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III. — Action de l'aimant et des aesthésiogènes en général

Les propriétés de transfert que possèdent les agents aesthésiogènes sur les accidents hystériques (troubles de la sensibilité ou de la motilité) localisés à un côté du corps ont été utilisées avec succès dans le cas des contractures hystériques. La première observation de guérison par ce procédé a été publiée par M. Vigouroux. La malade était contracturée du membre supérieur gauche. L'aimant appliqué près de l'avant-bras droit en produisait bientôt la contracture que l'on détruisait ensuite par la faradisation des antagonistes. Dans les premières expériences, la contracture primitive du côté gauche ne s'en trouvait point sensiblement modifiée, mais la répétition journalière de la contracture artificielle de droite modifia bientôt l'intensité de la contracture spontanée de gauche qui, sous cette influence se relâchant peu à peu, finit par disparaître complètement.

Depuis, un certain nombre de guérisons ont été obtenues par le même procédé, et nous avons eu l'occasion d'en observer plusieurs. Mais nous avons aussi vu l'aimant demeurer complètement inefficace, ou bien produire même des accidents paralytiques qui nous ont forcé à abandonner, du moins dans certains cas, ce mode de traitement.

Les plaques métalliques du D r Burcq et les autres agents aesthésiogènes agissent dans le même sens et comptent de même à leur actif les mêmes succès et les mêmes insuccès. Peut-on reconnaître les cas qui relèvent plus particulièrement de ce mode de traitement?

Il nous semble résulter des faits observés que les aesthésiogènes n'ont d'action sur les contractures hystériques que lorsqu'elles sont accompagnées d'anesthésie cutanée. En effet, dans les cas de contracture hystérique douloureuse, nous les avons vus constamment échouer. De même, lorsqu'il s'agissait de la contracture hystérique avec conservation de la sensibilité.

Il y aurait donc là, pour l'emploi des aesthésiogènes dans la contracture hystérique, une indication précise.

Pour ce qui est des paralysies hystériques, Mûller de Gratz cite deux observations dans lesquelles la guérison aurait été obtenue par l'emploi des aesthésiogènes. Chez l'une il obtenait le transport de la paralysie motrice par l'action de l'aimant. La guérison s'effectua peu à peu. La seconde malade présentait une paralysie très marquée sans contracture avec anesthésie de la moitié sousombilicale du corps. Elle était sensible au cuivre, et l'application externe de plaques de ce métal amena une guérison durable au bout de huit jours.

Nous n'avons pas été aussi heureux dans les quelques tentatives que nous avons faites à ce sujet. L'aimant appliqué du cùté paralysé produisait la contracture de la partie du corps où se faisait l'application. Il est vrai que cette contracture artificielle disparaissait assez promptement sous l'influence du massage ; mais, une fois détruite, elle laissait le membre dans le même état qu'auparavant.

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