, Rosenhein), amas pigmentaires (Leyden).
(1) Mareigney.— (Th. Paris, 1883).
Assary.— (Th. Paris, 1886).
ie névrite intérstitielle Perl causer les accidents aigus rapides.
Il y a enfin des cas dé névrite mixte primitive (s'étendant d'emblée aux tubes et à l'enveloppe) ou secondaire, débutant alors habituellement par le tissu conjoncetif qui, plus tard, étrangle les tubes ; d’où névrite parenchymateuse.
La lésion peut être diffuse ou généralisée, elle peut se limiter à un membre, à un segment de membre, à certains groupes musculaires, quelquefois à la sphère d'innervation d’un tronc nerveux périphérique; généralement, elle intéresse un nombre plus ou moins grand de troncs nerveux, sensitifs, moteurs ou mixtes, crâniensou médullaires. Tantôt la lésion est plus forte sur les nerfs moteurs, tantôt sur les nerfs sensitifs.
La névrite parenchymateuse présente son maximum d’intensité dans les ramuscules terminaux, les plaques de Doyère. Parfois les troncs nerveux ne présentent alors aucune lésion, mais plus souvent la lésion remonte le long du nerf, jusque dans les plexus et les racines, voire même dans la moelle, s’atténuant d'intensité de la périphérie vers les centres. En certains cas, les racines sont fortement atteintes et s’accompagnent d’une lésion des cellules motrices.
Gaucher a décrit une névrite des racines antérieures rachidiennes, caractérisée par la disparition de la myéline, la multiplication et l’augmentation du volume des noyaux de la gaine de Schwann, avec intégrité complète du cylindreaxe et de la moelle épinière.
Parfois, l'invasion du tronc nerveux se fait d'emblée dans toute son étendue ; c’est rare.
En résumé, on peut dire que les troubles moteurs fugaces, survenant à l’occasion des infections aiguës, reconnaissent, comme lésion causale, une névrite parenchymateuse
localisée aux ramuscules terminaux; les paralysies d’origine périphérique plus tenaces peuvent avoir comme lésion déterminante soit une névrite parenchymateuse, soit une névrite interstitielle légère. Quant aux paralysies périphériques à tableau bruyant, elles reconnaissent comme origine une névrite interstitielle. SR |