CHAPITRE II
Opérations sur les sinus par voie frontale
et orbitaire
Nous sommes maintenant en posession des éléments qui nous permettront de comprendre facilement la technique des multiples opérations sur les sinus et la paralysie du grand oblique qui en est souvent le résultat.
Nous allons donc dans ce chapitre étudier les différents procédés qui nous permettent d’atteindre les sinus, et d’après leur description nous déduirons celui qui est préférable et qui a le moins de chance de léser le grand oblique.
La chirurgie des sinus a fait éclore de nombreux procédés opératoires ; nous pouvons néanmoins les ramener à trois types principaux d’après la voie d'accès qu'ont prise les chirurgiens pour atteindre les cavités pneumatiques.
1° Trépanation de l'os frontal, permettant de pénétrer dans le sinus frontal par sa paroi antérieure : Procédé de Luc,
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2e Trépanation de l'os frontal et du rebord orbitaire, permettant de pénétrer dans le sinus frontal par la paroi antérieure et inférieure : Procédé de Kuhnt.
3: Trépanation de l'os frontal d’une part, et de la paroi orbitaire du sinus d’autre part, laissant intact le rebord orbitaire comme un pont osseux entre les deux trépanations : Procédé de Xillian.
4° Trépanation de la paroi orbitaire du sinus seulement : procédé des ophtalmologistes communément appelé procédé de Sieur.
Nous décrirons avec détails ces divers procédés en faisant ressortir ensuite les avantages ou les inconvénients qui en découlent, et par conséquent le procédé qui nous semble le plus apte à éviter de léser la poulie du grand oblique.
Inutile de dire que chacun de ces procédés a subi quelques variantes suivant les opérateurs, mais il nous semble préférable de ne pas embrouiller notre sujet par des descriptions plus complexes encore que celles que nous sommes obligé de faire, et de
nous en tenir aux quatre grandes méthodes que l’on
emploie actuel'ement.
Opération d'Ogston-Luc.
Technique. — Après incision sourcilière des téguments, on fait une résection limitée de la paroi antérieure du frontal, suffisante pour permettre le curettage du sinus. Une fois ce curettage opéré, on élargit le canal naso-frontal, en ouvrant en même
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temps les cellules ethmoïdales antérieures. On procède ensuite à la désinfection et à la cautérisation du sinus avec du chlorure de zinc au 1/5. On bourre la cavité avec une longue mèche iodoformée, et l’on fait déboucher l'extrémité de cette mèche dans les narines à travers le canal naso-frontal. On suture complètement ensuite la plaie cutanée.
Avantages. — 1° C’est un procédé esthétique ; la trépanation très limitée du frontal ne produit aucune déformation ; l'incision elle-même faite dans le sourcil ne laisse aucune trace.
2° En assurant le drainage par la voie naturelle du canal naso-frontal, en faisant la réunion immédiate de la plaie cutanée, on supprime le drainage extrême qui est quelquefois une cause de fislule et d'infection.
Inconvénients. — 1° Par cela même que la trépanation est très limitée, on risque d’abord de ne pas tomber dans le sinus, frontal si nous avons affaire à un petit sinus, et ensuite de ne pouvoir curetter soigneusement toutes les anfractuosités du sinus dans le cas d’un grand sinus.
2° Un reproche beaucoup plus important que l’on fait à l’opération de Luc, c’est d'exposer aux récidives. Toutes les conditions semblent être réunies pour amener une réinfection.
a) Le drainage se fait par un canal relativement étroit malgré l'élargissement qu'on lui fait subir, canal dont la lumière est comblée par une mèche iodoformée. Cette mèche formera facilement bouchon, grâce au bourgeonnement des parois, consé-