‹ Paralysie agitante: Maladie de ParkinsonChapitre 7 sur 19 · SO · texte numérisé non relu

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Les bras présentent de la raideur, le gauche surtout. Quant à la main gauche, elle mérite une description particulière : le pouce est fortement fléchi et contracturé, les autres doigts

sont aussi repliés et, si on peut arriver à les défléchir partielle-

ment, on ne peut les amener jusqu'à l'extension complète. Les jambes sont contracturées, fléchies sur les cuisses, les

talons presque ramenés jusqu'aux fesses avec une prédomi-

nance à gauche ; on peut arriver à les étendre environ jusqu'à 120 degrés.

Les réflexes paraissent abolis.

La malade a un teint cachectique, les muscles des membres sont atrophiés, il n’y a plus d’interosseux ; plus d'éminences thénar ou hypothénar.

Il y a une escarre fessière qui contribue à Mr les douleurs générales que la malade éprouve un peu partout.

Elle éprouva constamment une sensation de chaleur.

‘Pas de troubles du côté des sphincters.

Malgré cet état avancé, la malade paraît avoir conservé

toute la lucidité de son intelligence, elle parle assez facile-

ment. Mais notre examen a semblé la fatiguer.

Le diagnostic de maladie de Parkinson a été porté à l'entrée de la malade à l'Hôpital-Suburbain ; les troubles ont beaucoup augmenté depuis et il semble bien que la maladie soit arrivée à une période avancée de son évolution.

OBSERVATION V (Personnelle)

Recueillie à la consultation médicale de l'Hôpital-Général (Service de M. le professeur-agrégé Rauzier)

Théophile F..., 5T ans, ancien chapelier, vient à la consultation externe le T janvier 1899.

RU Le

Antécédents héréditaires. — Père mort, à 55 ans, d’occlusion intestinale ; mère morte en couches ; deux frères morts : l’un d'une fluxion de poitrine, l'autre d’une maladie de cœur ; trois autres coilatéraux bien portants.

Antécédents personnels.— À eu l’influenza en 1889 ; en 1890, une angine couenneuse; pas de syphilis; pas d’habitudes éthyliques ; ne fume pas.

Le malade raconte qu'il tremble de la main droite depuis deux ans et qu'il traîne la jambe de ce même côté; il a la sensation quand il marche qu'il va tomber en avant. Cela est survenu progressivement, sans cause qu'il puisse signaler.

Etat actuel. — Y1 marche difficilement, la plante du pied droit traînant un peu. Le tremblement est localisé à la main

droite, il est rythmé, très ample, peu fréquent, il existe au

repos et ne s'exagère ni ne diminue au cours des mouvements volontaires. Il écrit difficilement ; dans cet acte, cependant, le tremblement paraît diminuer. Pas de tremblement dans d’au-

tres régions. Ün certain degré de raideur dans le bras droit ;

pas de raideur appréciable à la jambe.

Aucun trouble du côté de la sensibilité; pas de céphalée ; pas de troubles sensoriels ; les pupilles sont égales et régulières ; les sphincters fonctionnent normalement. L'intelleet est bien conservé. On remarque que les réflexes sont plus marqués à droite, au membre inférieur aïnsi qu'au membre supérieur.

L'appétit est bon. Rien de particulier du côté de l'appareil cardio-vasculaire ; pas de signes d’artério-sclérose. L'analyse des urines à été pratiquée et n’a rien décelé.

Diagnostic. — Le malade ayant lui-même, lors de l’interrogatoire, quand nous le questionnions dans le sens de l'étiologie, signalé que sa profession de chapelier lui avait fait manier du mercure, nous songeons d'abord au tremblement mercuriel ; mais il a cessé son métier de chapelier il y a sept ans, alors

— 924 — 3 que le début de l'affection qu'il présente remonte seulement à deux ans.

D'autre part, le malade ne présente aucun stigmate d’hystérie (pas de zones anesthésiées ou hystérogènes, champ visuel normal), ni de signes de névrite périphérique, or, c'est par ces deux processus que les auteurs expliquent le tremblement mercuriel. Nous écartons donc ce diagnostic. ATEN

Si ce tremblement était fonction d’une lésion cérébrale, on aurait des commémoratifs d’ictus, de la PÉRIESE, de la céphlée: tout cela n'existe pas.

La sclérose en plaques pourrait produire du tremblement, mais les caractères en seraient différents ; la parole n’est pas scandée. Ë

M. le professeur Rauzier fait remarquer que le tremblement a tout à fait la forme du tremblement parkinsonnien; à l'appui de ce diagnostic, auquel il s'arrête, il rappelle que ce malade a présenté un peu de raideur dans le bras, qu'il traîne le pied droit, et il fait remarquer que ce malade, sans présenter le maintien et le facies typiques, ést un peu raide dans son aspect; il accusait de la propulsion en avant, et on constate qu'il cède, en effet, très facilement aux attractions où aux impulsions.

M. Rauzier fait remarquer que, s’il est assez ordinaire que la maladie de Parkinson débute d'un seul côté, le cas est rare d’une localisation unilatérale depuis deux ans.

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