‹ Paralysie générale et psychoses dans la syphilis acquiseChapitre 19 sur 31 · CHAPITRE V Valeur du diagnostic précoce au point de vue légal · texte numérisé non relu

CHAPITRE V Valeur du diagnostic précoce au point de vue légal

Quand nous parlerons du frailernent, nous verrons de quelle importance peut être la précision d’un diagnostic à cette période encore douteuse. Parfois, celle précision est également nécessaire quand on envisage le point de vue judiciaire.

D'ailleurs, les deux points de vue ne sont pas étrangers l'un à l’autre, puisqu'il s’agit souvent de se prononcer ou non pour linternement.

Nous ne rappellerons pas le fait des nombreuses erreurs Judiciaires à propos des délits commis dans la période prodromique (insultes, vols, outrages aux mœurs, violences, etc.). À la suite de ces jugements, des malades ont subi les mêmes peines que les prévenus de droit commun, jusqu'à ce que des manifestations morbides plus nettes aient occasionné le transfert de la prison à l'asile.

Nous rappellerons l'importance que présente une telle question au sujet des expertises civiles ou criminelles, de la précision de leurs conclusions, et de leur durée. |

I faut, en effet, «en matière d'examen mental, indiquer si l’acte ou les actes ont ou non un caractère pathologique,

faire connaître la valeur séméiologique des phénomènes constatés, établir un diagnostic ou un pronostic, enfin montrer les conséquences médico-légales qui découlent de cette discussion soit au point de vue de la responsabilité, soit au point de vue de la capacité, suivant qu'il s'agit d'une affaire criminelle, ou au contraire d’une affaire civile ». (G. Ballet).

En prenant l'exemple de la période prodromique de la paralysie générale, on voit aisément pourquoi le rapport civil peut, dans certains cas, être si difficile à établir.

L'on n'a, en effet, qu'à se reporter à la multiplicité des signes communs en apparence, aux nuances infimes qui les séparent, et à la nécessité qu'il y a souvent de temporiser pour se prononcer nettement.

Les mêmes difficultés subsistent lorsqu'il s’agit pour un médecin de se prononcer au moment d'un contrat d'assurance sur la vie.

Tout se simplifie ordinairement au fur et à mesure que la maladie évolue : encore faut-il se rappeler qu'il existe des psychoses à formes graves qui ne sont justiciables ni de l'asile et encore moins de la maison d'arrêt, et qu'il faut se hâter de reconnaitre leur véritable caractère si lon ne veut pas exposer les malades aux conséquences des plus regrettables erreurs.

Enfin, point n'en besoin d'insister sur l'embarras dans lequel peut se trouver un médecin auquel un de ces individus si douteux vient demander son avis au sujet d’un mariage projeté. Là encore, il importe de savoir gagner du temps, et de ne pas se prononcer avant que la maladie

ait donné des signes certains de sa gravité, ou que son

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