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Guéri rapidement sous l'influence du traitement, il se portait bien depuis cette époque.
Il reconnaissait quelques excès de bière, mais pas d’alcool.
La maladie commença en novembre 1893, par quelques douleurs au niveau de l’os malaire gauche, durant trois mois, trainant ensuite jusqu’en avril 1894. À cette époque, il eut de violentes douleurs sur le vertex et le côté gauche de la tête, presque quotidiennes, l’obligeant à cesser son travail. Ceci dura jusqu’à la fin de mai, époque à laquelle il cessa de travailler ; il remarqua alors que sa bouche était déviée à droite.
En août 1894, il fut encore pris d’une douleur cuisante du côté gauche de la face, mais parvint à travailler jusqu’au 1er septembre 1894.
Son œil gauche s’enflamma alors ; il fut alors traité pendant un mois à l’hôpital d’ophtalmologie et finalement on lui fit l’énucléation.
Au commencement de janvier il eut des vomissements, survenant à peu près une demi-heure après le repas et durant trois mois, accompagnées de vives céphalées ; pendant la même période, il constatait l’inflammation du côté gauche de la bouche de la joue et de la langue; dans la dernière année sa parole était devenue défectueuse.
Au moment de son admission, cet homme avait le teint terreux, avec des cheveux gris, l’are sénile, il était surtout pâle, anémique, présentant quelques taches pigmentaires aux jambes, mais là seulement.
Les artères étaient sinueuses et indurées, son pouls normal et régulier.
Il avait une douleur cuisante dans la région temporale gauche qui présentait une très grande sensibilité à la pression.
Son esprit était clair, bien qu'un peu lent ; il n’avait pas d’étourdissements.
La parole était notablement modifiée, quoique intelligible.
L'œil gauche avait été enlevé mais le droit ne présentait aucune paralysie et sa pupille réagissait à la lumière et à l’accommodation ; le fond de l'œil était normal; en faisant porter le regard à droite, on provoquait un léger degré de nystagmus. Il y avait paralysie de tous les muscles innervés par le facial gauche, excepté ceux des paupières et du front.
La région innervée par le trijumeau du côté gauche était complètement anesthésiée, et il y avait aussi paralysie et atrophie du temporal et du masseter gauche ; sans doute aussi du pterygoiïdien externe, car la bouche était ouverte et le menton dévié à gauche.
La peau de la face à gauche présentait un léger degré de sclerème (glossy), mais il ny avait ni chute de cheveux ni aucun autre trouble trophique.
La corde vocale gauche restait en position cadavérique et ne bougeait pas au moment de l'émission des sons.
La luette était tirée à droite, le pilier du voile du palais étant relâché à gauche avec diminution du reflexe palatin.
Il n’y avait ni para]ysie, ni atrophie de la langue qui pouvait être portée en avant ; mais il se plaignait de vives douleurs du côté gauche et de maux de dents du même côté. Les mouvements étaient normaux dans les muscles de la tête et du cou.
La main serrait avec moins de force du côté droit et les reflexes du bras étaient exagérés, mais il n’y avait pas de troubles sensoriels ni moteurs. ;
La démarche était plutôt pénible et raide. Il n’y avait pas de faiblesse des jambes, mais les reflexes patellaires étaient exa-
Ag es
gérés ; le clonus du pied pouvait être obtenu. Il n’y avait aucun trouble du côté de la vessie ou du rectum.
À la poitrine et à l’abdomen, rien d’anormal, sinon le foie légèrement hypertrophié. La densité de l'urine était de 1008, seutre, ne contenait ni albumine ni sucre; il y avait une légère diminution des urates,
On administra une potion contenant de l’iodure de potassium et du mercure; mais le malaise continua jusqu’au 25 avril où il commença à avoir de la difficulté à avaler, Ces accidents s’amendérent en quelques jours mais se reproduisirent si bien que des accès de spasme survenaient au moment de la déglutition avec rejet des liquides avalés, On dut employer la sonde pour lali menter. |
11 avait alors une toux accompagnée d’expectoration mu-
queuse ; il avait des signes de bronchite et de broncho-pneumo :
nie à la base du poumon droit et la température qui jusque-là était normale monta à 101°,6 F pour retomber le jour suivant à la normale.
