C. — Résolution pendant le sommeil
Nous avons vu que la contracture hystérique vulgaire persiste pendant le sommeil, sans aucune atténuation. C'est ici que la
distinction devient capitale. Pendant le sommeil, la contracture psychique disparaît complètement pour reparaître avec le retour de l'activité cérébrale au réveil, ou même quelques instants
auparavant. Chez B le membre inférieur droit contracture en
extension se fléchissait pendant le sommeil, dans les attitudes les plus variées et à tous les degrés. Mais un des premiers indices précurseurs du réveil, avant même qu'il soit effectué, était l'extension de la jambe et le retour de la contracture. Lorsque le sommeil était imparfait, troublé, la contracture ne cessait qu'incomplètement.
Il faut, en effet, pour que la résolution de la contracture soit complète, que le sommeil soit calme et profond. C'est ce dont nous avons pu nous convaincre également chez notre malade de l'observation II. Cet examen n'est pas facile et demande parfois une certaine habileté. La malade ne doit pas être prévenue la veille de la visite dont elle sera l'objet pendant la nuit. Cette simple appréhension suffit pour empêcher le sommeil d'être aussi profond et entraver la résolution de la contracture. Enfin, la rapidité avec laquelle la contracture réapparaît, avant même que la malade soit complètement réveillée, doit tenir l'observateur en garde et lui suggérer les précautions dont il doit s'entourer. Dans les cas où la contracture ne cède pas complètement pendant le sommeil, elle s'atténue pour le moins notablement.
D. — Rareté des troubles de la sensibilité.
Presque constants dans la forme vulgaire, qu'il y ait hyperesthésie ou anesthésie, les troubles de la sensibilité sont pour le moins plus rares ici. Chez trois malades dont nous avons recueilli les observations, la sensibilité était parfaitement intacte.
E. — Impuissance des aesthêsiogénes.
Nous avons vu de quelles ressources sont les applications aimantées pour le déplacement, et enfin la disparition de la con-
SYMPTOMATOLOGIE
tracture hystérique. Ici, nous avons fait des tentatives qui toutes ont été infructueuses. La malade B... a résisté à tous les modes de traitement (aesthésiogènes, métaux, aimants, électricité statique). Jamais nous n'avons pu obtenir le transfert de la contracture de notre malade (Obs. II) par l'application des aimants, même après des séances de deux heures de durée. Il en a été de même des autres cas que nous avons observés.
Quant à la durée et à la marche, elles ne paraissent guère différer dans les deux formes. Nous voyons, dans quelques cas, une contracture tenace, toujours localisée au même membre, et qui dure aussi plusieurs années. Chez d'autres, au contraire, la contracture est erratique et affecte successivement différents points du corps, après y être demeurée fixe de quelques jours à plusieurs mois.
Je résumerai dans un tableau synoptique les caractères différentiels de ces deux formes de la contracture hystérique :
Contracture hystérique