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L'aspect figé, l'air hébété, contrastent avec les réponses intelligentes et précises du malade, qui analyse fort bien ses sen-
sations.
Les mouvements sont très lents {nous avons pu nous en rendre encore mieux compte en assistant à un de ses repas, chez
lui, où nous étions allé compléter nos renseignements).
Une fois lancé, la marche est assez facile, mais il est pénible, d’abord, de partir, puis de s'arrêter et de se retourner. Il ne peut tourner sur place et est obligé de faire un ou deux pas en avant, de manière à aller décrire un arc de cercle.
En marchant, 1l accélère progressivement son allure et finit par aller très vite.
Il s’assied tout d'une pièce, après s'être, d’abord, fortement fléchi en avant et avoir saisi le siège avec les deux mains ramenées en arrière. L'acte de se relever lui est extrémement pénible et difficile. Il s’are-boute sur ses jambes et est obligé, ou de se faire aider, ou de s’accrocher à un objet placé au-devant de lui ; il lui faut plusieurs secondes, une fois relevé, pour retrouver son équilibre.
IL présente, à un haut degré, le phénomène de rétropulsion : la plus faible attraction ou impulsion le précipite en arrière ; il a aussi de la propulsion.
Depuis un an, il nous raconte qu'il s’est laissé choir assez souvent chez lui ou dans la rue, surtout en arrière.
Il accuse un besoin très vif de changer de place et préfère marcher tout le temps ; il insiste beaucoup sur les phénomènes douloureux : céphalée et douleurs dans les membres.
L'attention est attirée sur les modifications qui portent sur les mains, toutes deux tuméfiées et violacées, avec une prédominance très marquée pour la gauche. |
D'après le malade, ces troubles vaso-moteurs seraient plus accentués en hiver; cependant, ils persisteraient, à un certain degré, pendant toute l’année.
En raison de ces phénomènes, on prescrit au malade des gouttes d’une solution de trinitrine à 1 0/0: 60 gouttes, associées à 10 grammes de borax dans 300 grammes d'eau, à prendre une cuillerée, matin et soir. |
Le 6 mai, M. vient, comme toules les semaines, chercher ses médicaments à la consultation externe. Sa main gauche a bien conservé sa teinte cyanosée, mais elle n'a plus l'as. pect que, d’après l’aquarelle, elle présentait en 1897, et qu’elle avait encore au moment de notre examen antérieur du 4 mars. Il y a bien moins d'œdème, il n'y a pas cet aspect gras; la peau est toujours cyanosée, mais est plutôt sèche et parcheminée.
OBsERVATION IV
(Personnelle)
Recueillie à la clinique des maladies des vieillards, (service de M. le professeuragrégé Vires).
Philippine Jouffl.., 69 ans, marchande de charbon, salle Sainte-Marie, n°20. À été admise, en février, à l'Hôpital-Géné ral, après cinq mois passés dans le service de M. le professeur Grasset, à l'Hôpital-Suburbain.
Antécédents héréditaires. — Assure qu’elle est la plus jeune de 22 enfants, et que sa mère avait 56 ans, son père 74, lors de sa naissance. De 22 enfants, 3 seulement vivent encore, pas de nerveux. Un frère, mort âgé, a présenté du tremblement.
Antécédents personnels. — Ne marchait pas encore à 3ans: à 11 ans, fluxion de poitrine : s’est mariée à 24 ans, Jamais d'enfants. Depuis l’âge de 34 ou 35 ans paraît avoir éprouvé quelques phénomènes nerveux.
C'est à cette époque qu’elle fait remonter le début de l’affection actuelle, elle à été alors affectée par deux longues mala-
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— — dies successives de son mari, qui l'ont amenée à se surmener (elle. estrestée 37 nuits sans se coucher), mais, après cela, elle est restée un an et demi couchée, souffrant de douleurs | rhumatoïdes, accompagnées d’une grande faiblesse.
Il y a 8 ou 9 ans, elle a commencé à trembler de la main gauche et le tremblement s’y est limité pendant 3 ans, avant d’envahir la droite : en même temps, elle a éprouvé de la rai- ‘ deur dans les aihhée et de la difficulté à marcher.
Depuis 3 ou 4 ans, elle a de la peine à allonger ses jambes : ; elle a marché seule pour la dernière fois il y a 6 mois ; à l'HÔpital-Suburbain, elle a marché quelquefois en s'appuyant sur deux personnes.
Actuellement, la malade est immobilisée aulitetestincapa- , ble de s’y déplacer ; il faut qu’on la soulève et qu’on la tourne comme un COrps inerte pour l’examiner ou pour la soigner.
Les deux mains sont continuellement agitées par un mou-
vement rythmique assez ample. C'est toute la main qui tremble,
la main gauche plus fortement que la droite ; les avant-bras trembient aussi et ont un mouvement alternatif léger de pro-
NE ee , nation et de Supination, de sorte que, dans son attitude ordi-
naire, les mains presque réunies et appuyées sur la couverture, elle a plutôt l'air de tricoter que de filer de la laine ou de rouler des pilules ou un crayon, entre les doigts ainsi que le veut la comparaison classique.
Le trembiement des mains existe au repos et diminue, sans
disparaître complètement, au cours des mouvements volontaires, de sorte que la malade est incapable de manger seule. * Les jambes présentent un très léger degré de tremblement ; la tête, elle aussi, tremble, du moins le maxillaire inférieur ; la lèvre inférieure est successivement abaissée el relevée, (gri-. mace du lapin), Landis que le nez se pince. Ce mouvement est surtout évident quand la malade est fatiguée.
Les yeux sont fixes ; l'air hébétc.