IV. — Massage
Je ne parlerai pas ici des pratiques générales de la massothérapie ■qui, de même que l'électrothérapie et l'hydrothérapie, agissent puissamment sur la nutrition, et à ce titre peuvent rendre des services dans le traitement de l'hystérie. Je ferai remarquer toutefois que l'existence des zones hyperesthésiques et hystérogènes, de même que la présence de la diathèse de contracture, -en rendent, chez les hystériques, l'application particulièrement •difficile et délicate.
Mais je désire appeler l'attention sur les quelques données utiles que la connaissance des phénomènes de la diathèse de contracture peut fournir relativement au traitement de la contracture permanente elle-même. Nous avons énuméré, en effet, un .nombre assez considérable de pratiques susceptibles de provoquer la contracture chez un sujet prédisposé, mais il ne faut pas •oublier que ces mêmes procédés réussissent également pour la ■résoudre une fois qu'elle est produite. Lors donc qu'on se trouve ■en présence d'une contracture spontanée, il est tout indiqué d'essayer tour à tour contre elle les nombreux moyens signalés: •friction des antagonistes, choc sur les tendons, irritation des nerfs • qui produisent un mouvement contraire à celui qui est le fait des muscles contractures, application d'un diapason vibrant, faradisation des antagonistes, aimantation, simple frôlement de la peau, courant d'air, souflle dirigé sur le membre, etc. etc.. Et si la contracture n'est pas trop ancienne, on a de grandes chances pour réussir. C'est ainsi que de semblables pratiques usitées à la Salpêtrière ont fini par se répandre parmi les malades ellesmêmes qui se rendent, après leurs attaques, le mutuel service de faire disparaître par des frictions ou des malaxations les contractures qui persistent. Si elles ne peuvent réussir, il est bien rare que, le lendemain, le médecin ou l'interne n'y parviennent ; aussi les contractures permanentes, du moins celles qui prennent naissance à l'hospice, sont-elles beaucoup plus rares qu'autrefois et durent-elles peu de temps.
Mais il arrive parfois que la contracture résiste à l'emploi de tous les procédés rappelés plus haut. L'on sait que le meilleur moyen pour venir à bout d'une contracture est celui qui se rapproche le plus de la cause qui l'a provoquée. C'est un fait mis en lumière par les expériences d'hypnotisme et par les faits de la diathèse de contracture. Il doit donc guider pour la recherche du meilleur procédé à employer. Ainsi ne doit-on pas oublier de mettre en jeu l'influence du moral sur le physique, influence qui joue souvent un si grand rôle dans la production et l'entretien des contractures.
Mais le traitement mental de l'hystérie elle-même, quelles qu'en soient les manifestations, a été préconisé depuis longtemps déjà par notre maître, M. Charcot, et en dehors de toute pratique hypnotique, employé par lui avec succès.