MARCHE. — DUREE
Nous avons déjà vu en étudiant le symptôme douleur que la marche de la maladie était progressive. Commençant en un point limité du pied, la douleur s’étend à toute la plante, à tout le pied, gagne même lajamble, la cuisse ou la fesse; elle peut ensuite atteindre l’autre membre inférieur et finalement les deux membres supérieurs. En même temps les cause* qui la déterminent n’ont plus besoin d’être aussi puissantes: tout d’abord il fallait une marche longue et excessive pour faire apparaître les symptômes ; plus tard il suffit du moindre exercice, de la position debout, parfois même du simple examen du pied. Mais cette marche progressive de la paralysie vaso-motrice des extrémités et de ses symptômes n’est pas fatale : il est des cas, et le nôtre en est un exemple, où la douleur et la congestion ne dépassent pas une certaine limite. Pendant des années un malade n’éprouvera de symptômes qu’à l’approche du soir après les fatigues de la journée; chez un autre les troubles 11e dépasseront pas le point qu’elles atteignent après une longue promenade par exemple;
un troisième malade enfin pourra rester stationnaire à line période beaucoup plus avancée de la maladie, et quoique souffrant d’horribles douleurs il ne verra pas son état s’aggraver davantage. Enfin W. Mitchell admet, comme nous l’avons vu, l’apparition de symptômes médullaires à la dernière période des cas les plus sévères.
Un des caractères les plus saillants de l’érythr orné! algie est la variabilité des symptômes au point de vue de l’intensité sous l’influence des saisons. Chez notre malade, par exemple, l’hiver avait amené une telle diminution dans tous les symptômes qu’ils ne lui causaient plus aucune gêne. Un des malades de W. Mitchell, celui de l’observation VIII, disait expressément qu’il voyait arriver l’été avec appréhension, la chaleur amenant toujours un redoublement de ses souffrances, tandis que l’hiver lui était très favorable. Il en était de même pour le marin qui fait le sujet de l’observation II.
Le traitement a également une influence sur la marche de la maladie, soit qu’il l’abrège plus ou moins dans sa durée totale ou qu’il espace les périodes de crise. Nous y reviendrons plus loin.
De toutes façons la marche de la maladie est essentiel- »
lement chronique et sa durée fort longue. Dans toutes les observations que nous avons pu recueillir et où la date du début est indiquée, il y a toujours plus d’un an écoulé depuis le commencement de la maladie et le moment où le patient vient demander l’avis du médecin. Dans le cas de M. Straus, l’affection semblait remonter à onze ans de date ; le malade désir James Paget souffrait depuis huit ans; en moyenne dans les cas de W. Mitchell le début de la maladie remonte à quatre ou cinq ans. Dans les deux seuls cas où la guérison a été complète, celui de Sigerson et celui de Grenier, la durée totale de la maladie avait été de trois mois et de deux ans. Dans toutes les autres observations la durée totale est indé-
terminée, les malades ayant été perdus de vue avant la guérison complète ; mais comme nous venons de le dire elle a toujours été fort longue.