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Quand les lésions nerveuses sont graves l’anesthésie peut persister assez longtemps sans aucune modification ; toutefois plus que les troubles moteurs elle a une tendance à rétrocéder et dans la majoritè des cas la sensibilité a recouvré ses caractères normaux alors que la motricité reste comme au début totalement abolie.
C. Troubles trophiques. — Ils consistent en une atrophie musculaire dont l’apparition peut-être assez rapide puisqu'on la constate 8 à 10 jours après l’accident.
Les altérations cutanées sont assez souvent obserservées. Les téguments présentent un aspect luisant, caractéristique (Glossy skin des anglais) souvent précédé d’une desquamation de l’épiderme qui s’effrite en relites écailles. L’abolition de la sécrétion cutanée explique la sécheresse de la peau, dans certains cas cependant on a noté de l’hyperhydrose. Les poils sont le siège d’altérations manifestes ; ils tombent souvent et changent de couleur, porfois ils s’hypertrophient.
Les ongles présentent les caractères de l’ongle névritique, ils s’incurvent s’épaississent, se dessèchent se fendille et leur chute est la conséquence des troubles de nutrition dont ils sont le siège. à
On peut ohserver en outre sur les téguments des éruptions multiples : c’est le zona si bien décrit par Charcot qui sillonne de ses vésicules le trajet du tronc nerveux altéré, ailleurs se sont des phlyctènes puru-
lente qui font leur apparition à l’extrémité des doigts ou des eschares qui font place à des ulcérations profondes en cratère assez caractéristiques. L'ædème sous-cutané et la lipomatose ont été signalés.
Lorsque les altérations névritiques sont persistantes, les os eux-mêmes deviennent le siège de troubles trophiques, tels que atrophie, ostéoporose, -eic: e
Weir Mitchell a étudié les modifications thermiques consécutives à ces névrites. Il a surtout noté une hypothermie manifeste de 1° à 8°3 dans les cas qui ont été l’objet de ses recherches.
Lorsqu'on observe une élévation de la température locale, avec exacerbations douloureuses sur le trajet des troncs nerveux, on doit redouter l'invasion de la névrite secondaire.
Tel est le tableau symptomatique des paralysies complexes du plexus brachial consécutives aux traumatismes de l'épaule etnotamment aux luxationsintracoracoïdiennes et sous-claviculaires de l'articulation scapulo-humérale.
Toutefo's ces paralysies ne présentent pas toujours les caractères que nous venons d’énumérer et s'éloignent souvent du type clinique qui a servi de base à notre description. Les troubles moteurs sont les plus constants et sont observés beaucoup plus fréquemment que les troubles sensitifs et trophiques qui manquent dans de nombreux cas et qui coïncident
ordinairement avec des altérations graves des troncs nerveux.
Ils sont généralement plus marqués dans la sphère du radial et du circonflexe qui de tous les troncs nerveux du plexus affectent avec l’articulation les rapports les plus intimes. Aussi est-ce sur les fonctions d'extension qu’on observe les altérations les plus considérables.
2° Paralysies radiculaires. — A côté des paralysies complexes du plexus brachial occasionnées par l’action directe de la tête humérale sur les cordons nerveux, il existe une autre catégorie de paralysies du plexus engendrées par les violents déplacements de la tête de l’'humérus ou de la clavicule, nous voulons parler des paralysies radiculaires résultant de lésions frappant les paires nerveuses qui prennent part à la constitution du plexus.
C’est principalement en effet à la suite de traumatismes qu’on les observe ; à partles paralysies occasionnées par certaines plaies du cou ou par la compression due à certaines tumeurs de la région ou à l’application du forceps (1) ; c’est surtout à la suite des chutes violentes sur l’épaule ou des traumatismes de cette région déterminant ou non une luxation ou de certaines tentatives brutales de réduction qu’appa-
(1) Duchenne (de Boulogne). Paralys. consécutives aux lésions traumatiques des nerfs mixtes, 1861; paralysies obstétricales, 1872.