VIII. — Traitement chirurgical
C'est ici le lieu de parler de la chirurgie pour la proscrire de la façon la plus complète dans le traitement des paralysies et des contractures hystériques. Toute tentative de redressement, pose d'appareils plâtrés ou autres, à plus forte raison toute opération chirurgicale, ne sauraient produire que les effets les plus déplorables ; la paralysie devient de la contracture ; quant à la contracture, elle s'exagère et augmente en ténacité. Les manœuvres chirurgicales entrent pour une part dans l'étiologie des contractures et des paralysies hystériques. 11 en est de même de toute application révulsive appliquée à la surface des membres, vésicatoire, teinture d'iode, pointes de feu, etc. C'est à ce propos que le diagnostic entre les troubles moteurs de nature hystérique et ceux qui relèvent d'une lésion organique du système nerveux acquiert une importance considérable, car dans les deux cas la ligne de conduite dans le traitement diffère du tout au tout. On connaît l'action réellement efficace des révulsifs contre les lésions organiques du système nerveux, tandis que dans les accidents hystériques le résultat de leur application a toujours été des plus désastreux. Lorsque le neuropathologiste voit arriver vers lui des cas rebelles de paralysies ou de contractures hystériques, durant depuis plusieurs années, il lui est souventdonné de constater sur la peau les cicatrices des révulsifs employés dans des traitetements antérieurs, soit par mauvaise thérapeutique, soit par erreur de diagnostic. Toujours ce traitement est demeuré inefficace, très souvent il a été une cause d'aggravation.
Il est cependant une complication de la contracture hystérique, qui relève de l'intervention chirurgicale, et nous en avons déjà dit quelques mots plus haut. C'est lorsqu'il survient des rétractions fibro-tendineuses, qui immobilisent le membre dans l'attidude défectueuse que la contracture lui avait imprimée. Mais les conditions de l'intervention chirurgicale dans ces circonstances ont été très nettement définies par M. le professeur Charcot.
11 faut, pour tout dire d'un mot, que la contracture hystérique
elle-même soit guérie ; il faut qu'il ne subsiste plus que la seule rétraction fibro-tendineuse, tout phénomène spasmodique ayant complètement disparu. C'est alors que la section des tendons et des tissus fibreux épaissis, ainsi que la rupture de l'ankylose fibreuse des articulations, peut rendre les plus grands services en redonnant au membre son attitude normale et une partie de ses mouvements.
M. Terrillon a indiqué dans plusieurs mémoires ' le procédé opératoire qu'il convient d'employer en pareil cas, en même temps que les soins consécutifs qu'une semblable opération exige. Nous ne saurions mieux faire que de renvoyer le lecteur à ses travaux.
1 Nouvelle Iconographie de la Salpêtrière, ÎÊS^, p. 9i et 142.