CHAPITRE IV
Diagnostic différentiel de la paralysie générale à la période prodromique.
Nous nous sommes arrêté, dans la description de la paralysie générale, à la fin de la période de début, qui peut surtout prêter à confusion avec les troubles mentaux d’ori-
gine syphilitique.
Signes communs avec les affections qui peuvent la simuler. — Examinons tout d’abord les symptèmes communs aux deux variétés d'affections.
Pour différencier certains d’entre eux, il faut souvent apporter à des examens prolongés une perspicacité toute spéciale, et c'est ainsi qu’on ne trouve guère, entre la diminution des facultés psychiques, de la volonté et de l'affecüvité des paralytiques généraux au début et des neurasthéniques, que certaines nuances dans l'unité, la stabilité et la vraisemblance. Tandis que le neurasthénique s’observe avec méthode, se plaint avec une logique parfaite, insiste et discute raisonnablement, peut-on dire, le pa-
ralytique général au début expose ses troubles puérile-
LIRT 0 an
ment, sans ordre, sans mémoire des faits antérieurs, avec une disproportion évidente entre la valeur du symptôme et la façon dont il en parle.
L'humeur du neurasthénique est égale, mais elle est uniformément triste ; si le paralytique, foncièrement bon avant de tomber malade. change à ce point de vue, c’est de façon brusque, passagère, sans raison apparente, alors que le neurasthénique garde bien souvent un égoïsme que rien ne touche.
Tandis que le neurasthénique devient de plus en plus sceptique et timoré, n'a-t-on pas vu la déchéance paralytique précédée d’une période d'excitation morbide où la plupart des fonctions manifestent une puissance et une suractivité insolites ; « des malades, à cette époque, monrent des aptitudes imprévues des ressources d’imaginaüon et d'esprit dont on ne les aurait jamais cru capables. mais tout cela n’est qu’un éclair... » (Ball), et rien ne peut empêcher la marche progressive vers la déchéance générale.
Mais l’ébauche de ces grands projets, la hardiesse de cerlaines conceptions et même la production d'œuvres dépassant de beaucoup ce qu’on pouvait attendre antérieurement des malades, tout cela surgit par intermittence ; au lendemain d’un travail acharné, le paralytique redevient un paresseux ou un dilettante, el l’accablement ou l'indifférence succèdent au plus noble enthousiasme.
Si l'on envisage la diminution des forces physiques, commune aux deux affections, on en trouve le début plus lointain chez le paralytique général, et chez lui, les forces sont trahies par l’affaiblissement de la musculature ; le