‹ Paralysie générale et psychoses dans la syphilis acquiseChapitre 27 sur 31 · PA · texte numérisé non relu

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ou

suivi le traitement longtemps, patiemment; mais il vient forcément un moment où l’on s'arrête, lorsqu'on voit que la thérapeutique employée n’a d'autre effet que de déprimer la résistance du malade. »

Les soi-disant faits d'amélioration ou de guérison ont permis bien des tentatives. Pour notre part, nous sommes allés progressivement ou brusquement très loin dans l’administration du mercure chez des paralytiques généraux encore bien peu atteints. Qu'on ne vienne pas nous accuser d'avoir commis des fautes de technique, puisque nous n'avons eu à déplorer aucun accident imputable à nos méthodes, Malgré cela, nous ne pouvons signaler à l'actif de ces traitements mercuriels intensifs, aucune amélioration vraiment digne de ce nom. |

Tout au contraire, le mercure peut être nuisible dans la paralysie générale confirmé. C'est ainsi que M. P. Marie s'exprime à ce sujet: « Non seulementles malades ne guérissent pas, mais nous connaissons des cas indéniables où les fortes doses ont produit des aggravalions manifestes. » De même, M.E. Dupré a pu conclure en ces termes : Je n'ai jamais vu le bénéfice du traitement mereuriel de la paralysie générale. J'en ai quelquefois constaté linnocuité, mais j'en ai plus souvent observé les inconvénients et le danger. »

Ces aggravations s'expliquent vraisemblablement par ce fait que la nutrition des paralytiques généraux élant très ralentie, ceux-ci ne peuvent plus éliminer leur mercure. qui ne manque pas alors de provoquer des phénomènes d'intoxication générale dont le cerveau souffre comme les

autres organes.

Troubles mentaux d’origine mercurielle. — Ne sait-on pas combien les excès de mercure peuvent retentir sur le système nerveux, alors même que celui-ci ne présente aucune lésion ? C'est à ce point que certains syphilitiques, livrés à eux-mêmes et faisant abus de la médicalion mercurielle, en arrivent à présenter des troubles aussi graves que ceux qui ne sont habiluellement rencontrés que dans l’intoxication professionnelle. Th. Roussel, Küssmaul, Tardieu nous ont fait connaitre les troubles intellec luels. C'est d'abord la suractivité intellectuelle (Küssmaul) qui peut ouvrir la scène ; il a constaté ensuite la grande émotivité des malades, qui s'emportent. facilement, rient où pleurent sans motifs. « Plus tard, l'intelligence s'altère, la mémoire est loujours très affectée, les malades sont incapables de prendre une décision, mais ils ne délirent pas » (Sollas). IS sont souvent dans un état de dépression mentale que Diélerich appelait /’Aypocondrie mercurielle. La déchéance mentale peut être poussée plus loin, elle va jusqu'à la démence paralytique (Tardieu). « Incapables de se Lenir debout, souvent même de s'habiller et de manger seuls, les malades s'expriment dans un bégaiement inintelligible », et vivent dans le confinement, le visage hébété,

«comme cles enfants en bas âge ».

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