‹ Paralysies, contractures, affections douloureuses de cause psychiqueChapitre 2 sur 8 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Et, en effet, si la lecture attentive des recueils d'observations permet de retrouver, dans les auteurs anciens, des exemples de ces affections motrices et douloureuses survenues dans les mêmes conditions que chez nos malades, il n'en est pas moins certain que la nature de ces affections n'a réellement été élucidée que dans ces dernières années. Dans le cours de ce travail, nous aurons l'occasion de citer quelques observations de paralysies, de contractures se rapportant à notre sujet et publiées par des auteurs relativement récents mais interprétées d'une toute autre façon et attribuées, la plupart du temps, à des lésions passagères du système nerveux.

C'est au D' Brodie (i) que l'on doit la première description clinique des affections qui rentrent dans notre sujet. Sous le nom d'affection hystérique des jointures, l'auteur anglais étudie les diverses arthralgies, et notamment la coxalgie développées sous l'influence du traumatisme et qu'il décrit sous le nom d'hystérie locale. Il en décrit avec soin la symptomatologie et le diagnostic, et montre l'importance qu'acquiert au point de vue du traitement le diagnostic de ces manifestations locales de l'hystérie avec les mêmes affections de nature organique.

En 1869, le Professeur Russel Reynolds (2), dans un

(1) Sir B.-C. Brodie. — Lecture illustrative of certain local nervous .iffections. London 1837. — Lecture 11. Varions forms local hysterical affections. — Traduction française par le D"' Douglas Aigre (1880)i.

(2) R. Reynolds. — Remarhs on paraly sis und other disorders of motion and sensasion dépendant on Idea, read to the médical gestion, at the annua meeting of the British médical association. Leeds. July '1869. — In British médical journal. ISov. 1869.

important travail , publie le résultat de ses recherches à ce sujet et développe les conclusions suivantes :

1° Quelques-uns des troubles les plus sérieux du système nerveux, tels que paralysies, contractures, douleurs ou toute autre perversion de la sensibilité, peuvent dépendre d'un état morbide de l'émotion, de l'idée et de l'émotion, ou de l'idée seule (dépendant on Idea).

2° De pareils symptômes peuvent persister longtemps, simulant des maladies graves du cerveau ou de la moelle.

3° Ils résistent aux traitements les plus divers, aux sédatifs et aux irritants, aux soins les plus assidus comme à la négligence, mais ils peuvent complètement disparaître par la suppression de l'idée erronée.

4° On les rencontre chez des sujets qui ne présentent aucun signe d'ahénation mentale, d'hypochondrie ou d'hystérie.

5° Souvent ils se développent chez des anémiques et des convalescents.

6° Ils peuvent se greffer sur des maladies définies du système nerveux, de sorte qu'il devient très important de savoir ce qui dépend de la maladie organique et ce qui est dû à l'état morbide de l'idée.

7° Dans bien des circonstances, il est possible de faire le diagnostic de ces accidents.

8° Enfin, les conditions du traitement sont simples et leur application d'une efficacité merveilleuse.

Les affections que nous passons en revue étant le plus souvent consécutives à un traumatisme et surtout aux divers traumatismes occasionnés par les accidents de chemin de fer, il était naturel de penser que les médecins américains, qui ont beaucoup plus souvent que nous l'occasion d'observer cette variété de traumatisme,

devraient naturellement être poussés à en étudier la nature et le mécanisme. Le savant ouvrage de Weir Mitchell (i) auquel nous ferons de nombreux emprunts, est tout particulièrement intéressant à méditer. Il renferme de nombreux exemples de paralysies, de contractures, d'affections douloureuses variées, développées sous l'influence du traumatisme ou consécutives à une émotion ou à l'imitation.

En France, c'est surtout aux admirables leçons de M. le Professeur Charcot (2) que nous devons la connaissance de ce qu'il faut entendre par affections psychiques. Mais M. Charcot ne s'est pas borné à décrire ces affections et à montrer les rapports qu'elles affectent avec le traumatisme et les émotions, il en a recherché la nature et a étudié l'état mental de ces malades. C'est à ces savantes leçons que nous avons puisé la plupart des renseignements qui vont suivre.

Quant aux nombreux auteurs dont nous aurons à citer les observations ou les travaux, nous nous bornons à renvoyer le lecteur à l'index bibliographique que nous ayons placé à la fin de notre travail.

P (1) Weir Mitchell. — Lectures on diseases of the nervous system especially in woman. 2« édition, Pliiladelphie 1885.

(2) M. Charcot. — Lezioni cHniche dell anno' scolasUco 1884. — Sulle malattie del sistema nervoso. — Redatte dal D<"" B. Milliotti. — Sulle paralisi psichiche, p. 10S, 110. — Milano 1885.

M. Charcot. — Hystérie locale. — Contracture traumatique, mfll. du syst. nerveux, tome ler, appendice, p. 449. 5° édition, 1884, et tome III, 1er fascicule, p. 97, 1883.

M. Charcot. — Deux cas de monoplégie brachiale. — Paralysies psychiques. — Leçons recueillies par M. Marie et M. Guinon, Progrés médical, 22 Août, 12 Septembre, 26 Septembre, 3 Octobre 18S5.

M. Charcot. — Coxalgie hystérique de cause traumatique. — Leçon recueillie par le Dr Marie, chef de clinique. — [rogrès médical, 30 Janvier 188S.

Nature des affections psychiques et cadre nosologique dans lequel on doit les faire rentrer.

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