AND PARAPHRASES MUSICALES
Kt en avant la musique !
Ah ! certes, cette ouverture de Bærenhœuter, «homme
à la peau d'ours », ne provient pas d’une volonté
farouche ni tendue et quand le Philippe Delion d'Anatole France déclare que son chemisier est un veau, il ne témoigne pas d’une âme plus sereine que ne fait M. Wagner fils en écrivant ceci. Je n’entends point insinuer par là que cette pièce soit inférieure à beaucoup d’autres choses. Mais non ! mais non ! C’est même très bien ; pas wagnérien pour deux sous, et troussé fort adroitement : on écoute avec plaisir. Mais, hélas ! quelle incurable facilité ! et que l'intelligence, que l’individua- : lité psychique de l’auteur ont peu de part dans cette « œuvre. Rejeton d’un daimôn supérieur et d’un diable à. quatre, son organisme physiologique produit tout naturellement des sons, comme un diabétique produit du : sucre, et voilà tout. Je gagerais que son cerveau ne … compose pas de la musique, mais bien plutôt qu'il la sécrête. [l en émettra sans doute longtemps encore, . sans amélioration notable, tout progrès demeurant impossible en dehors de la grande loi d’action et de 1 réaction. Pas de résistance, pas d’efforts, pas d’évolu- « tion. C’est dommage ! Maïs rassurez-vous, bonnes gens, “ M. Siegfried n’en souffrira jamais ; ce qui dessècherait … logiquement l’existence d’un autre, semble, au contraire, lubrifier la sienne. Et tout est pour le mieux dans la maison Wagner. | … En revanche cette facilité, qui de ses molles fon-… drières barre la route au créateur, pourrait peut-être nous donner un chef-d’orchestre supérieur : l’aisance a son prix dans le métier. Mais le résultat n’est pas encore.
4 vertébrée ou la première moitié du ho non sans grâce toutefois, la direction du jeune artiste n’a pris que pendant la seconde partie un relief de bon pogure.
# . Dans le morceau de son cru, j'ai surtout remarqué sa
façon piquante de diriger le chant de tendresse. La baguette s'arrête et se repose, et la main gauche seule brasse nonchalamment la mélasse amoureuse, en flottant … délicatement en l’air : impayable spectacle !..…..
. L'accueil fut chaleureux de la part du public ; c’étaitson devoir. Et la journée qui se termine par de longs bravos | doit passer pour une réparation, tardive mais passionnée, pie mémoire du grand réformateur.
. Je regrette tout de même de n’être pas resté plus ému, L AE une aussi grave occurence. J'y mettais beaucoup du mien ; ce nest pas de ma faute si le protagoniste 4 he la fête ne m'a pas laissé croire « que ce fût arrivé ! » » Je viens seulement de constater, une fois de plus, que “Mi on entre avec une physionomie de circonstance, la voix basse et tremblante, dans une maison frappée par le malheur ou dans une assemblée solennelle, on risque parfois de n'y trouver que des visages paisibles, sinon joyeux. C’est la vie, cela ! moins tragique heureusement, dans sa réalité, que ne nous la représente souvent notre imagination.
…. SommaIRE : La Nuit de M. Saint-Saëns. — Ouverture de Claudie … de MM. Hillemacher. — M. Félix Mottl, compositeur et cher … d'orchestre. — Harold en Italie de Berlioz. — Légendes et Ë . musique françaises. — Les Nocturnes de M. Debussy.
1°" décembre 1000.
A saison musicale n’a réellement commencé, au Châtelet, que le 4 novembre, avec le Festival Saint-Saëns. Des œuvres très connues de ce maitre illustre composaient un programme offrant comme seule nouveauté /a Nuit,
pour soprano solo, chœur de femmes et orchestre.
Cette pièce, écrite à Las Palmas, au commencement
… de la présente année, sur des vers de M. Georges
… Audigier, n’ajoutera pas grand chose à la gloire de son
. auteur. Je ne crois pas que lui-même y attache beaucoup
; d'importance. Ce n’est qu’un bibelot, de matière assez … précieuse, mais sans grand intérêt de forme et de cou-
4 leur. Je m'en voudrais de l’analyser longuement. Il ne
* faudrait pas y chercher d’ailleurs une émouvante évo-
cation du silence et de l'obscurité. Il ne rappelle aucu-
nement le divin nocturne de Tristan, ni l’adorable E murmure du duo des Troyens, ni même les ombres : propices où Gounod aimait à faire roucouler ses amou- EUX. |
Bien que le livret, — peu subtil avec ses rimes insolemment riches et banales, « pierreries » et « rêveries »,
« radieuses » et « mélodieuses », — commence par nous dire : «c’est un mystère que la nuit, » l'évocation de ce mystère ne paraît pas avoir été précisément le souci du compositeur. Il fait même gros clair de lune dans ces harinonies pleines de trouvailles privues : soupirs diatoniques des cordes, crescendo couronné par le déclanchement des harpes, filet de violon solo, etc.., et le . rossignol, sous les espèces d’une flûte, y lance des ren- \ vérsements d'accord parfait majeur plutôt indiscrets « parmi les chants que Mme Lovano nous a présentés avec sa jolie voix fort habilement conduite. |
Supérieurement dirigée par M. Colonne, la Jeunesse d'Hercule, qui terminait le concert, remporta son sucvès L coutumier, et je me plais à saluer au passage ce poème . symphonique si fort, si noble, si vibrant, qui restera certainement l'une des belles pages de la musique fran- « çaise. |
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A sa deuxième séance, l’Association des concerts - Lamoureux jouait pour la dernière fois le troisième acte du Crépuscule des Dieux. Parler d’une œuvre désor-… mais si connue sortirait de mon: programme. 4
J'avoue, par exemple, ne goûter qu’à demi la traduction d’Ernst, et je ne vois pas ce qu’on gagne en la subs- « tituant à celle de Wilder, pas fameuse pourtant. Je par- ”
ai aa aie l’autre jour, et voici que je me heurte déjà contre lui. Dans les salons où lon chante il est Be désormais que le « petit nègre » est le dernier mot … du chic en matière de traductions musicales. Je ne k | partage pas cet avis, et dès ici je tiens à protester contre la soi-disant perfection d’un travail où je rencontre, (ei je cite au hasard !) des phrases dans ce genre : si je vous donnais cet anneau « ma femme serait fâchée », 4 Di: inversions absolument contraires au génie de notre . langue. telles que : « toutes, toutes choses je sais », et où Siegfried expire sur cette abominable faute de prosodie, qui mérite bien la mort : « Viens jusqu’à... moi! » Quant aux instrumentistes, on ne saurait imaginer
une puissance, une souplesse orchestrale, un fini plus
À ; merveilleux,
C’est avec une égale perfection que leur brillante | phalange nous a fait entendre, le même jour, l’'Ouverture ….de Claudie de MM. Paulet Lucien Hillemacher. Le colo-