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CHAPITRE III

ARTICLE PREMIER

PARALYSIES ET CONTRACTURES DES MUSCLES DU LARYNX ET DES ORGANES DE LA RESPIRATION

La plupart des cas d'aphonie hystérique ont été mis par des observateurs sur le compte de la paralysie des muscles constricteurs. L'examen laryngoscopique, en montrant l'immobilité et l'écartement persistant des cordes vocales, semble plaider en faveur de cette opinion. Il nous semble toutefois qu'il faut se garder d'une assertion trop absolue et qu'il est souvent bien difficile de définir le trouble moteur dont relève la perte de la voix. En effet, l'abduction des cordes vocales, conséquence de la paralysie des adducteurs, peut aussi résulter de la contracture de leurs antagonistes, des adducteurs. D'un autre côté, l'adduction persistante des cordes vocales pourra provenir soit de la paralysie des abducteurs, soit de la contracture des adducteurs. Quand il s'agit d'un organe dont nous ne pouvons apprécier l'état au point de vue de l'appareil musculaire que par les troubles fonctionnels et par un examen de visu partiel et nécessairement incomplet (examen laryngoscopique), on conçoit toute la difficulté qui existe à définir sûrement la nature du trouble moteur qui en dérange le fonctionnement.

D'ailleurs les muscles du larynx ne sauraient échapper à la loi générale qui veut que, dans la contracture ou la paralysie, les

muscles antagonistes soient également intéressés, toutefois avec prédominance d'action d'un groupe musculaire sur son antagoniste.

L'analyse minutieuse à laquelle nous nous sommes livré au sujet des muscles des membres devient difficile et même impossible en ce qui concerne les muscles du larynx. La part qui, dans le trouble moteur, revient à la paralysie ou à la contracture n'est pas toujours facile à préciser. De plus, il est des états intermédiaires où la paralysie et la contracture vont côte à côte et se confondent. Nous avons retrouvé au sujet des muscles de l'œil et de la face les mêmes difficultés. Quoi qu'il en soit du mécanisme physiologique, les troubles moteurs du larynx apparaissent groupés en deux catégories distinctes ; l'une dans laquelle la paralysie domine, l'autre dans laquelle la contracture passagère ou transitoire tient le premier rang.

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