Contracture hyatériqued u
membre inférieur droit.
SYMPTOMATOLOGIE
B. — Degré d'intensité de la contracture.
Un des caractères de la contracture vulgaire est son intensité et l'immobilité absolue des parties contracturées auxquelles il est
Fig. 13. — Attitude du pied chez la malade représentée ûg. 12.
impossible d'imprimer le plus léger mouvement. Ici la contracture est rarement aussi intense. Les membres contractures sont parfois susceptibles de subir les mouvements communiqués, de peu d'étendue, il est vrai. Et, dans tous les cas, la contracture ne persiste pas au même degré sans variation aucune. Spontanément et sans cause appréciable, elle subit des rémissions et des exacerbations. L'attitude du membre peut s'en trouver légèrement modifiée d'un moment à l'autre. Parmi les causes qui influent sur l'intensité de la contracture, on peut citer les suivantes. L'attention vivement captivée et portée sur un sujet étranger à la maladie en atténue d'ordinaire le degré : c'est ainsi que, lorsque la jeune fille B. (Obs. Nouv. Iconographie, t. II, p. 208) lisait attentivement un livre, on pouvait voir son pied s'abaisser, et la contracture se relâcher un peu. Par contre, l'attention du sujet attirée sur son mal produisait l'effet opposé : la contracture augmentait, et en général toutes les émotions et impressions morales vives, de même que toutes les excitations physiques, ont la même influence.
En outre, les tentatives qui ont pour but de chercher à modifier de force l'attitude du membre contracture en accroissent instantanément la raideur. C'est ainsi que chez notre malade B..., dont le membre inférieur était contracture en extension, tandis que pendant qu'elle était abandonnée à elle-même on voyait la rotule subir spontanément quelques mouvements d'ascension ou de descente, aussitôt qu'on essayait de fléchir son membre, la rotule s'immobilisait tirée par en haut par le droit antérieur, et les reliefs de la cuisse s'accentuaient. Chez cette malade également, tandis que pendant la marche, qui malgré la rigidité du membre inférieur s'effectuait assez bien, l'articulation de la hanche paraissait le siège de quelques mouvements, lorsqu'on essayait en soulevant le membre contracture d'imprimer quelques mouvements à l'article, on se heurtait à une rigidité absolue. D'ailleurs, cette malade était dans l'impossibilité complète de s'asseoir.
Chez une autre malade cette exaspération de la contracture était encore plus réelle. Nous l'avons observée plusieurs fois avec une rigidité complète du membre inférieur. La raideur des différents segments augmentait au fur et à mesure qu'on essayait de les fléchir, et, si l'on soulevait le membre parle pied, il se levait
tout d'une pièce et le bassin entraîné avec lui quittait le plan du lit, le tronc ne reposant plus que par la partie supérieure du dos. Et cependant, l'articulation de la hanche, dont les manœuvres précédentes démontrent la contracture, redevenait libre dès que le membre n'était plus l'objet d'aucune tentative. Et d'elle-même la malade pouvait parfaitement s'asseoir sur son lit. Dans ce mouvement un doigt appliqué sur l'épine iliaque antérieure et supérieure permettait de constater avec la dernière évidence les mouvements du bassin sur les deux fémurs.
Voici d'ailleurs l'intéressante observation de cette malade :