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- de sa fiole musicale, je devine quelles précieuses essen-
- ces vont couler sur l'ivoire. Aussi bien qu'un autreil
À pourrait, j'en suis sûr, distiller le iys, l’héliotrope ou la | marjolaine, mais fi! de parfums si banaux ! A nous - fes odeurs hallucinantes ou morbides, les mélodies aux
- pointes d'asperges, les unissons doux et rares des cuivres et du piano, vaselinés d’archets et pimentés de cym-
. bales ! A nous le broiement des relents capiteux capables
| de tourner la tête aux forts, et le filtrage des troublantes
. senteurs dont pâment les délicats ! à nous les sonorités
4 Ms ception spécieusement dosées, qui chatouillent les
. méninges et respectent les belles manières.
« Et avec cela, Madame? »
C'est tout pour aujourd’hui!
1èr février 1001.
Trois auditions de L'Or du Rhin viennent de se suc-
… céder, au Nouveau-Théâtre, pendant le mois de janvier.
Au chef-d œuvre wagnérien l'Association des Concerts
Lamoureux a donné l'interprétation la plus parfaite qui se puisse concevoir. Je ne distribuerai pas de prix ni diaccessits aux excellents chanteurs qui lui apportèrent
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le concours de leurs voix et de leurs talents divers. D'abord la supériorité de tel ou tel d’entre eux ne dépend sans doute que d’appréciations individuelles, et puis dans une circonstance où tous ont si visiblement associé leurs efforts en vue d’une tâche commune, il serait souverainement injuste de partager des éloges qu’ils méritent également et sans restriction.
De son côté, l'orchestre, sous la direction si soigneuse, si intuitive, si énergique de M. Chevillard, s'est montré tout simplement incomparable de minutieuse perfection, de souplesse et d’élan. Si le public a pris tant de plaisir à suivre un long ouvrage sans aucune mise en scène, — en principe je suis d’ailleurs peu partisan de pareilles tentatives, — c’est parce que ces admirables musiciens ont su, par l’expression de leur jeu, évoquer avec une intensité rare ce que les yeux ne pouvaient point contempler, et mettre au milieu du poème philosophique, comme autant de hors-d’œuvre pittoresques et délassants, les ondulations des eaux, les poursuites d’Albérich, le scintillement de l'or, l’arrivée de Fafner et de Fasolt et leur départ, la descente au Nibelheim, les métamorphoses du nain, — oh! le reptile horrifique ! — le retour vers les hauteurs et les incantations de Donner et de Froh. dont l’ampleur et la simplicité musicale tracent, comme une fresque géante, la radieuse avenue qui conduit au - Walhall.
Quant au concert Colonne du 13 janvier, à part une très belle exécution de l'Ouverture du Roi d’'Ys, je n'en retiendrai que l'audition de M. Willy Burmester, le violoniste hambourgeois. Cet artiste a recueilli, dans un Concerto de Bach et surtout dans un Arza quasi divin du