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III. — Contracture hystérique de forme psychique

Nous croyons devoir distinguer sous cette dénomination un certain nombre de cas de contractures hystériques qui se séparent de ceux que nous venons de décrire par des signes cliniques en nombre suffisant pour leur donner une physionomie à part, et qui nous paraissent reconnaître pour cause une lésion dynamique de l'écorce cérébrale elle-même ainsi que nous chercherons à le

démontrer plus loin au chapitre de la Physiologie pathologique.

De même que ceux qui précèdent, les cas dont il s'agit ici peuvent persister pendant un temps fort long, des mois et des années, résistant à toute tentative de traitement. Néanmoins nous ne leur conservons pas la dénomination de contracture permanente, d'abord pour les bien distinguer des précédents, et ensuite parce qu'ils présentent une instabilité et une variabilité, dans le degré de la raideur musculaire éloignant l'idée de stabilité durable qui a présidé à la susdite dénomination.

Quant aux circonstances étiologiques, elles ne diffèrent pas sensiblement dans les deux formes. Je signalerai, en outre, parmi les •symptômes qui leur sont communs: le caractère spasmodique de la contracture, la rareté des troubles trophiques, la conservation du volume du membre, la persistance de la contractilité électrique, Ja durée, la marche, le mode de terminaison également progressif ou soudain. Mais, sur d'autres points de la symptomatologie, des •différences marquées existent.

C'est ainsi que la forme psychique se distingue par les attitudes .inaccoutumées, bizarres, imprévues qu'elle imprime aux membres. Elle est aussi rigide que l'autre, mais instable dans une certaine mesure, s'exagérant, s'étendant même à de nouvelles parties sous l'influence des mouvements communiqués, s'atténuant dans d'autres circonstances lorsque, par exemple, le sujet est distrait. Elle cesse pendant le sommeil pour reparaître au réveil avec des caractères identiques. Elle est rarement accompagnée de troubles •de la sensibilité. Enfin elle résiste d'ordinaire aux aesthésiogônes et aux modificateurs généraux de la nutrition tels que l'électrisation, l'hydrothérapie, et relève tout particulièrement d'un traitement psychique approprié.

La forme cérébrale de la contracture hystérique, ainsi que nous l'entendons ici, se rapproche des contractures que M. Daily désigne sous le nom de contractures d'appréhension ou d'adaptation. Peut-être au point de vue clinique y a-t-il similitude •complète ; dans tous les cas, nous ne saurions admettre ni la dénomination de M. Daily, ni la raison physiologique qu'il invoque \.

1 Dally. Gazelle hebdomad. 1874 el Société de Ihérap. 28 déc. 1881. Travail sur le •iraitemei't des contractures.

SYMPTOMATOLOGIE

M. Daily les désigne également sous le nom de pseudo-contractures. Elles sont dues, suivant lui, à l'appréhension qu'éprouvent les malades à la suite des tentatives de redressement ou de flexion qui ont été exercées sur des membres atteints d'une légère arthrite ou péri-arthrite liée au traumatisme, au refroidissement ou à toute autre cause. Le souvenir des douleurs endurées détermine un état de cérébration inconsciente qui se traduit par une résistance énergique à tout mouvement imprimé au membre malaxé; d'où, équilibre musculaire rompu, sans qu'il y ait pour cela contracture : prédominance tonique de certains muscles et parésie des autres.

La rigidité disparait pendant le sommeil.

Le traitement doit d'abord être mental.

Ainsi donc, suivant M. Daily, la pseudocontracture est toujours précédée d'arthrite ou de péri-arthrite, elle a sa source dans les douleurs provoquées par les manœuvres thérapeutiques ; elle est entretenue par un état de cérébration inconsciente ; l'attitude vicieuse est due à la prédominance tonique de certains muscles et à la parésie des autres ; enfin un des grands caractères de la pseudo-contracture est de céder pendant le sommeil.

Pour nous, la contracture de forme psychique n'est pas nécessairement liée à une arthrite ou péri-arthrite ; elle existe •avant que les tentatives de réduction aient été faites ; ces tentatives, il estvrai, ont pour influence de l'accroître: enfin c'est une véritable contracture dans laquelle les antagonistes sont pris au même degré, comme dans la forme vulgaire. Pour le reste, nous nous rapprochons de la description de M. Daily : siège cérébral et cessation pendant le sommeil.

Nous allons revenir avec quelque détail sur plusieurs des signes indiqués tout à l'heure.

Fig. H — Contracture hystérique du membre inférieur droit.

A. — Altitude du membre contracture.

Sans attacher plus d'importance qu'il ne convient aux caractères tirés de l'attitude du membre, je rappellerai que la contracture de forme vulgaire imprime aux membres une attitude sur laquelle les auteurs, en particulier M. Charcot, n'ont pas manqué d'attirer l'attention.

Le membre supérieur est fléchi dans ses divers segments. Au contraire le membre inférieur se place dans l'extension, le pied dans l'attitude du pied bot équin, souvent varus (pied bot hystérique) (fig. 9 et 10). Dans la forme psychique, il n'existe rien de pareil, et jusqu'ici les cas que nous avons observés sont en contradiction complète avec la loi qui régit la forme vulgaire. Dans un cas, le membre inférieur est contracture dans la flexion, le talon touche la fesse (fig. 11).

Une autre malade dont l'observation a déjà été publiée (Noitv. Iconographie, 1. II, p. 208) a, par contre, la jambe étendue, et la cuisse également, mais l'attitude du pied qui est en flexion dorsale exagérée s'éloigne singulièrement de l'attitude classique ou pied bot hystérique (fig. 12 et 13). Enfin, chez d'autres, les contractures qui revêtent la forme erratique immobilisent les membres dans les positions les plus étranges sans qu'il soit possible de les rattacher à un type de prédilection.

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