‹ Paralysies et contractures hystériquesChapitre 53 sur 59 · III. — Spasme du larynx d'origine hystérique · texte numérisé non relu

III. — Spasme du larynx d'origine hystérique

Le spasme du larynx s'accompagne le plus souvent d'hyperesthésie.

L'hyperesthésie laryngienne se traduit par une sensation de brù-

i Progrès médical, u" 7, 9, 10, 1886.

lure, de déchirure, de tiraillement tout le long du cou. Il semble aux malades qu'un corps étranger séjourne dans le larynx.

Des points douloureux existent à la pression sur les côtés du larynx et principalement à gauche. Leur siège a été soigneusement déterminé par Thaon et Huchard 1 . Ils existent: 1° sur les bords latéraux du thyroïde ; 2° dans l'interstice crico-thyroïdien ; 3° dans l'interstice thyro-hyoïdien ; 4° à la partie postérieure de la langue (Thaon). La phonation est douloureuse : les malades parlent à voix basse.

Il y a lieu de distinguer deux formes du spasme suivant le temps de la respiration qui est le plus entravé : le spasme laryngé est inspiratoire ou expiratoire.

Spasme expiratoire .

Le spasme expiratoire se révèle par des bruits étranges, des cris bizarres au moment de l'expiration. Je ne m'arrêterai pas sur ces faits décrits depuis longtemps par les auteurs et comparés à des aboiements, hurlements, miaulements, rugissements, glapissements, gloussements, grognements, coassements, etc.

La toux hystérique, déjà signalée par Willis et Sydenham, est sèche, violente, continuelle. Elle cesse pendant le sommeil, revient par paroxysmes à des intervalles réguliers ou irréguliers. Ces paroxysmes peuvent être périodiques, revenant chaque jour à la même heure et affectant une durée égale chaque fois. Ils ne se montrent jamais pendant le sommeil. La pression des ovaires ou d'autres points hyperesthésiques peut la faire cesser. L'inspiration n'est pas sifflante comme dans la coqueluche : il n'y a pas de gêne respiratoire. On observe quelquefois des hémoptysies avec aménorrhée, qui peuvent venir embarrasser le diagnostic.

Il est des crises dans lesquelles le spasme existe à l'inspiration et à l'expiration. J'en ai pu observer récemment un exemple chez une dame de cinquante ans, hystérique depuis vingt ans et qui, entre autres symptômes, présentait des crises de toux périodiques. La toux se montrait à deux reprises différentes et toujours aux

1 Huchard. Traitcdes Névroses, par Axenfeld, 2* édit., augmentée de 700pap;es, p. 1021.

mômes heures: de trois à quatre heures de l'après-midi, et de sept à huit heures du soir. D'ordinaire, la toux d'un caractère bruvant ne s'accompagnait d'aucun trouble de la respiration, mais à certains moments l'accès de toux se compliquait, pendant les dernières minutes seulement, d'une gêne considérable de l'inspiration, produisant la suffocation et faisant craindre l'asphyxie.

Spas??ie inspiratoire.

a) Léger, le spasme inspiratoire ne détermine que des troubles', locaux sans importance. Cette forme bénigne alterne avec l'anesthésie et la paralysie. La voix est cassée, discordante. Il se* produit un peu de sifflement inspiratoire léger par accès.

b) Dans la forme grave, le spasme inspiratoire peut être passager ou durable.

Sous forme d'accès d'une grande violence le spasme de la respiration peut constituer le signe prédominant de l'attaque d'hystérie- Régulièrement, il fait partie- des symptômes de la premièrepériode ou période épileptoïde de la grande attaque. A ce titre> nous n'avons pas à en parler ici. Il peut constituer presque à lui seul une variété grave de la grande attaque.

Le spasme grave peut être prolongé, presque permanent. Il prend alors les allures de l'œdème de la glotte ou de la paralysie des. dilatateurs. C'est la suffocation pseudo-croupale de Briquet (cas de Michon, Velpeau, Blache, Gougenheim).

Le spasme du larynx s'accompagne parfois de spasme desbronches de façon à donner lieu à de véritables accès d'asthme.

L'examen laryngoscopique, difficile dans les cas de spasme r montre les lèvres de la glotte dans un état de rapprochement que l'inspiration n'arrive pas à diminuer suffisamment.

Le spasme laryngien est facile à reconnaître en lui-même. Lediagnostic de la cause importe surtout au point de vue du pronostic et présente parfois la plus grande difficulté.

La coexistence de symptômes généraux graves et l'examen locaî permettront de reconnaître les affections inflammatoires du larynx qui s'accompagnent de spasme glottique : laryngite catarrhale aiguë, laryngite striduleuse, laryngite diphtérique, etc.. Le-

spasme de la glotte chez les enfants ne pourra être distingué du spasme hystérique que par les circonstances étiologiques et l'absence de tout phénomène hystérique concomitant.

Je ne mentionnerai que pour mémoire le spasme laryngé des ataxiques qui, en outre de ses caractères tirés de son mode de début, de son apparition sous forme d'accès, du vertige et quelquefois de l'accès apoplectiforme qui l'accompagne, sera le plus vouvent facilement diagnostiqué grâce aux autres signes tabétiques concomitants.

Traitement.

Paralysie. — Les moyens les plus anodins réussissent quelquefois. D'autres fois, l'affection est rebelle. On a alors recours aux révulsifs cutanés, à la métallothérapie, aux aimants, à l'électricité faradique.

Spasme. — Dans la forme grave, il est indispensable d'agir, car des exemples, peu nombreux, il est vrai, mais indiscutables, ont démontré que la terminaison pouvait être fatale. La compression de certains points (côtés du larynx, zones hystérogônes, ovaire) suffit quelquefois ; les inhalations de chloroforme rendent les plus grands services.

Enfin, dans les cas pressants, la trachéotomie est une ressource suprême qu'il ne faut pas négliger.

Page 1