Ces accès d’étouffement augmentaient de fréquence, exténuaient le malade déjà très affaibli par le peu de nourriture qu'il prenait. Cet état se prolongea jusqu'au 17 mai, époque de la mort, à peu près six semaines après son entrée.
La nécropsie fut pratiquée par le docteur Hall. La dure-mère n’était pas adhérente au cerveau, sauf au niveau du lobe gauche du cervelet, et sur l'étendue d’environ un pouce sur le milieu du dernier tiers de la circonvolution temporo sphénoïdale où elle était solidement fixée ; la région corticale sous-jacente était atrophiée.
La paroi interne du sinus droit était épaissie et donnait la
sensation d’une corde, quoique la lumière fût encore perméable,
Sur le pédoncule cérébral gauche, s'étendant jusqu’à la partie moyenne du pont, il y avait une gomme allongée mesurant un demi pouce sur un demi ; ferme, grise, brillante, avec caséification centrale. Le pont était plus large que normalement et paraissait ramolli.
Les artères de la base étaient normales. Le ganglion de Gasser gauche était atrophié, moitié moins large que le droit, quoiqu'il n’y eut aucune altération au pourtour. — La racine et les branches du trijumeau étaient toutes minces et atrophiées. La moitié gauche de la moëlle était atrophiée et représentait les 3/4 de la moitié droite. Il y avait un peu de dégénérescence des nerfs facial et vague. Pas d'altération macroscopique sur la moëlle fraiche.
Il y avait atrophie très marquée des muscles intrinsèqués du larynx du côté gauche, et aussi de l’aortite syphilitique bien nette. À la base des potmons, pneutnonie sauf à la partie la plus inférieure du poumon droit où il y avait üne masse de tissu fibreux pigmenté ; la plèvre sous jacente étant épaissie,blanche, opaque; resté évident d’une lésion syphilitique. Les autres organes étaient normaux. Le D' Hall porta dans cette circonstance le diagnostic de gomme cérébrale intéressant le pont et provoquant des symptômes de paralysie alterne ; il fait suivre son observation de quelques réflexions relatives à la valeur des troubles sensitifs chez ce malade aü point de vue de la localisation exacte de la lésion; ces données sont du reste empruntées à Starr.
OBSERVATION VI. — (Maurice Die et Alfred MEILLON)
Paralysie complèle de la corde vocale droite chez un malade alleint d'une variété du syndrome de Millard-Gübler..
M. Z..., concierge, 16, quai d'Orléans, est âgé de 73 ans. Ses parents sont morts âgés; il n’y a pas eu d’hémorrhagie cérébrale dans sa famille. Il a lui-même joui d’une excellente santé, exerçant sans interruption la profession de postier. Il s’est marié jeune et a eu trois filles qui sont vivantes‘et fort bien portantes.
Le 13 janvier 1894, sur le pas de sa porte il est pris d’étourdissements, se sent comme ivre, les phénomènes ne durent qu’un instant. Jusqu'au soir il ne ressent aucun trouble et dine avec appétit. Dans la soirée, au cours d’une partie de cartes, il pälit brusquement et se renverse dans son fauteuil avec une sensation d’étourdissement, sans perdre toutefois connaissance.
A ce moment, un symptôme frappant se manifeste, c’est une aphonie presque absolue; mais sans aphasie ni trouble mental d'aucune sorte. Il peut à ce moment gravir seul une sorte d'échelle qui le conduit à son lit, ce qui montre bien qu’il n’était pas frappé de paralysie des membres.
Cependant, dans la nuit, il s’affaisse constamment sur le côté gauche. Le lendemain il se plaint d’une sensation qu’il compare à un masque placé sur la moitié droite de la figure. Il n’y a pas de chute à la paupière ni de diplopie; mais les muscles de ce côté sont parésiés ; la mimique est moins accentuée que du côté sain.