‹ Paraphrases musicales sur les grands concerts du dimancheChapitre 15 sur 68 · D MUSICALES · texte numérisé non relu

D MUSICALES

ROLLER Al

Mr ue agonise parmi les D de quelques cordes pincées.

… Tout cela d’une variété de nuances inexprimable, | d'une poésie pénétrante ; musique le plus minutieuse-

4 ment blutée qui se puisse concevoir.

‘4 Et pourtant je crois que je préfère, s’il se peut, les | Fêtes! Oh ! cette gaîté dansante de l’atmosphère, où h Jumière joue ses mouvantes féeries à travers les . falbalas des cirrus qui virevoltent et s’effilochent ! Et ne subtile naïveté de rendre par des rythmes de bal

» ces rondes irréelles ! mais rythmes nombreux et volones vieillots, aux syncopes savantes, à la tour- nure délicate de gavottes et de rigaudons, animation communicative toute pleine d’éclats de rire, d'’amusettes É exquises, brusques paraphes de bassons ou pétillante … gamme de harpes épanouie sur un coup de cymbales. … C’est, dans tout ce qu'il y a de finement attendri, de spiri- tuel et d’élégant, le goût français du dernier siècle ; c’est - le claquement d’étoffes des Embarquement pour Cythère, : et la grâce des Nymphe endormie; verlainisme à la Fragon nard, encore accentué quand passe, au milieu du décor, la chimérique vision d’un cortège aux robes surannées, - grâce à la fanfarante et discrète gaminerie de trois trom- - pettes brèves.

- Je ne sais si l'audition de ces petites pièces de M. De- . -bussy m'avait mal disposé pour écouter la Symphonie Û D : Faust, ou si les compositions de Liszt me sont antipathiques irrémédiablement.

. Comme toujours au Nouveau-Théâtre l'interprétation enfut incomparable. Lorsque, aux applaudissements fré-

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des marques réciproques d’estime et de sympathie artistique, ils répondent au désir de tous les spectateurs.

Mais je conçois difficilement l’engouement sans restriction montré pour l’ouvrage lui-même, par la critique

et par la plupart des compositeurs. Je ne nie pas qu'au point de vue technique il ne présente des trouvailles fort intéressantes, — Wagner me paraît cependant bien loin de lui devoir autant qu'on l'insinue, — et, si ce Faust rénferme infiniment de musique, j'aimerais mieux qu'il en contint beaucoup moins, de plus choisie et de plus élaborée. Dieu! que c’est long, quel tissu lâche et flottant, quelle inspiration mal disciplinée, quel défaut de sens critique, quelle facilité regrettable ! Un ruisseau qui roule du métal précieux vaut évidemment, pour un orfèvre, beaucoup plus que cent joyaux artistiquement ciselés; mais pour l'acheteur, en quête de

bijoux réalisés, une seule bague a plus de prix qu'un « fleuve aux pépites toutes boueuses. Je ne suis qu’un acheteur, et sile public semble me donner tort par son

enthousiasme, je m'entête à penser qu’il s’exalte surtout

Lamoureux, sont de merveilleux laveurs d’or.

Je fais, du reste, une énorme différence entre les deux premiers tableaux de la Symphonie et Le troisième. Le

docteur Faust m'ennuie franchement quand il divague, et quand l’auteur s’exalte, en écarquillant ses grandes jambes pour nous en imposer, je me sens pris de fou rire. Gretchen manifeste ses aspirations et sa tendresse avec une grâce indéniable, mais elle est un peu rêveuse, | la pauvre fille ! et je ne suis pas, je l’avoue, assez senti-

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