CHAPITRE IV
Mécanisme-Pathogénie.
Les paralysies traumatiques du nerf radial jusqu'ici étudiées ont démontré que deux cas peuvent se présenter : Ou bien la paralysie est immédiate, survenant tout de suite après la fracture, ou bien elle n’apparaît que quelques semaines après, au moment de la consolidation complète. Maintes fois les fractures de la diaphrse humérale ont permis de faire cette observation.
Nous allons montrer qu’il en est ainsi également, dans les fractures du coude, ou du moins de lépiphyse inférieure de l’humérus.
Dire si la paralysie est immédiate ou tardive, c’est une
simple affaire de constatation ou plutôt d'observation.
Mais cela ne suffit pas et pour les paralysies immédiates,
par exemple, il est nécessaire dans chaque cas, de savoir à quel genre de traumatisme nerveux on a affaire, et par quel mécanisme la paralysie est survenue. Gette discussion suppose la connaissance de la pathologie des trau-
matismes nerveux. Bien des fois e'le a été étudiée, sinon
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à propos des fractures du coude ; du moins, au sujet des fractures de la diaphyse humérale et surtout dans le cas de luxation de l’épaule.
Malgaigne (Archives de Médecine 1836) réduit à trois les causes des paralysies par luxation scapulo-humérale :
1° Commotion des nerfs. |
2° Tiraillement des nerfs.
3° Déchirement des nerfs. J
M. Nélaton dans ses éléments de pathologie chirurgicale donne cinq théories principales sur les causes de la paralysie des muscles de l’épaule :
1° Déchirure des nerfs.
2° Compression des nerfs.
3° Contusion nerveuse.
4 Commotion nerveuse.
5° Lésion du tissu musculaire.
Voilà déjà une énumération qui nous enseigne la marche à suivre.
Mentionnons en passant la théorie émise par Malgaigne et développée par Empis dans sa thèse inaugurale (1850): « La paralysie pourrait tenir à un état spécial de la fibre « musculaire en raison duquel], elle aurait perdu momen- « tanément son irritabilité et elle resterait insensible et « inerte devant le stimulus nerveux, de la même façon « qu’elle reste impassible au stimulus galvanique ».
M. Debout fit en 1852 une communication à la Société de chirurgie, où il soutient que la contusion, la compression et la distension des muscles peuvent amener la para lysie. Nous n’avons plus à faire ici la part de ce qu'il y
a de fondé ou de faux dans cette théorie ; Malgaigne lui-