‹ Paralysie agitante: Maladie de ParkinsonChapitre 4 sur 19 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION PREMIÈRE (Personnelle)

Recueillie à la clinique des maladies des vieillards (service de M. le professeuragrégé Vires).

Paul Serv.…., 57 ans, cultivateur. À été admis à l'Hôpital- Général, en janvier 1894, après être resté deux mois dans le service de M. le professeur Carrieu, à l'Hôpital: Suburbain.

Antécédents héréditaires. — Père mort, à 65 ans, de fluxion de poitrine ; mère âgée de 79 ans, bien portante; une sœur morte à T ans ; une autre sœur a eu une tumeur blanche du genou : un frère (43 ans) bien portant.

Antécédents personnels.—A gardé pendant deuxans les fièvres paludéennes, de 18 à 20 ans — 2 fluxions de poitrine — dit

avoir été de tout temps très sujet aux migraines et aux névral-

gles ; pas de syphilis ; pas d’habitudes éthyliques ; ne s’est

(jamais marié. 147, l

Voici comment le malade nous s raconte son affection. ya environ six ans, il à commencé à sentir de la raideur dans ses bras, et bientôt après il n’a plus pu travailler. Ce n’est qu'un an et demi après qu'il a commencé à trembler des deux mains à la fois, et il dit que, vers la même époque, il a commencé à éprouver une sensation de brûlure dans la région épigastrique

| g — 19 — DT en même temps qu’une sensation de chaleur générale. Puis est survenu de la difficulté pour marcher et une fatigue très rapide au moindre effort. Il y a trois ans, il marchait encore assez bien, tandis que maintenant il « ne peut remuer ses jambes du premier coup et est obligé d’attendre qu’elles se lèvent d’ellesmêmes» (sic); il a beaucoup de peine à s'arrêter et, pour le faire, … est parfois obligé d'aller se butter contre un objet résistant (mur, porte, lit), jamais de chute cependant. Il fait assez souvent quatre ou cinq pas en arrière sans pouvoir se retenir.

Il prétend éprouver parfois une certaine gêne pour parler du côté droit de la bouche ; il parle, au moment de l'examen, assez bien, peut-être avec un peu de lenteur.

-La mémoire parait très bonne et ses réponses dénotent de | + l'intelligence, surtout chez un sujet d’un rang social peu élevé et dépourvu d'instruction (il ne sait ni lire ni écrire) ; il y voit. bien, entend bien et ne signale de troubles du côté d’aucun ; appareil. LA ‘ Se ER

Il urine très souvent. |

Son état n’a jamais présenté de rémissions.

Comme donnée étiologique, il ne nous fournit pas grand È chose : il y a une quinzaine d’années, il a eu une perte d'argent; : vers la même époque, un coup de pierre dont il porte la eica= trice sur la région frontale dorsale ; jamais d’ictus ni de paralysie:

L'aspect de Serv…. est celui de quelqu'un de très hébété, il est figé, les yeux presque immobiles ; et ce manque de toute expression contraste avec ses réponses. | |

Il est assez fortement voûté des épaules et a le cou tendu et raide. : | Les deux mains sont agitées d’un tremblement rythmique d'une façon à peu près égale ; c’est toute la main qui tremble et, au premier moment, on ne reconnaît pas les mouvements classiques de filer de la laine, de rouler des pilules ou un

M le as 3:

crayon, Toutefois, dans la suite de notre examen, en fatiguant, le malade par nos investigations, nous voyons les tremblements

augmenter beaucoup d'amplitude et devenir caractéristiques. Le tremblement disparait pendant que le malade fait un mouvement volontaire, mais il reparaît dès que le malade arrête son mouvement, alors mème que le malade tienne un objet et soit, par conséquent, en état de contraction volontaire.

Les jambes et les pieds présentent également du tremble-

ment, évident surtout quand le malade est allongé. La tête tremble légèrement, mais cela paraît plutôt tenir à une trans-

mission qu'à un mouvement propre ; de même pour la langue. Le cou est raide et les mouvements de la tête très limités,

. les bras sont raides, l’élévation du bras est limitée — les jambes sont assez raides. — Tous les réflexes paraissent exagérés.

On est très frappé par l’excessive lenteur des mouvements

du malade, en particulier quand il quitte sa veste. Cette lenteur

n’est pas proportionnée au degré de raideur que nous avons

* constaté; d'autre part, cet acte de quitter ou de remettre sa

veste amène de la sueur et augmente le tremblement de la

tête.

Serv... se lève et s’assied sans trop d'efforts, tout d’une

pièce, se laissant tomber pour finir de s’asseoir, s’arc-boutant sur la jambe qui rose en arrière pour se pousser afin de se

relever.

Il marche en se lançant en avant, tourne tout d’une pièce. Il cède assez facilement aux impulsions et aux attractions en avant et par côté, mais y résiste tout de même, tandis qu'en arriére, il cède tout de suite à l’attraction et perdrait l'équilibre s’il ne faisait quelques pas en arrière.

Pas d’atrophie musculaire ni de déformation. Par son

* aspect, son attitude et les symptômes qu'il présente, Serv….. nous paraît réaliser un type à peu près complet et tout à fait

classique de maladie de Parkinson.

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