II. — Paralysie (forme vulgaire
Le début de la paralysie hystérique est brusque ou graduel. On voit par degrés insensibles la faiblesse d'un membre augmenter,
et l'amyosthénie se transformer en paralysie, ou bien l'établissement de la paralysie est rapide, parfois instantané ; d'autres fois, elle met quelques jours ou quelques heures à se développer. Elle est parfois précédée de douleurs, de fourmillements, et même de gonflement dans les parties qui vont en être le siège. Rarement elle est inaugurée par un accès avec perte de connaissance qui peut simuler plus ou moins une attaque d'apoplexie. Si alors la paralysie revêt la forme hémiplégique, ainsi qu'il en existe plusieurs observations, on comprend que l'erreur soit possible. Le véritable diagnostic sera néanmoins facilement établi si l'on a égard à la nature du symptôme, à sa marche et aussi à la coexistence de quelque autre manifestation de la grande névrose.
Une fois constituée, la paralysie hystérique présente les caractères généraux suivants :
A. — Elle est rarement complète.
Le membre atteint est incapable de remplir ses fonctions. Si c'est le membre supérieur, il retombe inerte le long du corps : si la paralysie a envahi une jambe, le malade la traîne après lui comme une masse privée de vie. Si les deux jambes sont prises, il est confiné au lit. Mais, en y regardant de près, on constate que le plus souvent le membre paralysé a conservé la faculté de mouvoir, très faiblement il est vrai, quelques-unes de ses parties.
B. — Elle 'atteint à un égal degré les muscles antagonistes.
Lorsque ces mouvements conservés ont quelque étendue, ils sont considérablement affaiblis, et l'on constate que le membre a autant de difficulté à se mouvoir dans un sens que dans l'autre ; les muscles antagonistes sont atteints à un égal degré. L'attitude que prennent les membres paralysés peut en imposer quelquefois. C'est ainsi que, lorsque la paralysie du membre supérieur est limitée à la main et à l'avant-bras, ce membre se place
SYMPTOMATOLOGIE 2/
naturellement en position intermédiaire entre la pronation et la supination lorsqu'il retombe le long du corps, le dos de la main tourné en dehors et en avant. Si la malade essaie alors de soulever son avant-bras, le poids du poignet entraîne celui-ci en pronation, et la main est tombante de telle façon qu'à première vue l'on pourrait croire à une paralysie partielle des extenseurs comme dans la paralysie saturnine. Mais il suffit alors de placer le membre dans la supination pour constater que le mouvement de pronation est également impossible, et que la flexion du poignet est tout aussi impossible que l'extension l'était tout à l'heure. C'est ce que nous avons pu constater très nettement chez une de nos malades. (Voy. obs. I.)