‹ Paraphrases musicales sur les grands concerts du dimancheChapitre 11 sur 68 · HSE NL UN RUN SARA PHRASES MUSICA DENAIN · texte numérisé non relu

HSE NL UN RUN SARA PHRASES MUSICA DENAIN

et dauphin de quel monarque ! Connaissez-vous une destinée plus effrayante que la sienne ? Je vous épargne les propos ordinaires en l’espèce, depuis la comparaison fatalement écrasante avec l’auteur de ses jours, jusqu’à l’impossibilité presque inéluctable, pour les fils de pères si gigantesques, d’égaler jamais ces derniers en grandeur. Ce ne sont là qu arguments extérieurs. La vérité, si l’on y veut réfléchir, s’offre bien plus épouvantable. Être le fils de Wagner! Mais pensez à ce que fut cet homme ; jugez-en l’énormité ; maintenant que le recul vous le permet, mesurez-le dans toute sa colossale puissance. L’approcheriez-vous seulement sans trembler ? Devenir son intime, est-ce un rôle que vous oseriez remplir ?...

Et voilà que cet être formidable, que ce génie descend du Walhall, (dans un moment d’oubli sans doute), et procrée un petit humain, chair d’une chair perpétuellement vibrante, loque physique destinée à tout rêver, à tout entreprendre, par la seule fièvre du liquide contenu dans ses veines, et condamnée pour jamais à n'être que le pâle débris d’une autre entité, que l’œuvre inférieure d'un créateur de héros.

Tâchez donc de vous figurer, une seule minute, que vous êtes le fils incarné d’un dieu, et vous suerez une sueur de sang devant le vertigineux abîme séparant les sourdes mais implacables frénésies de votre essence surnaturelle et leurs moyens de réalisation, si chétifs, si mesquins, si faibles ! Oh ! disproportion foudroyante! lamentable misère d’une agonie commencée dès le berceau!!! |

LA

ne Or, Siegfried Wagner entre en scène. Pendant les . premières secondes mon émotion s'accroît encore devant - l'extraordinaire ressemblance de ses traits avec ceux de son père. Est-ce un autre individu qui surgit en notre | présence ? Ou bien l’homme de Tristan, du Ring, et de « Parsifal réapparaît-il lui-même à nos regards, avec tout LE éclat d’une jeunesse retrouvée, d’une « revie » miraculeuse ? Revient-il dans la Ville, où jadis il éprouva le plus cruel déboire de sa carrière, pour y goûter, « roi - posthume et vivant de nos désirs », la joie des suprêmes | triomphes ?

. Le voici, la joue en fleur, son profil d’aigle adouci par la réussite certaine, les yeux empâtés d'opulence ; mais le léger toupet et les favoris courts et drus restent #4 fringants comme à l’époque, où, le pessimisme ne l’ef- - fleurant pas encore de son aile noire, il rêvait pour sa 1 patrie des glorieuses telles que venait de s’en octroyer le : peuple voisin.

Ce jeune homme semble très content de soi. Pas téné-

- breux le moins du monde, il ne présente aucunement . la mine ravagée par les soucis terribles que je lui pré- Le tout à l'heure. Répondant d’un air fort guilleret aux

-acclamations qui saluent en lui l'héritier d’un nom devenu cher à tous les artistes du globe, il se retourne

avec infiniment d’aisance vers l'orchestre. Les basques

deson habit volent gracieusement ; tous ses membres ont des gestes ronds, satisfaits, et je n’aperçois plus, F nous montrant le dos, sur cette estrade où l’on aurait - hué, voici moins de vingt ans, le génie paternel, qu'un À garçon plein de chic, à l’âme DR ouiIenE, ‘4

Re fe,

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