‹ Paralysies et contractures hystériquesChapitre 21 sur 59 · FORME PSYCHIQUE · texte numérisé non relu

FORME PSYCHIQUE

L'immobilisation des parties contracturées est moindre. La raideur varie d'un moment à l'autre. L'attitude des membres peut se modifier légèrement. Elle s'exagère sous l'influence des manœuvres et de l'attention.

Cesse pendant le sommeil pour reparaître au réveil.

Souvent, attitudes contraires ; en tous cas, n'obéissant à aucune loi.

Très rares, le plus souvent sensibilité intacte.

Résiste aux aesthésiogènes.

ARTICLE IV

Dans l'évolution de la grande névrose, les paralysies et les. contractures sont souvent une des premières manifestations. Ces troubles de la motilité apparaissent isolés chez des enfants de huit à quatorze ans qui sont marqués au coin de l'hystérie par leurs ascendants, et chez lesquels la névrose apparaîtra plus tard avec tout le cortège habituel de ses manifestations. De là, l'importance de l'étude de ces accidents de l'enfance, accidents dont la véritable nature est souvent méconnue, et qui, appréciés comme il convient, sont d'un si grand intérêt et emportent avec eux les indications les plus précieuses au point de vue de la santé à venir des jeunes sujets.

Ces premières manifestations hystériques n'attendent point l'époque cataméniale pour se révéler. Ils apparaissent dès cinq ou six ans, mais leur plus grande fréquence est de huit à quatorze ans. Les jeunes garçons y sont sujets aussi bien que les petites filles ; il est à remarquer que, chez les premiers, ils sont souvent accompagnés de quelque anomalie des organes génitaux (évolution incomplète des testicules).

L'habitus extérieur des enfants atteints d'hystérie offre-t-il des caractères particuliers qui puissent faciliter le diagnostic ?

« Ce sont ordinairement, dit J. Simon, des fillettes de huit à douze ans, quelquefois plus jeunes encore, sujettes à pleurer ou à rire sous les prétextes les plus futiles, et douées d'une vive imagination et d'une intelligence remarquable. Elles se distinguent dans toutes les études, surtout dans la musique, le dessin, et pos-

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sèdent un talent naturel d'imitation. Elles pratiquent volontiers lemensonge, et jouent d'instinct la comédie. » Elles ont des allures, une physionomie au-dessus de leur âge. Les jeunes garçons présentent aussi parfois un caractère analogue. Un jeune garçon, cité par M. Charcot, avait pris des goûts de fille.

Mais il y aurait erreur à croire que l'hystérie infantile se présente toujours avec cette physionomie, et, tout en admettant quecette description réponde à la généralité des cas, nous avons noté maintes fois des dispositions mentales opposées et un tempérament ne rappelant en rien le tempérament dit hystérique. Ce sont des enfants forts, bien constitués, à intelligence moyenne et bien équilibrée, chez lesquels l'hystérie borne ses manifestations aux troubles de la motilité et de la sensibilité ; pas de pleurs faciles, de rires nerveux ni d'attaques convulsives.

D'ailleurs, chez les adultes, nous retrouvons cette distinction,. et fréquemment les cas d'hystérie non convulsive se montrent en dehors du tempérament hystérique. Ce qu'on appelle le tempérament hystérique est un signe de la névrose au même titre que les diverses manifestations somatiques ; il peut manquer de même que ceux-ci ; et cette dissociation se produit dans les cas d'hystérie incomplète, telle que l'hystérie non convulsive et en particulier l'hystérie des enfants.

Toutes les manifestations de l'hystérie confirmée peuvent se montrer plus ou moins isolées, et à l'état d'association variée chez les enfants, depuis les troubles les plus légers de la sensibilité jusqu'aux grandes attaques. Mais je n'ai le dessein d'attirer ici l'attention que sur les troubles de la motilité, et c'est l'intérêt particulier de ce chapitre que, plus que toutes les autres manifestations hystériques, les troubles de la motilité isolés simulent le mieux les affections chirurgicales ou les maladies organiques du système nerveux, et que les erreurs de diagnostic dont ils peuvent être l'objet sont particulièrement faciles, surtout si l'on songe que les enfants qui en sont atteints peuvent ne présenter aucun signe qui trahisse l'hystérie.

Parmi les troubles de la motilité le plus fréquemment observés, chez les enfants, je me contenterai d'énumérer ici :

Les paraplégies partielles des membres. — La paraplégie par défaut de coordination motrice. — Astasie. — Abasie. — Les

paraplégies spasmodiques. — Les contractures partielles des membres. — Le torticolis hystérique, forme intermittente. — Le spasme de l'orbiculaire. — Le ptosis peudo-paralytique. — La contracture des muscles de l'accommodation. — La coxalgie hystérique. — L'aphonie. — Le spasme laryngé. — La toux spasmodique. — Le hoquet. — L'œsophagisme. — Le vomissement, i— La tympanite. — La rétention d'urine, etc.

Tous ces divers accidents seront étudiés plus loin avec détails, dans la seconde partie de ce mémoire.

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