V. — Traitement mental
Il consiste à mettre en œuvre, dans un but curatif, cette influence du moral sur le physique qui apparaît avec tant d'évidence au cours des diverses manifestations de l'hystérie. Nous avons vu que c'est là un des procédés dont la nature elle-même se sert parfois pour opérer la guérison, et le médecin ne doit point le négliger.
Cette action curative du moral sur le physique s'obtient de deux manières :
à) Par une pression lente et continue exercée sur l'esprit de la malade. On arrive à ce résultat en remplissant les deux conditions suivantes :
1° Isoler le sujet. Le séparer de son entourage habituel, des parents surtout, dont la sollicitude inquiète entretient souvent les accidents qu'ils cherchent à combattre. L'enlever du milieu qui a vu naître et se développer la maladie ;
2° Le remettre aux soins de personnes sûres, qui sauront résister aux caprices, appliquer avec fermeté un traitement régulier, et inspirer au malade une confiance ou une crainte salutaire.
Ce double résultat est atteint d'ordinaire en envoyant le malade
dans un établissement spécial hydrothérapique. J'ai vu de nombreuses guérisons de contractures ou de paralysies hystériques dues à l'usage de l'hydrothérapie méthodique associée à une contrainte morale salutaire.
b) L'autre procédé d'action sur le moral du patient est d'un emploi plus délicat et non susceptible d'être soumis à une réglementation. Il consiste dans la provocation d'une émotion morale vive. C'est là un mode de traitement dont le médecin est seul juge d'apprécier l'opportunité. Cependant, M.Guéneau de Mussy a essayé de le formuler en ces termes :
1° La malade prendra trois pilules fulminantes à une demiheure d'intervalle ;
2° Un antidote puissant sera préparé pour parer rapidement aux accidents d'empoisonnement qui pourraient survenir ;
3° Deux malades resteront continuellement auprès du malade, pour lui donner les soins qui peuvent être nécessaires.
MM. Ballet et Landouzy ont rapporté l'histoire d'une malade guérie d'une paralysie par un procédé analogue.