‹ Paralysie générale et psychoses dans la syphilis acquiseChapitre 28 sur 31 · SARA · texte numérisé non relu

SARA

Il n'est pas besoin d'insister sur la similitude de tels symplèmes avec ceux de la paralysie générale, la syphilis élant dans les deux cas, au point de départ. On peut observer la même marche progressive des deux côtés : une période de début caractérisée par des signes assez frustes, qui peuvent en imposer aussi pour la neurasthénie : émoüvité, affaiblissement musculaire, névralgies diverses,

céphalalgie, insomnie, tremblement, amaigrissement, bégaiement, dont l’ensemble constitue ce qu'a décrit notre ami Emery sous le nom d'asthénie mercurielle.

Parfois mème, le métal toxique peut, chez certains prédisposés réveiller des manifestations Aystériques, l'hystéroépilepsie, l'hystéro-neurasthénie ont été signalées, el nous les rappelons ici pour les opposer également à cé qui, dans la paralysie générale, peut se rapprocher de lroubles semblables.

Dans une seconde phase caractérisée par l'exagération progressive des signes de débul apparaissent des phénomènes convulsifs, des tremblements plus intenses, de l'embarras de la parole, enfin de nombreux désordres nerveux, el parfois des paralysies.

La troisième phase est la période de démence, à la suite de laquelle on observe la cachexie el parfois la mort.

Mais ici, une évolution rapide, pas de rémissions, pas d'euphorie, des signes concomilants d'hydrargyrisme cutané ou buccal : enfin, la pierre de louche du diagnostic serait la constatation de l'aggravation des accidents par la continuation du traitement mercuriel ou par l'élévation des doses, si les mêmes faits n'avaient été observés mais

moins rapidement, chez les paralytiques généraux. Nous

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devons même ajouter que l'accentuation des accidents après les lraitements intensifs semble plus nette encore dans les formes mélancoliques de la méningo-encéphalile (Emery).

C'est à dessein que nons n’avons même pas mentionné l'iodure de potassium : un lraitement préventif dans lequel le mercure est négligé au profit de l'iodure fait courir aux syphililtiques les plus graves dangers. D'autre part, Fiodure donné à doses massives, chez les paralytiques généraux, n'a contribué jusqu'ici, comme le mercure, qu à occasionner des accidents.

Traitement de la paralysie genérale. — Tout

autre doit donc être le traitement de la paralysie générale confirmée. 1 doit s'inspirer des signes actuels qu'il importe d’atténuer en évilant aux malades toute souffrance.

L'hygiène joue un grand rôle : il faut supprimer toutes les causes d'intoxication. Le repos, la vie régulière, l’exercice modéré dans un endroit calme et silencieux, bien aéré, l'isolement relatif, le régime en grande partie lacté, la régularité des selles, l'hydrothérapie donnée sous forme de bains lièdes, et quand les malades peuvent les supporler, les douches lièdes (28 à 32°) en pluie, ont pu provoquer d'heureuses el assez durables rémissions et éviter certaines complications.

La surveillance constante et attentive de tels malades

est nécessaire, en vue de parer aux conséquences sociales,

mais elle doit être douce, faite par un personnel plein d'égards qui laisse une liberté surveillée ; il faut repousser l'emploi des moyens de rigueur, ne s’en servir qu'à la dernière extrémité.

Aux périodes de démence et de gâtisme, il faut s’inspirer des circonstances, éviter les délits, calmer thérapeutiquement aux périodes d’excitalion, et tonifier de mème aux périodes de dépression. |

Quant au traitement de la période finale, il ne peut qu'être symptomatique (gâtisme, escharres, infections cu-

tanées, urinaires, pulmonaires, etc.)

Traitement des troublés mentaux d'origine syphilitique. — Les psychoses secondaires sont améliorées par le traitement mercuriel au même litre que les accidents syphilitiques de cette période. Les petites doses d'iodure de potassium (0 gr. 50 par jour) combattent efficacement la céphalée si fréquente et le mercure annihile rapidement les toxines dont l’action perturbatrice retentit sur le cerveau.

Quant aux formes plus tardives, un traitement mercuriel bien suivi peut tout d'abord les prévenir au même titre qu'il prévient les autres affections parasyphilitiques. Comme elles surviennent plutôt chez des prédisposés, il faut également mettre en œuvre tous les moyens capables de modifier la mentalité de ces malades affreusement

frappés par l'idée de leur syphilis. Et, il faut bien le dire,

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ces moyens ne diffèrent pas de ceux dont nous avons parlé en étudiant le traitement préventif de la paralysie générale : ils constituent l'hygiène du syphilitique en général (consulter, à ce sujet, l'excellent traité du docteur Bourges : Aygiène du syphilitique). -

« J'imagine, dit encore le professeur Fournier, — sans pouvoir le démontrer, bien entendu — que sur dix syphilis du cerveau ou dix paralysies générales, il en est cinq pour le moins qui ne se seraient pas produites, si l'action de la diathèse n'avait été aiguillée vers le cerveau par une stimulation excessive de cet organe. »

Si ces règles d'hygiène ne sont pas suivies, si le traitement préventif est négligé trop tôt et que les phénomènes psychiques apparaissent, il faut, dans les formes bénignes et récentes, reprendre le traitement mercuriel. |

Bien que celui-ci ne s'adresse pas alors à un accident: visible qu'il faille modifier, il doit cependant se rapprocher dans sa manière d'être de la méthode choisie pour combattre un accident en évolution, puisqu'il s'adresse à une manifestation curable par le mercure. Aussi doit-on donner la préférence aux se/s solubles, dont l'action est plus limitée comme durée, moins prophylactique que celle des prépations insolubles, mais aussi plus rapide, presque foudroyante. IIS présentent également cel avantage, bien appréciable en pareil cas, de mettre les malades en rapport quotidien avec leur médecin. Enfin, formant des com binaisons instables et n’agissant guère qu'au moment de celle lormation, ils sont rapidement éliminés, ce qui n’est

pas sans. importance, quand on songe que les malades

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