I. — Dysphagie. — Œsophagisme
Les muscles du pharynx et de l'œsophage, soit simultanément, soit isolément, peuvent être pris de paralysie ou de contracture ; ce dernier trouble moteur est le plus fréquent. Dans les deux cas, d'ailleurs, le trouble fonctionnel qui en résulte consiste en un obstacle à l'alimentation.
Dans la contracture, il existe parfois un sentiment de construction permanente qui s'exaspère au moment de l'introduction du bol alimentaire. L'obstacle aux aliments est absolu : ils sont aussitôt rejetés. D'autres fois, la contracture n'est pas permanente : le sentiment de construction ne se produit que passagèrement sous forme d'accès (strangulation hystérique), et le spasme ne survient qu'au moment du passage des aliments.
Dans la paralysie, la suffocation peut se produire par un autre mécanisme. Les matières alimentaires ne sont pas rejetées, mais elles s'arrêtent à mi-chemin.
On ne confondra pas les troubles de la déglutition qui résultent du spasme, et ceux qui dépendent de la paralysie. On peut noter le bruit particulier que produisent les liquides en tombant dans un œsophage inerte (bruit identique à celui qu'on entend chez les agonisants) ; en outre, la paralysie ne s'accompagne en dehors du passage des aliments d'aucun sentiment de strangulation. La difficulté de la déglutition, quand elle résulte du spasme, est la môme
à l'égard des substances liquides et solides : tandis que, lorsqu'il s'agit d'une paralysie de l'œsophage, les solides passent souvent mieux et les liquides pénètrent facilement dans le larynx où leur présence détermine des efforts de toux ; le spasme est presque toujours douloureux, la paralysie indolente. Enfin le spasme seul oppose un obstacle à l'introduction de la sonde œsophagienne.
Le spasme de l'œsophage s'accompagne parfois de contracture de la langue et du voile du palais qui est rigide et tendu. La langue est recourbée en divers sens et immobilisée contre les arcades dentaires, ou bien fait saillie hors de la bouche. Dans ces circonstances, non seulement la déglutition est troublée, mais aussi la mastication et l'articulation des mots. La malade ne fait •entendre que des sons gutturaux : elle ne se fait comprendre que par la mimique. Ce n'est guère que dans l'hystérie grave que cette complication se présente. Bourneville et Voulet en citent des •exemples.
Il n'est pas rare non plus de voir la contracture de l'œsophage •coïncider avec des troubles de la motilité (soit paralysie, soit contracture) d'autres parties du corps. Dans l'hystérie infantile, le spasme de l'œsophage tient une place importante. La gravité de l'affection ne résulte que du défaut d'alimentation.
Lorsqu'elle se prolonge un peu, on voit survenir de l'amaigrissement, mais la terminaison par la guérison n'en est pas moins la règle.