I. — Preuves tirées de la clinique
Après avoir admis la localisation cérébrale de quelques formes de contractures expérimentales, il est rationnel de s'attendre à retrouver dans la clinique des contractures auxquelles on puisse attribuer le même siège anatomique.
C'est ce qui arrive, pensons-nous, au sujet de la variété de contracture hystérique que nous avons désignée sous le nom de « forme psychique », et qui se distingue par les symptômes cliniques suivants :
a) Influence directe de l'activité psychique sur le maintien de la contracture, qui cesse pendant le sommeil pour se reproduire immédiatement au réveil, ou même quelques instants auparavant;
b) Influence de l'attention sur l'accroissement momentané du degré de la contracture et quelquefois de son étendue. Elle augmente manifestement sous l'influence des tentatives pour la vaincre ;
c) Rareté des troubles de la sensibilité, si fréquents dans la forme vulgaire ;
cl) Pas d'attitudes de prédilection imprimées aux membres contractures, comme il arrive dans la forme vulgaire, dans laquelle l'attitude des membres semble répondre à un mode de groupement spécial, ou pour le moins d'association fonctionnelle des cellules motrices médullaires ;
e) Inefficacité des agents thérapeutiques et particulièrement des applications aimantées et des aesthésiogènes ;
f) Enfin pas d'excitation des réflexes tendineux et absence de la diathèse de contracture variété léthargique.
' Sociélé de biologie, 19 novembre 1882. — Une contracture des membres peut succéder à une lésion encéphalique (écorce, centres moteurs) et porsister après la destruction de la moelle.
ARTICLE II
Les auteurs qui ont cherché à pénétrer la cause de la paralysie hystérique l'ont placée dans les points les plus variés du système neuro-musculaire.
a) Pour Brodie, Romberg, Hasse, Winslow, Franque, la paraîlysie est le résultat d'un trouble de l'innervation cérébrale et d'un «manque d'impulsion motrice. Cette théorie s'appuie : 1° sur la ■débilité bien connue des facultés intellectuelles, notamment de l'attention et de la volition chez les hystériques ; 2° sur la guérison subite sous l'influence d'une excitation psychique vive.
b) Pour Valérius, la condition pathogénique siégerait dans le ^système musculaire seul, et cette condition consisterait dans .l'affaiblissement de la polarité électrique des muscles paralysés. Cette interprétation, tout en s'appuyant sur l'existence des coûtants musculaires démontrés par Dubois-Raymond, n'est autre fchose qu'une simple hypothèse.
Landouzy rejette également l'origine centrale et croit à une .cause localisée dans l'appareil nerveux et musculaire des parties .affectées.
Macario, Valentiner pensent également à une lésion exclusivement périphérique, lésion purement dynamique pour Macario, lésion par défaut de nutrition pour Valentiner.
c) MM. Piorry, Macario, Gendrin, Leroy d'Étiolles attribuent la paralysie à la disparition d'influx nerveux après les attaques. La .moelle serait le centre nerveux épuisé, et cette opinion reposerait sur l'expérience physiologique qui consiste à exciter par la galvanisation la portion lombaire d'une grenouille convenablejnent préparée. Au bout d'un certain nombre d'excitations, les
secousses des membres inférieurs deviennent de moins en moins fortes et cessent môme complètement pour reparaître au bout <le quelques instants de repos.
Cette théorie est pour le moins insuffisante, puisqu'elle ne s'adresse qu'aux paralysies qui suivent les attaques.
Pour Brovvn-Sequard, la paralysie hystérique ne serait qu'une paralysie réflexe due à des altérations de l'utérus et de ses annexes.
d) Enfin, une dernière théorie mixte rattache la paralysie à la fois au centre et à la périphérie du système nerveux. C'est l'opinion de Henrot, de Bénédick, de Lebreton.
Nous pensons établir que, comme pour la contracture, l'altération dynamique qui entretient la paralysie a son siège exclusif dans les centres nerveux, mais que, suivant les cas, elle peut affecter les différents points de l'axe cérébro-spinal.