‹ Paralysie générale et psychoses dans la syphilis acquiseChapitre 12 sur 31 · RARE 1 EE · texte numérisé non relu

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neurasthénique, au contraire, est dominé d’abord par l’aboulie qui s'oppose à l'exécution des mouvements, la faiblesse musculaire vraie est consécutive.

Le sommeil est troublé dans les deux cas, mais différemment aussi. L'on sait les grands caractères du sommeil des neurasthéniques ; après le repas du soir, ils sont pris d’une grande lassitude, gagnent leur lit et s'y endorment aussitôt d’un lourd sommeil. Trois ou quatre heures après ils s’'éveillent pour subir ce que la maladie a de plus pénible ; l’insomnie dure souvent jusqu’à l'aube, avec de l'agitation générale, des inquiétudes dans les membres, des élancements douloureux, de la pollakiurie et un énervement croissant, jusqu'à ce que le sommeil recommence enfin, troublé alors par des rêves ou des cauchemars et presque au moent où les malades doivent se lever. Les troubles du sommeil n'otit pas cette fixité chez les futurs paralytiques généraux : l'insomnie peut se produire irrégulière ment, elle peut être un phénomène momentanément pénible, mais il semble que les malades n’en gardent pas le souvenir. Ils ne font pas de leur nuit le tableau tristement classique qu'ont coutume d’esquisser les neurasthéniques à la visite matinale du médecin, et tel paralytique général nous disait avec insouciance : « J'ai toujours fait de la nuit le jour, cela ne me change pas ! » D’autres affirment loujours qu’ils ont bien dormi : oubli de l’insomnie, euphorie ? On ne sait.

l'en est de mème des phénomènes douloureux, semblubles dans leurs manifestations, que nous avons vu interprélés avec crainte et pessimisme chez les neurasthéniques alors que les paralytiques généraux n’en gardent le

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plus souvent qu'un faible souvenir, el qu’en tout cas, ils ne vont jamais, comme les premiers, jusqu'à rattacher soit au tabes, soit à une autre complication de leur syphilis. Toutefois, la céphalalqie si caractéristique des neurasthéniques est assez souvent remplacée par des douleurs moins continues, lancinantes, prenant souvent une forme hémicranienne. Quand on interroge les paralytiques sur leur sensibilité, ils parlent d'engourdissements, de picottements, d’anesthésies ou d'hÿperesthésiée, phénomènes limités généralement à une extrémité, parfois étendus à une moitié du corps et rappelant, dans certains cas, par leur envahissement progressif les symptômes de l'aura épileptique. Des troubles visuels (scotomes scintillants, taches sombres) avec douléur dans la région sus orbitaire et dans le globe oculaire lui-même, peuvent être accusés, ainsi que des troubles gustatfs, olfactifs et audilifs. Mais les malades n’en font aucun cas, n’en parlent presque jamais d'eux-mêmes : ils né sont connus que d’après le résultat d'interrogaloires très habilement et très patiemment conduits.

Quant au tremblement, il est, dans les deux affections, menu, vibratoire, à petites oscillations. Cépendant sa tendance à la généralisation est plus marquée dans la neurasthénie, il affecte plutôt la langue et les lèvres des paralytiques généraux, leur communiquant ces pelils spasmes fibrillaires capables de déterminer de légers troubles dans l'articulation des mots. Mais la même localisation et les mêmes troubles peuvent sé constater chez les neurasthéniques, et à la période que nous éludions rien n’est moins caractéristique que la dysarthrie. A faut ajouter toutefois

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que leur tremblement n'est pas permanent, qu'ilest souvent émotif, s’apaise dès que la cause de l'émotion a disparu, enfin qu'on ne constate jamais chez eux la « projection saccadée de la langue » ni « le sautillement des muscles péribuccaux ».

Il existe dès troubles de l'appétit chez les uns et les autres, mais les paralytiques présentent plutôt des bizarreries, de l'irrégularité de cette fonction, tandis que les neurasthéniques ont de l’anorexie véritable.

M. Séglas a pu signaler à la période prodromique de la paralysie générale, te tic aérophagique, fait qui vient appuyer l'opinion du professeur Brissaud qui, au sujet des spasmodiques, faisant preuve d'un état mental défectueux, conseille de se méfier de quelque chose de beaucoup plus redoutable que le phénomène en soi, car celui-ci appartient quelquefois à la période prodromique de la paralysie générale.

Malheureusement, un tel signe ne peut être caractéristique, rencontré qu'il est chez des malades assez nombreux : chez les hystériques (Pitres, Pierre Janet), les obsédés (Séglas), les hypocondriaques (Séglas, Pitres), enfin chez certains persécutés (Séglas).

Rien de semblable non plus dans les troubles génitaux : le neurasthénique est continent de par sa disposition naturelle à la tristesse, par la crainte de s’affaiblir davantage, de « surmener sa moelle », etc. : le futur paralytique est plutôt impuissant, et si ses violents et brusques désirs lui permettent des excès passagers, il reste, dans l’intervalle, d’une frigidité irraisonnée. Somme toute, l’impuis-

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